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La rue d'Embas

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La rue d'Embas

Les hôtels particuliers et l'incroyable destin de Pierre Malherbe

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Nous sommes au numéro 30 de la rue d'Embas...
En bas, ça s'écrit E N B A S ou E M B A S  en un seul mot?... Eh bien, les deux car nous sommes situés dans le bas de la ville. Mais le mot EMBAS -avec un M- est aussi la dénomination des boutiques comme celle qui se trouvait au rez-de-chaussée de L'Hôtel de la Porte d'Embas, situé face à nous !
Plus haut dans la rue, vous avez remarqué sur votre droite, la maison haute ? Elle est dotée d'une façade en pan de bois verte et jaune. Vous la voyez ?... Cette riche demeure du 16e siècle a quelque chose à voir avec l'expression " pignon sur rue ". Stéphane Gautier,  Animateur de l'architecture et du patrimoine, nous révèle pourquoi...
Les maisons de la rue d'Embas sont construites sur des parcelles laniérées, c'est-à-dire des parcelles qui s'étendent en longueur. Et étant donné la faiblesse du terrain sur rue, on doit reporter le pignon non sur le côté, mais sur la façade, c'est-à-dire sur la rue. D'où l'expression (...) " avoir pignon sur rue " pour ces marchands aisés.
Revenons à présent à la façade de l'Hôtel de la Porte d'Embas qui est face à nous...
Un peu plus tard dans le temps, les maisons à pignon sur rue vont être supplantées par des maisons à mur gouttereau sur rue. C'est-à-dire que les gouttières ne sont plus placées sur les côtés de la maison, mais sont installées en façade, d'où l'avancée des toits de ces maisons sur la rue. À l'époque, les personnes les plus aisées marchent dans la partie haute de la rue et sont protégées par cette avancée des toits. D'où l'expression " tenir le haut du pavé ".
Ces belles demeures appartenaient autrefois aux Marchands d'Outre-Mer. Leur fortune provenait du commerce des toiles de chanvre qui commence dès le 13e siècle à Vitré, et connaît son apogée entre le 15e et le 17e siècle. Parmi ces marchands, un personnage au destin hors pair : Pierre Malherbe. Remontons le temps avec lui...
[Pierre Malherbe ]:: Chers amis, c'est par la Porte d'Embas située à votre gauche que le grand large a raison de moi, en 1581. Mon esprit aventurier et mon goût pour les langues sont remarqués par les Marchands d'Outre-Mer. Dès l'âge de 12 ans, ils m'envoient en Espagne, auprès de mon oncle. J'apprends le métier de marchand et je deviens également ingénieur spécialiste des mines. Me voilà parti à la conquête du monde ! Je suis le premier Français à pénétrer dans Potosi, la célèbre montagne d'argent des Incas ! Puis, je découvre la Chine et les Chinois tout en devenant l'ami du grand Moghol et du Shah de Perse. Quand enfin je rentre en France, j'ai 39 ans et j'offre à la reine Marie de Médicis une splendide parure de perles qu'elle porte le jour de son sacre. Hélas, Sully, le ministre de Henri 4, me jalouse. Je file alors en Espagne où le roi Philippe 3 me donne un vaisseau. Mon embarcation me conduit vers les Indes où, plus que jamais avide d'aventures, je découvre de nouvelles terres !
Pierre Malherbe est le premier voyageur à avoir effectué le tour du monde par voie terrestre !
Merci de continuer votre visite. A bientôt
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