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Stabat Mater et Gethsemanie

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Stabat Mater et Gethsemanie

Alfred Manessier parle de son rapport à la peinture.

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Stabat Mater et Gethsemanie
Nous sommes au centre de la nef et le dos au choeur. Nous regardons le grand vitrail à notre droite...
Alfred Manessier parle de son rapport à la peinture
Le peintre et sa peinture doivent toujours être en état d'amour l'un pour l'autre. C'est essentiel. Le peintre ne doit absolument rien imposer à sa peinture. Il doit être attentif. Il doit répondre au dialogue. S'effacer, revenir, écouter, mais jamais, jamais imposer...
Et aussi tenter de transmettre la subtilité infinie des émotions humaines ! Dans l'évangile selon Saint Jean, il est écrit
Saint Jean : Près de la croix de Jésus, se tenaient debout Marie sa mère, la soeur de sa mère, Marie la femme de Cléophas et Maria Magdala.
Ce vitrail a pour nom : Stabat Mater ou Marie au pied de la croix. Etienne Faict s'en imprègne avec sensibilité
Alors dans ce vitrail, les couleurs, les tons mauves, bleus, gris. Ces formes qui tombent quand vous regardez les lignes des plombs. Cela évoque les voiles des femmes qui sont là au pied de la croix, qui ne bougent plus, qui sont accablées, atterrées par la mort de Jésus sur la croix.
Regardons le vitrail sur le côté gauche. Il possède la même palette de couleurs. Vous le voyez ?...
Ce vitrail s'appelle Gethsémani. Regardez ses angles droits, serrés comme des étaux. Quelque chose d'étouffant nous saisit. Etienne Faict raconte cet épisode de la vie du Christ
Gethsémanie, c'est l'épisode au jardind es oliviers où Jésus passe sa dernière nuit avant d'être livré. Les apôtres dorment. C'est la nuit. Jésus prie, et à un moment donné, il éprouve effroi et angoisse devant la mort prochaine. Donc, il partage ce sentiment avec tout humain : avoir peur de la mort. Et ces couleurs identiques à celle de Stabat Mater et ses formes nous glacent véritablement.
Jean François Cocquet a désiré réunir ces deux vitraux dans une même halte. Il nous explique pourquoi
Dans le code des couleurs occidentales, les couleurs chaudes, le rouge, le jaune, sont associés à la joie, à la jouissance, au plaisir. Les couleurs froides, au contraire, les bleus notamment, sont associées à la nostalgie, à la souffrance morale ou physique, voire à la mort. Le bleu dominant ici correspond peut-être à cette idée que l'on peut " avoir le blues ", du " bleu à l'âme ". Et c'est pour cette raison que pendant très longtemps, le bleu n'a pas fait partie de la palette des artistes verriers.
Partons maintenant à la rencontre du Christ gisant de l'église du Saint Sépulcre qui effrayait tant Alfred Manessier dans son enfance ! Merci de continuer votre visite.
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