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Le Gisant

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Le Gisant

Nous sommes dans l'unique chapelle de l'église Saint Sépulcre, face au gisant du Christ...

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Le Gisant
Nous sommes dans l'unique chapelle de l'église Saint Sépulcre, face au gisant du Christ...
Ce gisant en bois qui représente Jésus mis au tombeau, a une signification singulière dans l'enfance d'Alfred Manessier. Christine Manessier nous confie pourquoi
Ça représente le moment où ma grand-mère était hospitalisée dans une clinique pas très loin. Et il passait dans cette église. Et ce gisant lui faisait peur. Le mot même Saint Sépulcre lui faisait peur. Et en fait, c'est le moment où mon grand-père a inscrit papa, a envoyé papa en pension à Amiens, et ça a été la cassure de son paradis d'enfance.
Bien des années plus tard, la mère d'Alfred Manessier s'éteint et sa fille se souvient
Le jour de l'enterrement de grand-mère, en janvier 77, nous sommes allés faire une grande promenade dans la baie de Somme. Et tout à coup, j'étais à côté de mon père, et il m'a confié son voeu. Il me dit : " Si je pouvais émettre un voeu, ce serait de pouvoir faire des vitraux dans la lumière de mon pays d'enfance. ".
Début 82, papa reçoit une lettre de François Énaud lui proposant les vitraux de l'église du Saint Sépulcre. Donc, pour lui, ça a été une... il a flambé tout de suite. Il n'a jamais fait des maquettes aussi vite !
Lynda Frenois, Directrice du musée Boucher-de-Perthes d'Abbeville, vient nous rejoindre dans la chapelle. Elle s'attarde sur ce gisant du Christ datant du 16e siècle, et on ne peut plus gothique !
Les gisants sont très nombreux aux 15e et 16e siècle puisque l'art gothique transforme leur représentation. Le gisant exprime désormais la nature humaine du Christ dont le corps martyrisé est mort, et figuré de manière ultra réaliste. Pour les hommes du Moyen Age, de la fin du Moyen Age, cela prouve son humanité, son calvaire. Contrairement à la vision idéaliste du triomphe christique du début du Moyen Age.
L'enfeu, c'est-à-dire la chasse qui entoure le Christ ainsi que les autres personnages, sont du 19e siècle.
Regardons à présent les deux petits vitraux de la chapelle...
Ces deux vitraux se nomment La mise au tombeau. Véritable sas entre la mort et la résurrection du Christ, ces oeuvres font la transition entre le vitrail du Crépuscule à gauche et celui, à droite, de La nuit du Samedi saint. Vous vous souvenez, le grand vitrail nocturne et aquatique ?
Alfred Manessier désirait une " douce lumière " pour la mise au tombeau du Christ dans cette chapelle. Peut-être avec cette clarté nimbée, le peintre a-t-il désiré adoucir son traumatisme d'enfance ?
Sa fille nous livre le désir ultime de son père
Ben écoutez, il aurait souhaité que les gens aient envie de danser dans le choeur !
Si l'oeuvre d'Alfred Manessier est spirituelle, elle n'en demeure pas moins malicieuse. Certains peuvent imaginer que l'artiste aurait inconsciemment caché dans le vitrail de droite un oiseau pêcheur qu'il arrive de rencontrer en Picardie : le grèbe huppé ! Un indice pour le détecter ?... C'est sa tête que l'on repère le plus facilement !
Mais laissons le dernier mot à ce grand peintre humaniste... et joyeux !
Mon oeil s'est un peu formé dans un lieu où sans cesse la lumière intervient entre le ciel, les sables et la terre. Elle est deux mondes. Elle deux mondes doubles. Elle est un échange perpétuel et je vois beaucoup de spirituel dans la lumière de ce pays.
Le gisant de l'église Saint Sépulcre est la dernière étape de notre parcours découverte des vitraux d'Alfred Manessier débuté avec L'hymne à la joie où la force de la vie gagne sur la mort. Vous vous souvenez ?... Pour tout renseignement sur les oeuvres de cet artiste, adressez-vous à l'Office de Tourisme d'Abbeville. Nous vous souhaitons un très agréable séjour. ? bientôt.
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