Vézère-Auvézère : au détour des villages >

Ayen

Version mobile
English

Ayen

Cette terre de Corrèze vit dans une large mesure au rythme des travaux agricoles.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Si nous vous avons emmenés jusqu'ici, en haut de la butte d' Ayen , le point culminant de la commune, c'est pour vous parler de la terre. Admirez ces paysages à perte de vue. Jetez un oeil à la table d'orientation.
D'ici, lorsque le ciel est dégagé, on aperçoit jusqu'à six départements.
Cette terre de Corrèze, vous l'aurez compris, vit dans une large mesure au rythme des travaux agricoles.
Prenez Ayen , ce village que l'on imagine dans notre dos, en contrebas, avec ses maisons blanches, construites en pierre calcaire... Eh bien, il se trouve en plein sur la route de la noix.
Pour sûr ! Ce fruit a même sa fête, chaque année, le deuxième dimanche d'octobre, au village. Une occasion rêvée de déguster le fameux gâteau à la noix d' Ayen ! Une belle récompense, aussi, pour les producteurs, qui se donnent tant de mal.
Aujourd'hui, la récolte se fait mécaniquement. Une machine " pince " le noyer et le secoue pour faire tomber les fruits. Ensuite, une autre les ramasse, tandis qu'une troisième les trie. Ceci dit, au début des années 90, le ramassage était encore synonyme de mal de dos.
Sourire aux lèvres, Michel Dufour, l'un des producteurs, se souvient :
" Traditionnellement, c'était du folklore. Il y avait des fois jusqu'à dix, et même des fois plus de personnes sous les noyers. Et un gaulait. L'autre ramassait les paniers. Et les autres personnes se mettaient en rangées et menaient ça tambour battant. "
Eh, n'allez pas croire que le tambour soit l'instrument favori, en Corrèze ! Ici, le roi, c'est l'accordéon.
Oui, l'accordéon, et l'une de ses vedettes, Jean Ségurel , un habitant des Monédières , là-bas, au loin, légèrement sur la gauche. A sa mort, en 1978, Jean Ségurel avait vendu plus d'un million de disques.
Pendant une trentaine d'années, Roland Manoury a été son parolier, son photographe, son biographe et surtout son confident. Il nous raconte les débuts de Jean Ségurel :
" Quand il était très jeune, il jouait du violon avec son père dans les foires. Après, la société Maugein qui fabrique des accordéons à Tulles venait de se constituer et Jean Ségurel a été l'un des premiers à acheter un accordéon Maugein . Il a commencé à faire des bals, à jouer les jours de foires, pour les mariages, les noces. Et c'est lui qui a pratiquement commencé à recueillir des airs du pays, quoi. En principe, c'était l'Auvergne, le Limousin, l'amour un petit peu dans les bruyères... Enfin, bon, c'était un peu toujours le même thème. Ca vantait un peu le retour à la terre, aussi, disons les gens du pays. "
Mais s'il chante sa terre natale, Jean Ségurel ne manque pas d'?exporter? ses mélodies, notamment en direction de Paris.
A l'époque, dans la deuxième moitié du 20ème siècle, quelque 300 000 Corréziens sont venus y chercher de meilleures opportunités professionnelles. L'artiste les fait danser, au célèbre bal des Corréziens, qui se tient chaque année à la salle de la Mutualité. En leur honneur, il enregistre même une chanson, les Corréziens de Paris, écrite par Roland Manoury :
" Il m'avait dit, il faudrait faire une chanson sur les Corréziens de Paris, puisque vous, vous êtes un Corrézien de Paris, alors que lui était resté un Corrézien de Corrèze. Voilà. Et c'est comme ça que la chanson est parti "
Y'a pas à dire, quand on voit ces paysages, on comprend bien leur nostalgie !
Retour haut de page