Dautry, l'urbanisme a visage humain >

L'école Veltin

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L'école Veltin

Une horloge arrêtée sur l'heure qui sonne le glas de la fin de la cité modèle de Dautry

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L'école Veltin
Avant de détailler le plan de la cité affiché dans la vitrine, laisse-moi te raconter les bombardements qui ont sonné l'heure de la fin de la cité.
Question heure, l'horloge du clocher de l'école n'a plus trop l'air de marcher.
Justement. Elle s'est arrêtée vers minuit. La nuit du 10 au 11 avril 1944. Quand sont tombées les premières bombes alliées qui visaient le dépôt.
Je me souviens. Quand j'étais gamine tu me disais que tu n'avais jamais eu aussi peur de ta vie. C'était un lundi de Pâques non ?
Oui. Un lundi noir. 700 avions. 6 000 bombes... et 49 minutes très exactement de bombardement. Un déluge de feu qui ravage presque toute la ville. De cette l'école qui avait été reconstruite dans les années 20 grâce aux fonds récoltés par l'institutrice américaine Mlle Veltin...
D'où son nom....
...il ne restait rien. Sauf le clocher
Et son horloge bloquée.
Après guerre, la cité ne sera pas rebâtie selon le plan si particulier de Dautry.
Pourtant, il avait été nommé ministre de la reconstruction et de l'urbanisme non ?
Oui, et il était furieux, mais il ne pourra pas s'opposer à ce projet.
Pourquoi la cité, n'a pas été reconstruite comme elle avait été pensée ?
Dur à dire. Les temps avaient changé. A l'assemblée nationale, Claudius Petit, qui lui succédera au ministère, lance à Dautry qu'il n'est pas bon que des petits cheminots ne puissent casser la gueule dans la cour de récré qu'à d'autres petits cheminots.
En tous cas, il est super ce plan ! C'est marrant ces trois cercles, on dirait des roues de locomotive.
C'est ce qu'on a longtemps cru. Mais la symbolique pourrait se révéler bien plus intéressante et complexe. En tous cas, si on en croit un vieux Ternois passionné d'histoire locale. Daniel Druart il s'appelle. Depuis quelques années, la presse locale parle de ses découvertes. Elles se fondent sur les affinités de Dautry avec le compagnonnage.
Et donc ?
En fait, le plan de la cité serait codé. Conçu sur le modèle d'une cathédrale, il serait une oeuvre compagnonnique bâtie sur un assemblage de symboles. Regarde, bien. On peut repérer l'équerre, le compas, le fil à plomb. Ici, le levier. Le niveau. Bref, pour Daniel Druart, cet assemblage forme un " code " qui, de gauche à droite et de cercle en cercle, décrit les passages successifs de l'apprenti au compagnon puis au maître.
Mais ça ouvre de sacrées perspectives ça dis moi.
Et attends. C'est pas fini.
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