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Nantes, écluse Saint-Félix :Ici, l'Erdre finit. Ici, le canal commence...

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Nantes, écluse Saint-Félix :
Ici, l'Erdre finit. Ici, le canal commence...
Nantes !
Pierrick ne sait plus où donner de la tête. Le chaland vient de larguer la remorque. Il glisse lentement vers cette ville étourdissante. Des barques sillonnent le canal en tous sens. Sur les berges, charrettes et voitures roulent en convois serrés, que traversent des uniformes et des cavaliers.
Droit devant, les drôles de bateaux lavoirs forment une allée vers les ponts de pierre. Ces péniches servent aux lavandières, depuis qu'elles n'ont plus accès aux rives. Elles sont apparues en 1840, au moment où Nantes a été aménagée pour le passage du canal.
Auparavant, trois barrages, infranchissables pour les bateaux, retenaient les eaux de l'Erdre. Les marchandises venant de la Loire ou destinées à y être envoyées étaient donc déchargées de part et d'autre des " chaussées ".
Pour assurer la continuité du trafic entre la mer, la Sèvre et... le canal, on ouvrit donc une brèche dans ces retenues et l'on élargit le lit de l'Erdre, en centre-ville.
Le marais de Barbin, où travaillaient les tanneurs, est alors en partie comblé et l'île de Versailles crée. De nouvelles avenues et des quais sont construits de part et d'autre de la voie d'eau, de ses bassins et de ses affluents.
Nantes a bien changée depuis cette époque où les Cap Horniers sortaient des chantiers navals des bords de Loire... Bien des façades d'armateurs, alors au ras des quais, surplombent à présent des boulevards.
Quant à la voie d'eau, que l'Aurore suit à l'air libre en 1895, elle passe à présent dans un tunnel. Au-dessus se tient le " cours " des 50 otages, dédié aux martyres de la seconde guerre mondiale.
Celle qui fut le premier port d'Europe pour le commerce avec les colonies demeure une porte sur l'Atlantique et l'un des sésames des canaux d'Armorique.
... A bord de l'Aurore, Pierrick apprécie l'élégance de la " Venise de l'Ouest " en passant l'écluse Saint-Félix. Ecluse N°1.
Puis le chaland s'amarre le long de la Loire... Sur des kilomètres à la ronde, de grands vaisseaux s'alignent, venus d'Inde ou d'Amérique et des marins déchargent caisses, malles et ballots. Le mousse est fasciné... Yann lui lance :
Ils te plaisent, hein, ces grands voiliers ? Regarde ce trois-mâts barque... Il a peut-être même été construit ici !
Oui, depuis que je suis tout petit, j'ai envie d'embarquer avec eux...
Ta mère m'a bien recommandé de ne pas te laisser filer, pourtant !
On ira sur la Loire ?
Nous, non... Nous nous installerons à Sucé pour le chômage d'été. Mais je peux sûrement t'arranger un embarquement avec des gars d'Angers. J'en connais beaucoup... Je peux essayer de te trouver une place. Ca te dit ?
Ouiii !
Quelques heures plus tard, Yann a convaincu Louis, le capitaine du Fille de Loire, de prendre Pierrick à son bord pour quelques allers-retours vers Angers... Le lendemain matin, le garçon, ravi, a transbordé son paquetage. Il aide à hisser la toile. Portée par la brise de mer, le chaland s'éloigne sur le fleuve. Le coeur bizarrement serré, il hurle :
A bientôt Ann ! Je vous retrouve dans un mois, à Sucé, pour repartir sur le halage !
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