Le quartier des Gratte-ciel de Villeurbanne, une utopie réalisée >

L'Avenue Henri Barbusse

Version mobile
English

L'Avenue Henri Barbusse

La spécificité de ce quartier des Gratte-ciels, c'est le système de redans...

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
L'Avenue Henri Barbusse
Nous sommes 15 avenue Henri Barbusse. Dans ce bâtiment, il est possible de visiter un appartement témoin, reconstitué dans le décor des années 30.
Mais observons déjà les immeubles de l'autre côté de la rue.
Ils semblent tous construits sur le même modèle :
Un socle à deux niveaux, puis à partir du 8e étage, des retraits successifs, des gradins qui peuvent aller jusqu'au 11e étage.
En fait ce sont des terrasses aménagées.
Alors, maintenant regardez l'ensemble.
Au premier coup d'oeil on a l'impression que chaque immeuble est la réplique exacte de son voisin....
Décalez-vous un peu....
Vous voyez maintenant avec la perspective ? C'est un effet d'optique.
C'est vrai ! Les gradins commencent tous à la même hauteur mais les bâtiments n'ont pas forcément le même nombre d'étages... certains s'arrêtent au 9e, d'autres au 11e étage.
Mais la spécificité de ce quartier des Gratte-ciels, c'est le système de redans... Ce sont ces décrochements intérieurs entre les immeubles.
Une innovation là aussi, pour en finir avec les cours fermées, tout en apportant de la lumière.
Ils avaient même une autre fonction. Salvatore Rinaldi nous en dit plus. C'est le directeur technique de la Société Villeurbannaise d'Urbanisme:
"vous avez vu qu'il y a un système de redans...avec des groupes qui s'avancent sur la rue, des cours intérieures et entre ces deux redans on a une barre qui fait une communication entre les deux donc en partie supérieure on avait des terrasses qui étaient à l'air libre et qui étaient destinées à la base à créer des espaces collectifs et on me racontait que les chaudes soirées d'été on venait se retrouver là-haut sur ces terrasses, on venait discuter, enfin, c'était un lieu d'échange. On le retrouve dans les circulations également, toutes les circulations qui ont une proportion très importante par rapport aux parties privatives sont là aussi pour favoriser les échanges, que ce soit en vertical ou en horizontal "
Mêler le public et le privé... une préoccupation commune à tous les architectes du Mouvement moderne. On peut le voir sur chacun des sites du réseau des Utopies réalisées.
Disons que le principe derrière cette pensée moderne, c'est de considérer que chaque appartement est une unité de vie, qui, multipliée, compose l'ensemble.
Le Corbusier le dit bien d'ailleurs :
" L'ensemble ne vit que par la cellule, La cellule prend son efficacité du fait qu'elle est admissible dans l'ensemble ".
Pourtant, entre la pensée et la réalité, il y a parfois un fossé...
Et les habitants ne sont pas toujours en phase avec les ambitions de l'architecte...
" Donc on avait des terrasses par exemple qui sont sur l'avant de certains logements qui étaient à l'origine partagées entre deux appartements, sans séparation nette, et bien là il faut qu'on puisse marquer la séparation entre les deux terrasses tout ce qui est espace collectif on a du mal à le faire fonctionner maintenant. On veut pas non plus dénaturer complètement le projet parce que ça faisait quand même partie de la conception des Gratte-ciel et quelque part il y a eu aussi une mémoire historique par rapport à ce qui est à l'origine de la conception de ces espaces ".
Le quartier des Gratte-ciels a obtenu le label " Patrimoine du XXe siècle ", comme les autres sites du réseau des Utopies Réalisées.
Pour écouter notre prochain commentaire, allez jusqu'au bout de l'avenue Henri Barbusse. Nous vous attendons sur l'ilot central, aux pieds de la statue du Répit, entre les deux gratte-ciels.
Merci de continuer votre visite. A bientôt
Retour haut de page