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Vallée des Rois

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Vallée des Rois

La Vallée des Rois, la montagne de la nécropole

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Et aussi dans le monde

 

Ce sont de petites maisons de brique de terre, aujourd'hui, en ruines. Dans un vallon rocailleux, à l'écart des tombeaux des pharaons, ce village oublié sous le sable, pendant des millénaires, abritait les artisans qui creusaient et décoraient les tombes royales. On appelait cet endroit quasi-désertique " la place de la vérité ". De nos jours, il porte le nom arabe de Deir El-Médineh.
Jusqu'à 100 familles y vivaient avec une seule règle à respecter : interdiction d'en sortir. Roland Pécout est spécialiste des civilisations anciennes.
Le secret du village des artisans, c'était de ne pas dévoiler l'emplacement des tombes, ni leur plan. C'était des artisans d'élite, ils étaient payés en produits. Ils étaient logés, ils étaient entretenus dans leur vie quotidienne. Ils recevaient des dotations pour leurs tombes. Mais en échange de cela, ils devaient rester confinés dans le village au pied de la vallée des rois. Ils savaient qu'ils seraient confinés là. Ils faisaient des voeux comme les moines peuvent le faire. A Deir el Medineh, on trouvait des architectes, des maçons, des dessinateurs, des peintres, des charpentiers et des orfèvres. La découverte, au siècle dernier, de papyrus et de tessons de calcaire a permis de comprendre très précisément comment était organisée cette petite communauté. Racha el Nockrachy est guide conférencière. Ils avaient des horaires de travail. Ils avaient 2 jours de congés comme week-end à la fin de la semaine. Avec le lever du soleil, ils partaient pour le travail. En fait, il y avait une équipe qui partaient pour la vallée des rois, une autre pour la vallée des reines. Ils travaillaient 4 heures, une heure de repos, puis 4 heures de travail. S'ils creusaient une tombe pour le roi, ils travaillaient pendant la journée. Mais à la mort du roi, ils travaillaient jour et nuit. S'occuper de la tombe du pharaon, sa dernière demeure avant la vie dans l'au-delà, c'était parfois pénible : la poussière de calcaire abîmait les yeux et les poumons, mais c'était, avant tout, une tâche prestigieuse, si prestigieuse que les artisans pouvaient se permettre des actes, révolutionnaires pour l'époque, en déclenchant par exemple, un conflit social. La 1ère grève au monde, c'était à l'époque de Ramsès 3, aux alentours du 12ème siècle avant JC. Il y avait le responsable qui ne leur donnait pas leur salaire. Il gardait une partie pour lui. Ils ont arrêté de travailler dans la tombe du roi. Nous en sommes arrivés là de faim et de soif. Nous n'avons pas d'huile. Nous n'avons pas de poisson. Nous n'avons pas de légumes verts. Envoyez-le dire à Pharaon, notre seigneur parfait. Et là, le roi, il est venu. Il a mis en sanction le chef qui ne leur donnait pas leur salaire. Ils ont pu continuer à travailler. A Deir el Médineh, la charge d'ouvrier était transmise de père en fils. On naissait et on mourrait dans ce village. Ces artistes d'exception avaient aménagé leur propre nécropole et 3 magnifiques tombes sont aujourd'hui ouvertes à la visite.
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