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Treignac

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Treignac

Treignac compte beaucoup de fontaines. Pour la santé et la salubrité.

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Nous sommes à Treignac.
L'ancienne halle aux grains a été édifiée au 12 ème siècle.
Sa charpente, en châtaigner, est couverte d'ardoises de Travassac .
Au fond de la halle, à droite, quelques marches mènent à un appentis.
C'est derrière ses grilles que l'on rangeait autrefois les poids et mesures.
Le Sarrasin est ce blé noir qu'on utilise pour préparer les tourtous . De délicieuses galettes de céréales, qui très longtemps ont remplacé le pain.
Marie Virolle , qui habite un hameau isolé, à quelques klomètres d'ici nous raconte :
" Il y avait un boulanger, mais il ne faisait pas la tournée dans les villages, c'est pour ça que les gens faisaient des tourtous . Tous les jours, il fallait en faire. Il fallait partir aux champs, alors celle qui restait à la maison commençait à préparer sa pâte pour faire ses crêpes sur le coup de 11 heures et demi, que ce soit fait quand ceux du champ arriveraient pour manger. En général, les tourtous , c'était fait pour le repas de midi, pour remplacer le pain. "
La chapelle Notre-Dame de la Paix est devenue la mairie au début du 19 ème siècle, on l'utilise aujourd'hui pour célébrer les mariages.
Son clocher fait partie des rares clochers tors d'Europe : on en compte une trentaine en France, une dizaine en Allemagne, et quelques uns en Grande Bretagne.
Devant cette chapelle s'élève une colonne. Elle orne une ancienne fontaine.
Treignac compte beaucoup de fontaines. Si elles jouent parfois un rôle décoratif, elles ont longtemps apporté salubrité et confort.
Certaines font aussi l'objet de légendes ou de superstitions, comme celle de Saint-Méen , située dans le quartier des Eglises, au loin, légèrement sur votre droite.
Les anciens vous diront que son eau permet de guérir les maladies de peau et celles des yeux aussi. Et ils ne sont pas les seuls à le croire. On ne compte plus les pèlerinages jusqu'à cette fontaine. En fait, sans mauvais jeu de mots, ces propriétés découlent d'un autre miracle, bien plus grand encore, survenu au 18 ème siècle. Tout a commencé par un incendie. Vous l'avez déjà compris, chez nous, les clochers ne sont pas ordinaires. Figurez-vous que l'un d'entre eux, pour échapper aux flammes d'un incendie se serait détaché de l'édifice et se serait littéralement envolé, avant de retomber dans un champ voisin. Personne ne l'a jamais retrouvé. Mais, là où il s'était enfoncé, ont jailli deux sources qui allaient alimenter la fontaine aux vertus curatives. On l'appelle aujourd'hui la fontaine Saint Méen , en souvenir du saint qui, au 7 ème siècle, a évangélisé Treignac.
Sur la place, en face de la Chapelle Notre-Dame de la Paix, il y a une maison à pans de bois.
C'est la maison de naissance de Maître Charles Lachaud , avocat rendu célèbre par l'affaire Lafarge.
Arrivée au Palais de justice de Tulle, Marie Capelle prend place sur le banc des accusés. La nièce du directeur de la Banque de France s'en remet aux talents de Maître Lachaud . Effets de manche, grandes tirades enflammées. L'avocat a fort à faire.
Marie Capelle est en effet soupçonnée d'avoir empoisonné son mari Charles Lafarge. Afin d'obtenir la main de cette jeune femme jolie et cultivée, celui-ci n'avait pas hésité à se faire passer pour un riche industriel, alors qu'il n'était qu'un simple maître des forges, aux affaires peu florissantes.
Une fois chez lui, au Glandier , près de Pompadour, Marie Capelle s'était immédiatement rendue compte de la réalité. Peu de temps avant le drame, Marie Capelle avait demandé à ce que l'on achète de l'arsenic. Pour éliminer les rats qui pullulaient dans la maison conjugale.
Malgré les efforts de Maître Lachaud , Marie Capelle est reconnue coupable. Condamnation : les travaux forcés à perpétuité.
Elle sera ensuite graciée par Napoléon 3.
Maître Charles Lachaud et son épouse, elle-même filleule du poète Alfred de Vigny, ont eu un petit fils entreprenant, en la personne du député Marc Sagnier . Le fondateur du Sillon, un mouvement démocrate chrétien, est aussi et surtout à l'origine des Auberges de jeunesse.
L'hospitalité devait être pour lui une vertu familière. La maison Lachaud-Sagnier a été construite au 16 ème siècle, elle accueillait gratuitement les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, comme le prouve la coquille sculptée, à côté de l'entrée.
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