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Le Palais Rohan

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Le Palais Rohan

Il est un peu le signe de la présence française et du catholicisme... Son architecture s'inspire d'ailleurs des grands hôtels parisiens.

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Nous sommes devant les grilles du Palais Rohan.
Ce palais est construit entre 1732 et 1742. A cette époque, Strasbourg est française. Quant à la cathédrale, après avoir été protestante, elle est restituée aux catholiques. C'est le roi qui fait nommer le prince évêque ; et il choisit successivement, quatre membres de la famille des princes de Rohan qui font construire ce palais.
L'un d'eux sera impliqué dans une histoire célèbre : l'affaire du collier de la reine. Georges Bischoff , historien, évoque celui qu'on surnomme le " cardinal collier " :
Alors le dernier des quatre princes évêques issus de la famille de Rohan est un personnage très haut en couleurs qui voulait absolument jouer un rôle à la cour, qui ambitionnait, secrètement, d'être le principal ministre de Louis XVI.
Ce dernier des quatre princes de Rohan a été victime d'escrocs qui ont fait comprendre qu'il pouvait acquérir les bonnes grâces de la reine en lui offrant un magnifique collier.
Cette affaire coûte des sommes fabuleuses au pauvre cardinal... Et quand l'affaire est ébruitée, il est condamné à l'exile.
Il est un peu le signe de la présence française et du catholicisme... Son architecture s'inspire d'ailleurs des grands hôtels parisiens.
Il paraît que sa réalisation n'a pas été évidente...
Il a fallu tenir compte de la configuration de cette place de la cathédrale qui est en surplomb par rapport au cours de l'Ill. Et donc les architectes ont conçu un plan qui consistait à mettre la cour donnant sur la cathédrale à un niveau bien supérieur au niveau jardin, qui d'ailleurs n'est pas un jardin mais une terrasse, qui donne sur la rivière d'Ill du côté extérieur. Et donc, on a quelque chose de tout à fait étonnant qui est à la fois un palais urbain, un hôtel particulier, qui, d'une part, donne une façade qui s'harmonise avec la façade de la cathédrale (même couleur de grès) et qui d'autre part, marque, vers la rivière, l'irruption de l'architecture à la française.
Georges Bischoff : Lorsqu'a été convenu le mariage entre le dauphin Louis (futur Louis XVI) et la princesse Marie-Antoinette d'Autriche, c'est à Strasbourg que s'est effectué en 1770 l'accueil de la fiancée, fiancée qui a été reçue en grandes pompes par des fêtes tout à fait extraordinaires. Et lors de ces cérémonies, très symboliques, la princesse a troqué ses modes allemandes contre des habits à la française. C 'était une façon de signifier qu'elle devenait désormais reine de France.
Parfois, ces fêtes étaient troublées par ce qui se passait quai des bateliers, juste en face du Palais. Pour cacher les immeubles et l'atmosphère canaille des quais, on est même allé jusqu'à édifier un magnifique trompe-l'oeil figurant parcs et jardins.
Calmes les quais des bateliers ? Les dockers vivaient à 50 m du Palais ! Quant à l'Ill, les tanneurs venaient y déverser tous leurs résidus. Ecoutez-les : eux aussi ils assistent à la fête...
Aujourd'hui, le Palais n'accueille ni reine ni évêque, mais il abrite le musée des Arts décoratifs, le musée des Beaux-arts et le musée archéologique .
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