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Cour Souleiado - hôtel d'Aiminy

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Cour Souleiado - hôtel d'Aiminy

Couleurs et traditions provençales pour ces tissus qui ont su traverser les âges.

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Nous sommes devant Souleiado.
Construit au 17ème siècle, ce bâtiment est, à l’origine, un hôtel particulier, l’hôtel d’Aiminy, du nom de la famille propriétaire.
A l’intérieur de la cour, les façades rappellent le style italien. Regardez, sous les fenêtres : des pierres, en saillie, figurent des draperies pendantes.
Cela tombe bien. Depuis longtemps, la destinée de ce bâtiment est liée au textile, plus particulièrement à la maison Souleiado, née en 1939.
Vous vous demandez bien ce que ça veut dire, hein, Souleiado ? Eh bien, c’est une « Percée de soleil au travers des nuages »… Ça, pour une marque, on peut dire qu’elle s’est choisi un bien joli nom ! A l’entendre, on imagine déjà toutes les couleurs de la Provence.
C’est vrai, c’est un nom qui correspond bien au tissu provençal, à ces fameuses cotonnades que l’on appelle aussi « indiennes ».
Pour vous en faire une meilleure idée, et pour le plaisir des yeux, il faut pousser la porte du musée, à gauche, dans la cour.
On y découvre une infinie variété d’étoffes, ainsi que leur mode d’impression. Un savoir-faire qui se développe dans le Sud de la France à partir du 17ème siècle.
A l’époque, dans une Europe avide d’exotisme, les toiles peintes importées des Indes se taillent un franc succès.
Les indiennes font fureur parce qu’elles sont présentées à la cour du roi soleil, présentées dans les salons, les galeries des glaces de Versailles. Donc tout le monde veut porter de l’indienne à l’époque.
De là, on va vouloir l’imiter. Et on va vouloir l’imiter en Provence, parce que les bateaux arrivent plus facilement à Marseille.
Désireux de protéger le commerce des manufactures royales tourné vers l’Orient, Colbert obtient cependant un arrêté royal interdisant à la fois l’importation d’indiennes et leur contrefaçon.
Sans surprise, l’interdiction encourage les trafics.
Les fabricants d'indiennes se réfugient en Avignon et dans le Comtat Venaissin, des terres sous le contrôle de la papauté, avant de revenir, à partir du milieu du 18ème siècle, sur le territoire français.
La Provence, avec ses diverses plantes capables de donner leurs couleurs aux tissus, s’impose comme la capitale de l’indiennage.
Peu après 1800, cette industrie fait son apparition à Tarascon.
Aujourd’hui, l’entreprise Souleiado perpétue et renouvelle cette tradition qu’elle exporte bien au delà des frontières de la Provence.
L’hôtel d’Aiminy abrite aussi l’atelier de la Ciergerie de Tarascon. On y perpétue le savoir faire ancestral des pères blancs des Prémontrés de l’Abbaye de Saint-Michel-de-Frigolet. Encore de nos jours, la ciergerie a su conserver ses secrets de fabrication et fournit en bougies un grand nombre d’églises et de chapelles de Provence.
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