Dautry, l'urbanisme a visage humain >

La place de la raffinerie

Version mobile
English Deutsch

La place de la raffinerie

Le coron : contre exemple de la cité modèle

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
La place de la raffinerie
Pourquoi tu m'emmènes ici ? Place de la raffinerie ? Je l'ai jamais connue moi cette raffinerie.
Hé non jeunette ! Fermée en 1974, elle a été détruite en 81. On y traitait les sucres bruts. La toute première remonte au 19ème. Elle était le long du canal. Dynamitée par les allemands en 1917, on l'a reconstruite ici. Entre le rail et le canal. Un site idéal pour implanter une usine et ses ouvriers.
Quel rapport avec la cité de Dautry ?
Ma petite, rien de tel qu'un bon contre-exemple pour saisir comment un homme a pu bousculer les valeurs de son temps. Début 20ème, pour le logement ouvrier, la norme c'est encore le coron.
Comme ces petites maisons en briques toutes exiguës.
Oui. Tout l'inverse de ce que Dautry voulait pour les ouvriers. Faut se rappeler que la révolution industrielle n'est pas loin...
Ah oui : l'exode rural et tous ces paysans déracinés qu'il faut loger.
C'est ça. Après la guerre de 14, les patrons prennent conscience qu'il faut offrir aux ouvriers des logements plus décents qu'avant. Mais " classe laborieuse " rime toujours dans leur têtes avec " classe dangereuse "...
Et donc il faut les loger mais surtout les surveiller, les contrôler.
C'est ça ! Avec le coron on donne un toit aux ouvriers. Rien de plus. Surtout pas un cadre de vie où s'épanouir.
C'est sûr que ça respire pas l'intimité ces maisons collées. Sans jardin.
Sauf pour celle qui fait l'angle. Tu l'as vue ?
Ah oui. Un peu plus cossue.
C'était une maison de cadre. Dautry, lui, a toujours refusé les différences en fonction de la hiérarchie. Pas de ségrégation. Ouvriers et cadres partagent les mêmes maisons. Sa cité doit faire naître de nouveaux rapports entre les individus. L'ouvrier y est considéré comme homme dans sa " réalité totale ". On s'intéresse à son travail et à son habitation. Mais aussi à sa santé, son alimentation, ses loisirs, ses enfants...
J'ai lu quelque chose comme ça dans son livre : " Le métier d'homme ". Je l'ai feuilleté à la bibliothèque. Il faut prendre en compte toutes les activités de l'ouvrier. Tous ses besoins. Affectifs. Moraux. Esthétiques mêmes. J'avais noté une citation que j'aimais bien dans mon carnet...là...voilà...  " Au travail les moyens de vivre. A l'esprit les raisons de vivre ".
Ça résume bien son projet d'une société cheminote nouvelle et épanouie. On poursuit ? On va longer le canal !
C'est parti.
Retour haut de page