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Digue des étangs de Bièvre et de la Gravelle

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Digue des étangs de Bièvre et de la Gravelle

Histoire et utilité des étangs

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La digue des étangs de Bièvre et de la Gravelle
Nous sommes sur la route qui passe entre deux étangs.
Si vous roulez en direction de Marcilly, la Gravelle est à gauche, l'étang de Bièvre à droite.
Vous n'en voyez qu'une petite partie ! L'étang de Bièvre s'étale sur près de 2km ! C'est surtout le plus profond de la région, avec 3 mètres c'est-à-dire deux fois plus que la moyenne.
Ah les oiseaux, les arbres, les lacs... quoi de mieux que la nature primitive, intacte, préservée de la main de l'homme...
Alors là, je vous arrête tout de suite, vous avez tout faux ! Ecoutez Gérard Lainé, de la maison des étangs à Saint-Viâtre.
Alors, les étangs ne sont pas du tout naturels. Ils ont été construits entre le 11ème et le 14ème siècle. On prenait un petit cours d'eau. A l'endroit le plus bas, on élevait une digue qu'on appelle actuellement une chaussée parce que 9 fois sur 10, un chemin passe dessus.
Et cette retenue d'eau n'était pas creusée d'où sa faible profondeur. Mais les étangs faisaient vivre presque toute la population.
C'était pour faire de la pisciculture. Au Moyen-âge, c'était très important. La consommation de poisson était très importante : il y avait 140 jours de jeûne dans l'année. En plus, on s'était aperçu qu'un hectare d'étang rapportait 10 fois plus qu'un hectare de terre en culture en Beauce. Tous les seigneurs, propriétaires ont fait des étangs au maximum pour survivre parce que la terre solognote, c'est de l'argilo-siliceux, il n'y pousse pas grand-chose. C'était donc un moyen financier de survivre.
Cette activité a connu son apogée à l'époque de François 1er. Il y avait alors plus de 4 000 étangs en Sologne. Pour un peu plus de 3 000 aujourd'hui. Ils servent aussi pour la chasse au gibier d'eau.
Alors, comment pêche-t-on sur un plan d'eau aussi peu profond ?
On ne pêche pas à la ligne dans un étang parce que ce n'est pas profond du tout. Sur le bord vous avez 20 cm d'eau grand maximum. L'endroit le plus profond, c'est le bief, c'est-à-dire le petit fossé qui court de la queue de l'étang à la bonde, le système d'évacuation. Ça fait 1m50 de profondeur, ce n'est pas profond du tout.
On pêche donc en " assec ", comme au Moyen-âge. Même si les moyens ont changé, la technique reste la même !
Mettre un étang en assec, c'est le vider. On laisse un tout petit peu d'eau autour de la bonde et avec des filets ou des épuisettes que nous, en Sologne, on appelle des aveniaus, on attrape les poissons, on les met dans des paniers. Dans le temps, on les vendait sur place. Maintenant, les pisciculteurs les chargent dans des camions assistés à l'oxygène pour pouvoir les distribuer.
... et les faire griller ou frire à la poêle...Mmh... Les restaurants de la région proposent de très jolis plats de brochet ou de sandre.

En attendant de les déguster, regardez les oiseaux se régaler : guifettes, hérons cendrés, grèbes, bihoreaux et butors apprécient aussi beaucoup le poisson de ces étangs. Et pour en savoir plus, vous pouvez visiter la Maison des étangs à Saint-Viâtre.
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