Le quartier des Gratte-ciel de Villeurbanne, une utopie réalisée >

Les appartements

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Les appartements

Cette ville moderne qui surgit d'un seul bloc du sol, baignée de lumière et d'hygiène, frappe l'imagination

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Les appartements
Nous voici au pied du beffroi de l'hôtel de ville. Devant nous : l'avenue Henri Barbusse.
Reconstitution
" Cette ville moderne qui surgit d'un seul bloc du sol, baignée de lumière et d'hygiène, frappe l'imagination, elle restera comme un témoignage permanent et grandiose de ce que peut une administration municipale qui s'attache avec une audace raisonnée à pourvoir au meilleur destin de la cité. "
C'est ce qu'écrit la presse, à propos des Gratte-ciels en 1934, lors de leur inauguration.
Si pour nous, ces grands bâtiments font partie du paysage, dans les années 30, construire des immeubles aussi hauts, c'est vraiment une nouveauté.
Et oui ! 1450 logements sont créés, allant du 2 au 7 pièces. Et plus qu'une nouveauté, c'est une REVOLUTION, en termes d'hygiène et de confort. Parce qu'il y a l'eau et le gaz à tous les étages, des ascenseurs, des vide-ordures...
En plus, dans chaque appartement, on a désormais de l'électricité, une salle de bains, l'eau chaude, le chauffage central et même une cuisinière électrique pour éviter les fumées !!!
Et pourtant les Gratte-ciels ne séduisent pas les foules... Les ouvriers à qui étaient destinés ces logements, boudent ces immeubles massifs ...
Du coup, c'est principalement une population immigrée qui s'y installe : des Italiens, des Allemands et des Juifs qui fuient l'Allemagne nazie...
Ecoutons le témoignage de cette habitante. Elle a été l'une des premières à emménager ici, en 1939 !
" Je suis venue en 39...je devais travailler au lycée Edouard Herriot je cherchais un appartement et là-bas les appartements étaient épouvantables, puis je suis venue là, je savais qu'en 34 ils avaient commencé à construire et j'ai trouvé que c'était superbe, mais il faut dire que ça ne faisait pas l'unanimité à l'époque, personne ne voulait venir, on appelait ça les cages à lapins, les gens avaient peur, surtout des ascenseurs, je sais pas pourquoi mais enfin là on m'a présenté un plateau de clés et c'était presque tout vide, bon ben y'avait de quoi choisir, évidemment à cette époque y'avait absolument aucun commerce, c'était tout en brique là autour, non mais alors là j'vais quand même dire tout de suite, que les gens qui m'avaient dit ne prenez pas ces cages à lapins, c'est affreux, sont venus me voir et ont trouvé que c'était superbe en plus on étaient chauffés nous parce qu'il y avait la centrale thermique alors tout le monde a regretté de pas avoir suivi mon exemple"
Les commerçants, non plus, ne sont pas enthousiastes.... Tous les rez-de-chaussée leur ont été réservés... mais les vitrines restent vides, murées...C'est difficile à croire, quand on voit l'avenue aujourd'hui.
Ils ne sont donc qu'une poignée à faire le pari de venir ouvrir une boutique ici... certains d'entre eux sont toujours là : la pâtisserie Bettant et la Librairie Fantasio, par exemple.

L'audace des Gratte-ciels dans les années 30, est aussi dans sa gestion. Elle est confiée à la Société Villeurbannaise d'Urbanisme, une société d'économie mixte, qui existe toujours.
Conçue pour investir dans la construction des bâtiments et pour ensuite gérer l'ensemble du parc de logements sociaux, l'idée, était de ne pas faire trop peser ces dépenses sur le budget de la mairie.
ça n'empêchera pas les querelles politiques.... La municipalité doit assumer les conséquences financières de ce projet utopique. A tel point que Lazare Goujon, le maire décisionnaire, ne sera pas réélu en 1935.
Pour écouter notre prochain commentaire, remontez l'Avenue Henri Barbusse. Nous vous attendons devant le numéro 15.
Merci de continuer votre visite. A bientôt
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