Strasbourg, promenade au coeur de la ville >

La Petite France

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La Petite France

Ces ponts sont ceux qui restent des remparts qui entouraient la ville au Moyen Age.

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Nous sommes dans le quartier de la Petite France , sur les ponts couverts.
Ces ponts, sont ce qui reste des remparts qui entourent la ville au Moyen Age. A l'époque, ils relient les tours que vous voyez ici. Plus tard, Vauban renforce ce système défensif : la grande écluse permettra, en cas d'attaque, de fermer les vannes pour inonder les accès sud de la ville.
Des moulins ? Des glaciaires surtout ! Au 19 ème siècle, des usines de production de glace étaient installées là, utilisant l'énergie hydraulique de l'Ill pour produire du froid et des pains de glace. Indispensable pour conserver la bière et les produits frais.
Et bien parce qu'il abritait un hospice, un lazaret, où l'on isolait et contrôlait les arrivants d'un pays infecté par une maladie contagieuse...
Robert Werner, strasbourgeois, journaliste et auteur de plusieurs livres sur Strasbourg :
Les arrivants en question étaient des mercenaires victimes de la vérole - autrement dit : de la syphilis oe qui avaient mis leurs armes au service du roi de France, Charles VIII, le fils de Louis XI, pendant les guerres d'Italie. Et justement ! L'Alsace alors n'est pas française, Strasbourg est encore ville libre d'Empire, nous sommes toujours sous le régime de la Décapole oe c'est-à-dire : 10 villes fortes ayant droit de frapper monnaie et de rendre la justice ; et si l'ironie perçait, pas méchamment, c'est que l'on considérait cette infection comme la maladie des Français, d'où la Petite France...
Les maisons à colombages et les dates sur leurs façades, nous rappellent que certaines sont là depuis le Moyen Âge. Et à cette époque la Petite France ne ressemblait pas du tout à ce que vous en voyez aujourd'hui, un quartier admirable que l'on vient visiter du monde entier mais qui n'avait pas cet aspect.
Il y avait dans ce bel ensemble, où il est aujourd'hui très chic d'habiter, surtout depuis que Strasbourg est devenue capitale de l'Europe, une corporation de tanneurs.
Et oui, les tanneurs se regroupent ici pour être près de l'Ill et y laver les peaux des animaux. Ils font sécher ensuite les peaux dans des greniers de stockage.
Parce que, maintenant, nous partons à la recherche d'un indice d'un autre style. Rue du Bain-aux-plantes , vous avez dû remarquer la maison " Lohkäs ". L'étoile sur son enseigne c'est " l'étoile des brasseurs ".
L'étoile des brasseurs c'est le symbole de l'alchimie, c'est ce qu'on appelle le sceau de Salomon, c'est la terre, l'eau, le feu et dans le cas de la bière, le touraillage, c'est-à-dire, la cuisson du grain, le maltage et le brassage. Donc, ça n'a rien à voir avec l'étoile Juive malgré qu'elles soient similaires
Jean-Claude Colin, journaliste spécialiste de la bière :
Devant ce qui était des brasseries au Moyen Âge, on trouvait au début soit une gerbe d'orge, soit une couronne de houblon qui signalait la brasserie, l'étoile étant, elle, au-dessus des cuves pour chasser les mauvais esprits. C'était aussi un chasseur de sorcières, un fer à cheval. Après, l'étoile est passée à l'extérieur pour signaler la brasserie, là, elle est devenue vraiment emblématique de la profession de brasseur et l'est restée jusqu'à aujourd'hui.
Et des étoiles, nous en croiserons sur notre chemin, Bretzels, Gambrinus , le roi de la bière.
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