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Le monument aux morts

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Le monument aux morts

Un monument aux morts qui n'était pas vraiment du goût des poilus

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Le monument aux morts
A l'origine ce monument aux morts n'en était pas un.
Le projet en a été conçu avant la Grande Guerre suite à un legs de Mme Petrot-Labarre. Cette femme d'un conseiller général axonais désirait que l'on dresse un monument en l'honneur des grands épisodes historiques de Soissons et de son glorieux passé.
Clovis bien sûr et le fameux vase. Ou encore l'entrée de Jeanne d'Arc dans la ville avec Charles 7 en 1429.
Le projet mené par le sculpteur Bartholomé est bouleversé par le premier conflit mondial. Occupée par deux fois par les allemands, fréquemment bombardée, la ville est dévastée à 80%.
Un bas relief est alors sculpté qui dépeint ces ravages et l'évacuation de la ville en 1918.
Derrière les femmes ployées sous la peur et leurs fardeaux, on aperçoit la tour de la cathédrale Saint Gervais littéralement coupée en deux.
Et c'est ainsi que le monument devient naturellement le monument aux morts de la ville.
Seulement voilà : culminait à son sommet - conformément aux plans d'origine - une statue de Madame Pétrot-Labarre arborant une gerbe de blé, symbole de la richesse agricole du soissonnais.
Plutôt difficile à faire passer avant son inauguration en grande pompe en 1935 par Albert Lebrun en personne.
" Non on ne pouvait pas " Denis Roland - membre de la société historique de Soissons " faire un monument aux morts et l'inaugurer par le président de la République avec une dame dans un fauteuil en haut du monument portant une gerbe de blé. Il faut dire que c'était quand même un petit peu saugrenu. Après une guerre qui avait quand même dévasté la ville il ne représentait plus rien ".
D'autant que Mme Pétro-Labarre affichait une poitrine un brin dévêtue. C'en était trop pour les poilus.
" Les anciens combattants ne supportaient pas de voir une dame " Chantal Duraffourd, guide conférencière " surmonter le monument dédié aux morts de la ville. Donc cette sculpture, cette belle femme, se trouve maintenant dans le Parc Saint Crépin et on l'appelle la Dame Blanche.
...en raison de la couleur de la pierre du soissonnais.
Quant à l'atteinte aux bonnes moeurs, elle est réparée par l'actuelle sculpture : un quatuor d'hommes et femmes portant la flamme du souvenir. Une oeuvre bien plus dans le goût patriotique.
La Grande Guerre est la dernière d'une longue série de tragédies qui jalonne les 2000 ans d'histoire de la ville.
Alors on a eu des sièges de Soissons, on pourrait dire de tout temps.
C'est presque une des cultures de la ville conclut Denis Rolland, membre de la société historique de Soissons.
Place militaire dès l'antiquité, place forte tardivement démantelée après la débâcle de 1870, la ville est pillée : en 1414 pendant la guerre de 100 ans ; et en 1567 en pleine guerre de religions.
Après les ravages de la Révolution Française, elle capitule face aux Prussiens pendant les campagnes napoléoniennes de 1814.
Soissons est quand même au Nord de la France. Les invasions sont toujours venues du Nord donc si on peut dire on était aux premières loges. C'est pour cela que la place forte existe dès l'Empire et ensuite pendant tout le 19ème siècle on va l'améliorer. Parce qu'on considère que c'est une place qui peut défendre Paris. Évidemment ça fait une couronne de fortification autour de Paris. Ça a été un inconvénient aussi dans son développement économique parce que jusqu'en 1890 Soissons est enfermée par ses remparts donc ne peut pas se développer. C'est à partir de 1890 lorsque les fortifications seront détruites que l'on pourra avoir une véritable expansion de la ville jusqu'en 1914.
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