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L'abbaye Saint-Léger

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L'abbaye Saint-Léger

Une abbaye prospère ruinée par les guerres qui deviendra cave à vin avant d'accueillir le musée de la ville.

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L'abbaye Saint-Léger 
Elle porte le nom d'un saint dont le patronyme ne reflète pas franchement le martyr qu'il a subi. Dans ce récit, rien de " léger "...
Au 7ème siècle, Léger, évêque d'Autun, exerce une très forte influence à la cour mérovingienne. Mais il en paiera lourdement le prix quand le roi est renversé. Le cruel Ebroïn, partisan du nouveau souverain, lui arrache les yeux... les lèvres... et la langue ! Léger s'en sort par miracle... mais sera décapité quelques années plus tard par son tortionnaire qui ne manquait visiblement pas de suite dans les idées.
A l'origine simple paroisse liée aux contes de Soissons, l'abbaye est fondée en 1139 par une communauté de chanoines qui suivent la règle de Saint Augustin. Ses débuts sont très prospères et marqués par une série de travaux monumentaux.
A la même époque, on construit aussi la cathédrale Saint-Gervais. C'est dire l'intense activité qui régnait à Soissons au moyen-âge.
Son histoire est jalonnée de périodes fastes et de déclins brutaux liés aux guerres et invasions qu'a connues la ville.
La guerre de 100 ans encore et toujours ... mais surtout l'occupation protestante du 16ème siècle après laquelle la nef et le clocher de l'abbatiale sont profondément remaniés.
Vendue à la Révolution, elle doit son salut à son acheteur : un négociant en vin qui en fait sa cave :
" Oui ! Une cave à vin ! Finalement c'est bien parce que ça a permis de la conserver. " Dominique Roussel, conservateur du musée de Soissons " Plusieurs abbayes de Soissons ont disparu avec la Révolution. Je pense à l'abbaye Notre-Dame notamment qui a eu une destinée prestigieuse mais qui a été complètement rasée après la Révolution. On a un tableau au musée où l'on voit les tailleurs de pierre qui démantibulent toute l'abbaye. Donc Saint-Léger a été sauvée par le vin, oui. C'est devenu une cave et ça a finalement permis de sauver les bâtiments qui ont retrouvé après une actualité ecclésiastique quand l'évêque a racheté l'abbaye. L'armée a permis de garder Saint-Jean-des-Vignes, et le vin, les négociants en vin ont permis de garder Saint-Léger. "
Gravement endommagée par les bombardements de la Grande Guerre, sa remise en état permet au musée de la ville de s'y installer en 1933.
Les collections lapidaires de l'église abbatiale
Au lendemain de la guerre de 14, l'église abbatiale devient un musée lapidaire. On y conserve les pièces retrouvées dans les décombres de la ville - balustrades de maisons médiévales, pierres tombales, fontaines - puis l'Etat y met aussi à l'abri d'importantes oeuvres venues d'ailleurs. Notamment de Saint Yved de Braine. 
Une étonnante série d'anges musiciens par exemple. Ou encore le célèbre tympan de l'abbatiale et ses scènes des enfers qu'on peut aujourd'hui admirer dans le transept. Dominique Roussel, conservateur du musée de Soissons :
Voilà au moyen-âge on aimait bien choquer le public et c'est un livre d'images. A droite c'est la descente aux limbes. Vous avez même si le tympan est assez abîmé, le Christ qui n'a plus de visage. Qui se penche sur Adam qui est barbu et un certain nombre d'autres personnages qui ont enchaîné le démon. Et à gauche vous avez ce chaudron qui est train de bouillir dans la gueule d'un monstre qui est là, vous voyez, avec cet oeil qui vous regarde, et qui chauffe ce chaudron dans lequel vous avez des personnages qui sont encore un peu joyeux. Ils ont encore le sourire mais ils ne savent pas que dans quelques instants ils vont disparaître dans le chaudron. Vous avez l'avarice au centre qui tient encore son magot, et puis différents monstres, des lézards, des choses qui grouillent tout autour. Après la mort vous arriviez au moment du jugement dernier. Il ne fallait pas être mis dans la mauvaise case. C'est dramatique ce qui se passe à gauche.
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