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Saint-Angel

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Saint-Angel

Quelle façade ! Trois niveaux. Et quasiment pas d'ouvertures !

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Nous sommes à Saint-Angel , face au porche de l'église.
Saint Angel doit son nom à son église, appelée Saint-Michel des ang1es.
Ce lieu de culte existe depuis le 12 ème siècle, même si son aspect actuel doit beaucoup aux remaniements intervenus aux 15 ème et 16 ème siècles.
Comme vous vous en êtes rendu compte en venant jusqu'ici, l'édifice se situe, stratégiquement, au sommet d'une butte rocheuse.
Il est solidement fortifié .
Derrière cette architecture aux accents militaires, différents styles cohabitent :
Si vous entrez dans l'église, vous remarquerez que la nef, d'influence gothique , repose sur des pans romans .
Au Moyen Age, cette église fait partie d'un ensemble qui regroupe un château et un monastère de Bénédictins datant du 8 ème siècle.
Cet ordre a été fondé au 6 ème siècle, près de Rome, par Saint-Benoît de Nursie , le père de la tradition monastique occidentale.
A l'époque médiévale, les règles sont strictes, les moines Bénédictins, généralement vêtus d'un habit noir, doivent garder le silence et surtout, entre le milieu de la nuit et la fin du jour, célébrer pas moins d'une dizaine d'offices religieux.
Aujourd'hui, il reste de ce monastère, seulement cette aile, qui prolonge l'église sur sa droite. C'est à cet endroit que se trouvait la salle capitulaire, où se réunissaient les moines.
A l'époque, elle abritait la résidence du prieur, autrement dit du supérieur.
En bas sur la gauche, le village de Saint Angel. Nous sommes au milieu du 20 ème siècle. Certaines maisons n'ont toujours pas l'électricité. Les habitants occupaient les longues soirées d'hiver en faisant des veillées. Les familles s'invitaient, à tour de rôle. Et on se réunissait autour de la cheminée, qu'on appelle le Cantou .
Jeanne Montjanel , une ancienne du village, nous raconte.
Les hommes faisaient des râteaux, des paniers pour ramasser les pommes de terre. Les femmes, c'était pareil. Elles faisaient de beaux tricots, de belles coutures. Mes soeurs et mes frères, ils avaient leurs copains, leurs copines qui venaient. Nous poussions la table. Il y en avait toujours qui dansaient, d'autres qui chantaient. Il y avait de bonnes chanteuses. Tout le monde s'amusait beaucoup.
Chez Jeanne Montjanel , l'électricité n'est installée qu'à la fin des années 50. Sa fille Claire a donc connu elle aussi les veillées.
S'il y avait un bon conteur, il racontait des histoires drôles. S'il y avait des groupes qui voulaient jouer aux cartes, ils jouaient aux cartes.
Il n'y avait pas d'argent, mais il y avait une convivialité qui était plus une obligation qu'elle n'était peut-être profonde, mais enfin, bon, ça fonctionnait comme ça. Pour les enfants, c'était simple. Puisque les parents étaient occupés, on pouvait se relâcher un petit peu et puis faire quelques bêtises dans les coins, sans que la réprimande n'arrive trop vite, donc on appréciait beaucoup. Et puis il y avait toujours effectivement le repas. Alors, les châtaignes, toutes les fermes avaient plus ou moins leur châtaigneraie. Tout le monde avait bien au moins son petit mètre cube de châtaignes dans la cave. Et on les faisait griller, on les faisait bouillir, enfin chacun avait sa méthode, et c'est vrai que les casse-croûte étaient bien copieux.
Eh bien moi, ce qui m'aurait plu, c'est de faire griller de châtaignes dans le cantou !
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