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L'église Saint-Patern

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L'église Saint-Patern

La nuit, l'esprit de Saint-Patern, l'un des 7 saints fondateurs de la Bretagne, s'échappe de son église et flotte sur le quartier. Chut ! Ecoutons-le...

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Nous sommes devant l'église Saint-Patern sur le trottoir de la rue de la Fontaine...
La nuit, l'esprit de Saint-Patern, l'un des 7 saints fondateurs de la Bretagne, s'échappe de son église et flotte sur le quartier. Chut ! Ecoutons-le :
Saint-Patern : Chers amis, savez-vous que c'est ici, sur cette colline, que commence l'histoire de Vannes ? En 56 avant Jésus-Christ, les gaulois Vénètes sont battus, lors d'une bataille navale, par les Romains qui fondent ici le site de Darioritum. Puis, au 5e siècle, Vannes prend le nom de Venetis, et c'est à cette époque que je deviens le premier évêque de la cité. Après ma mort, on construit sur mon tombeau une église à mon nom. Au Moyen Age, les pèlerins affluent car l'édifice est une étape du Tro Breiz, le pèlerinage consacré aux saints fondateurs des évêchés bretons. Les croyants m'attribuent des miracles. Ils ne disent pas qu'ils vont à Vannes, mais à Saint-Patern ! Et puis, à partir du 15e siècle, c'est Saint Vincent Ferrier que vous retrouverez dans la visite, qui devient l'objet du culte des pèlerins à la cathédrale.
Une Vannetaise affolée : Le clocher de Saint-Patern s'est effondré. Il a emporté avec lui notre belle église !
Après sa destruction en 1726, c'est l'architecte vannetais Olivier Delourme qui la rebâtit dans le style classique du 18e.
Au 19e siècle, le tableau d''Eugène Delacroix Le Christ sur la croix est érigé dans le choeur, mais la poitrine abondante de Marie-Madeleine trouble l'esprit des fidèles. Le curé tend un pinceau à son sacristain et lui ordonne de remédier au problème. Le résultat est si peu inspiré que le tableau est remisé... dans le clocher !
Aujourd'hui, le musée des Beaux-Arts de Vannes montre cette oeuvre, mais avant d'aller l'admirer, poussez la porte de l'église Saint-Patern. Ses retables des 17e et 18e siècles contrastent magnifiquement avec son austérité.
Oui, mais Saint-Patern ce n'est pas qu'une église, c'est aussi un quartier !
En effet, dès le Moyen Age, il abrite les populations modestes et miséreuses, mais c'est aussi le point de passage obligé pour entrer dans la ville, à l'intérieur des remparts. On y accède par la Porte Saint-Patern, devenue la Porte Prison au 17e siècle.
Les auberges et les hôtels profitent de l'affluence. L'abondance de l'eau voit fleurir des moulins à blé, des lavoirs et aussi l'installation des tanneurs. La trace de cet artisanat se lit encore aujourd'hui dans le nom de la rue de la Tannerie.
Un Vannetais : Eh regarde, une fille de Saint-Patern. On la reconnaît. Elle porte la coiffe du quartier !
Une fille de Saint-Patern au ton gouailleur : Ca te dérange ? Qu'est-ce que vous venez faire ici, d'abord ! On sait bien que les bourgeois vannetais, ils aiment pas se mélanger à nous. Ça les salirait !
Au 19e et 20e siècles, ce faubourg à la réputation sulfureuse, abrite 3 maisons closes. Il est aussi le berceau des révoltes, de la contestation sociale et politique. Ce lieu populaire que les anciens continuent d'appeler la butte, accueille aujourd'hui de nombreux restaurants et cafés, notamment dans la rue de la Fontaine. Un vrai petit Pigalle à Vannes !
Merci de continuer votre visite. A bientôt.
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