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L'abbaye Saint-Jean-des-Vignes

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L'abbaye Saint-Jean-des-Vignes

Une ruine majestueuse qui domine la cité et rappelle l'importance de la vie abbatiale à Soissons

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L'abbaye Saint-Jean-des-Vignes
La façade de cette église est vraiment saisissante !
A travers le vide qui caractérise l'architecture gothique...plus rien...ou plutôt si... l'immensité du ciel et ses nuages.
Une silhouette gigantesque : 80 mètres pour la flèche la plus haute, " hardiment posée sur le ciel comme une décoration de théâtre ", comme le disait Victor Hugo.
Il a été l'un des premiers à s'élever pour exiger la préservation de cette façade. Dernier vestige d'une vaste abbaye devenue caserne à la Révolution elle a été démembrée début 19ème pour servir à la construction des maisons et la réfection de la cathédrale.
Et aujourd'hui, les bâtiments qu'on peut encore admirer - le logis de l'abbé, le grenier à grain, l'infirmerie, le réfectoire... - sont entièrement dédiés à la recherche, l'étude, la valorisation du patrimoine.
Saint Jean des Vignes était l'une des 6 abbayes que comptait Soissons avant la Révolution. Karine Jagielski, responsable du service de l'architecture et du patrimoine, nous en explique la fonction un peu particulière :
" Alors Saint-Jean-des-Vignes est certainement une émanation de la cathédrale parce qu'on ne va pas parler de moines ici mais de chanoines qui vont venir sur les lieux à la fin du 11ème siècle. Et qui vont tout d'abord bâtir une petite abbaye romane qui va être complètement revue au 13ème siècle, au début du 13ème siècle, avec l'abbé Raoul. Donc ces chanoines avaient des missions d'enseignement, des missions pastorales c'est-à-dire qu'ils sortaient de leur abbaye. A la différence des abbayes cisterciennes par exemple, où on a véritablement une population cloîtrée ".
Mais pourquoi donc autant d'abbayes à Soissons ?
Il faut savoir déjà que le moyen-âge est une période où la foi est intense, donc on va multiplier les édifices religieux. Et il se trouve que dans le soissonnais on est dans une région particulièrement riche. Avec des terres fertiles. Des vignes très nombreuses. On se souvient du nom de l'abbaye. La pierre est présente également. Le bois. L'eau. Donc tout était présent pour que des chantiers très importants se développent dans la ville. Donc 6 abbayes et une multitude d'églises paroissiales ".
Il faut se figurer l'intense activité qui régnait dans ces abbayes entre les travaux des champs, les prières et les missions pastorales. Imaginer aussi la grande piété d'une ville où se multipliaient les processions.
La statuaire de la façade de l'église abbatiale
Contempler la façade de l'église abbatiale, c'est voyager dans le temps et les évolutions du gothique.
Un gothique classique du 13ème siècle pour le niveau des trois portails. Le 14ème au niveau de la rose. Le 15ème pour la tour sud - à droite- la première à être achevée. Et enfin, schématiquement toujours, le 16ème pour la tour nord qui regroupe une quinzaine de statues sur le thème de la Passion.
Des statues qui s'animent au fil des siècles et à mesure que nos yeux progressent vers le sommet de la flèche nord à gauche - Karine Jagielski, responsable du service de l'architecture et du patrimoine :
" Plus on va monter plus on va commencer à voir des personnages qui vont s'animer un peu. Un certain mouvement qui va apparaître dans leur posture. Et je vous invite à regarder à gauche de la rose vous avez Marie, qui est encore assez hiératique. Un très très léger déhanchement. Nous avons également à gauche de Marie deux autres statues. Et c'est celle de gauche qui nous intéresse. C'est Saint Jacques. Regardez il nous observe. Il a le regard tourné vers nous. Donc une certaine mobilité de la statue. Il a la coquille Saint Jacques sur la petite besace qu'il porte contre lui. Et par contre si on monte encore d'un étage on va observer à nouveau une nouvelle statue de Marie à gauche du Christ en croix qui forme vraiment l'originalité de cette statuaire. Une nouvelle statue de Marie qui elle est complètement déhanchée. C'est une vierge de douleur. Elle est au pied de son fils qui est crucifié. Et là effectivement on a une réelle animation sur cette statuaire.
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