Le sentier de la Salamandre à Vierzon >

La mare

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La mare

Plongée dans la vie aquatique de la forêt

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Voici le trésor de ce sentier, le clou du spectacle, qui, c'est certain, vous laissera tout sauf indifférent.
Vous venez de déambuler sur l'eau...15 mètres de ponton au-dessus de la surface pour vous permettre d'avoir un panorama sensoriel à 360 degrés.
Vous êtes SUR la grande mare du sentier. Tantôt nappée de jaune, de vert ou de orange, entourées de roseaux et de bouleaux, c'est un creuset de couleurs et de biodiversité.
Croassement de la grenouille
Ici les batraciens sont les rois : grenouilles et crapauds côtoient tritons, libellules, insectes et arachnides.
Vous croiserez peut-être aussi certains oiseaux comme le héron cendré et apercevrez même des sangliers venus là s'abreuver.
Les poissons, eux ne sont pas les bienvenus. Ils mettraient en péril la biodiversité et seraient eux même en danger l'été venu. Car contrairement à un étang ou à un lac, une mare n'est pas alimentée par un ruisseau ou une source extérieure. Elle peut donc s'assécher naturellement par évaporation.
Elle est aussi sensiblement plus petite : 5000m² maximum pour une mare soit un ½ terrain de football. Jean-Charles Millouet forestier de l'ONF, nous en dit plus :
La plupart des mares sont d'origine artificielle, c'étaient d'anciens lieux pour abreuver le bétail, d'anciens points d'eau pour la défense de la forêt contre les incendies, sinon les mares peuvent être créées par des eaux de pluie, ruissellements d'eaux de pluie ou par remontée de nappe phréatique.
La mare est surtout remarquable pour ses plantes aquatiques. Jean-Charles Millouet :
Sur le bord on a des mousses qui forment des coussins verts gorgés d'eau que l'on appelle des sphaignes, vous avez l'hottonie des marais qui est présente ici. Comme plante emblématique on peut citer une petite plante carnivore qui se nomme l'utriculaire, qui pour obtenir les éléments nutritifs qui lui manquent, est capable de capturer, tuer, et digérer des proies, principalement des petits invertébrés aquatiques.
Le nom Utriculaire vient du mot outre, faisant référence à la forme du sac en peau servant de récipient. Il s'agit d'une plante aquatique composée de petites tiges sur lesquelles poussent des feuilles en forme d'outre. Les feuilles sont munies d'un clapet qu'elles referment sur leurs victimes.
Aux côtés de l'utriculaire jaune, le flûteau nageant, la renoncule aquatique, ou les potamots. Chacune a son utilité dans la mare.
Les plantes sont des zones refuge contre les prédateurs, les plantes servent de supports à de nombreuses algues, bactéries, les plantes sont aussi mangées par un certain nombre d'animaux, la larve de libellule par exemple lors de son émergence elle sort de l'eau en grimpant sur un végétal donc ça permet à la larve qui a une vie aquatique de passer à une vie aérienne par cet intermédiaire-là.
La Salamandre choisit elle-aussi ces eaux une fois par an pour y déposer ses larves. Mais, contrairement aux autres batraciens de la région, elle s'accouple sur terre. Eh oui ! Aussi étrange que cela puisse paraître : la salamandre ne sait pas nager !
Raison de plus pour ne pas relâcher ici de plantes ou d'animaux exotiques qui viendraient perturber ce joli trésor de la nature en forêt de Vierzon.
Arrivés au terme du sentier, prenez le temps de profiter de cet espace avant de faire demi-tour et de rejoindre le parking de la forêt domaniale par le même chemin.
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