Le quartier des Gratte-ciel de Villeurbanne, une utopie réalisée >

Hauteur et densité

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Hauteur et densité

60 mètres de haut, 19 étages, dans les années 30, c'est très inhabituel...

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Hauteur et densité
Nous sommes au pied de la statue du " Répit ". De son vrai nom " le répit de l'agriculteur ".
Nous sommes surtout à l'extrémité de l'avenue Henri Barbusse, devant les deux Gratte-ciels qui ont donné leur nom au quartier.
Si vous avez l'occasion de venir ici de nuit, les deux bâtiments sont illuminés, c'est magnifique !!!
60 mètres de haut, 19 étages, dans les années 30, c'est très inhabituel...
Et c'est pareil pour les autres immeubles de l'avenue. Le plus haut comprend 11 étages, c'est quand même plus du double de ce qu'on construisait jusque-là. il faut donc bien se rendre compte que c'est un tout nouveau paysage urbain qui surgit à Villeurbanne...
On doit loger plus de monde au même endroit. On densifie donc l'espace. Ici : en hauteur. Ecoutons Alain Lagier, il est lui-même architecte à Lyon.
" Tout ça s'inscrit dans une évolution vers une beaucoup plus grande densité de l'habitat et les Gratte-ciels c'est effectivement l'opération la plus dense. Si on prend les grandes opérations de logements sociaux de l'époque en France, il y a par exemple Chatenay-Malabry dans la région parisienne, la Butte rouge qui est une cité HBM très connue pour sa qualité architecturale, ce sont des petits logements, un peu après il y en a une autre qui a un grand intérêt architectural c'est la cité de la muette à Drancy, mais là on a déjà des grands immeubles, puisqu'on a des immeubles de +15, une quinzaine d'étages, quelques grandes tours, on a donc dans cette période-là une évolution du logement social lui-même, (...) qui font que les Gratte ciel s'inscrivent complètement en somme dans cette évolution et même vont un petit au-delà, puisqu'on a des immeubles d'une hauteur, qui était inhabituelle à l'époque. "
Effectivement, Môrice Leroux va plus loin, ou disons plus haut que Tony Garnier, qui construit le quartier des Etats-Unis à Lyon à la même époque. Au final, le nombre de logements sociaux est quasi identique dans les deux projets, mais ici aux Gratte-ciels on a une occupation totale du foncier disponible et de grandes hauteurs.
Par contre, les deux architectes du Mouvement moderne sont d'accord sur le choix des matériaux... il faut industrialiser la construction, rationaliser les coûts et l'organisation du chantier, comme sur une chaine de montage à l'usine.
Ces immeubles ne sont pas en béton : ils sont montés grâce à une ossature en métal remplie de briques creuses.
Donc Môrice Leroux veut rompre totalement avec l'architecture classique ?
Ce n'est pas tout-à-fait vrai. D'abord, regardez le dessin de l'avenue : on a une composition symétrique des bâtiments, le long d'un axe majestueux qui mène à l'hôtel de ville. Une conception très
classique.
J'ai remarqué aussi des vitraux colorés dans les cages d'escaliers par exemple....de la ferronnerie sur les portes ou les balcons...
Une référence à l'art déco...
Ici l'utopie passe plus par le projet politique. La volonté de construire un quartier moderne pour une population ouvrière. Et des décennies plus tard, on a un ensemble de logements sociaux qui est devenu l'épicentre de Villeurbanne. C'est assez rare.
On peut dire que le pari est réussi, non ? En tous cas n'hésitez pas à vous faire votre propre avis. Pour approfondir le sujet, vous pouvez participer aux visites guidées organisées par le Rize.
Merci de continuer votre visite. A bientôt
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