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Les prisonniers de guerre - Champs Elysées

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Les prisonniers de guerre - Champs Elysées

Date : novembre 16 - En promenade le long des Champs Elysées, Anelie et Léopold assistent au sort cruel réservé par les Allemands aux prisonniers russes.

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Novembre 1916
Français, Anglais, soldats du Commonwealth ou des colonies françaises, ils sont des milliers de prisonniers à transiter par Saint-Quentin durant la guerre. Des Russes sont employés en ville à des travaux destinés à soutenir l'effort de guerre allemand, en dépit de toutes les conventions internationales. Les Champs Elysées, poumon vert de Saint-Quentin, abriteront ainsi durant l'hiver 1916 jusqu'à 3 000 de ces prisonniers russes, en partie logés dans le Reithalle, une grande halle en bois à l'emplacement des actuels terrains de tennis.
Rester immobile des heures face à un vent aussi glacial. Je ne sais pas quel misérable petit larcin a bien pu valoir à ces prisonniers russes une punition pareille? Vous avez vous leurs faces violacées Léopold. Si ça continue, ils vont mourir de froid ! Si vous saviez comme j'ai honte de mon peuple !
Pas sûr que le mien se comporte mieux avec les vôtres. Violence, cruauté et vexations : c'est le lot commun de la guerre ma chère. J'ai honte moi aussi mais je dois avouer que parfois je détourne mon regard pour ne pas croiser les yeux agonisants de ces pauvres Russes.
Ou leurs mains décharnées qui mendient quelque chose à manger. Dieu les protège !
Ce ne sont plus que des squelettes d'humains. De pauvres hères en haillons. C'est un miracle qu'ils tiennent encore debout.
Sans doute la plupart ne comprennent même pas pourquoi ils sont là. A des milliers de kilomètres de chez eux, victimes d'un conflit planétaire qui les dépasse complètement. Emportés malgré eux dans cette machine infernale à broyer les peuples. Slaves, Russes, Mongoles, Tartares, vu leurs physionomies, ils viennent de toute la Russie.
La Reithalle était moins sinistre au début de l'occupation. Quand elle abritait vos grandes fêtes militaires. Ou vos cérémonies protestantes.
Ou quand les Champs Élysées accueillait Guillaume 2.
En effet. Il a dû venir ici une bonne douzaine de fois au moins !
Oui. De mémoire sa dernière visite date d'août dernier. Les Champs étaient remplis de gendarmes et de soldats pour protéger le convoi impérial.
Mieux valait encore le faste militaire et la sécurité draconienne des visites de votre Kaiser que le spectacle de ces malheureux bougres en plein vent.
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