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Les hôpitaux militaires allemands - Le Lycée Henri Martin

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Les hôpitaux militaires allemands - Le Lycée Henri Martin

Date : juillet 1916 - En pleine bataille de la Somme, Léopold console Anelie confrontée à l'hôpital à la violence et l'horreur des combats.

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Juillet 1916
Ville étape pour les troupes allemandes, Saint-Quentin est aussi un poste sanitaire de première importance tout au long du conflit. La ville compte au moins 7 hôpitaux militaires principaux au nombre desquels le Palais de Fervaques et le Lycée Henri Martin. Ancien état major des anglais en août 1914, ce dernier est réservé aux maladies non liées aux combats. En juillet 1916, avec l'offensive alliée sur la Somme, le nombre de blessés s'accroît considérablement à Saint-Quentin.
Impossible de savoir ce qui se passe dans la Somme. Comme tout ici, la presse est allemande et les quelques communiqués militaires affichés rue d'Alsace au siège de l'Inspection d'Etape sont aussi lacunaires que partisans. Dire que mes fils combattent là bas peut-être. Je n'ai aucune nouvelle depuis leur départ au front et rigoureusement aucun moyen d'en obtenir.
Une chose est sûre, c'est une offensive d'envergure. Vu le ballet des ambulances en ville. Vu les convois de blessés qui s'étirent de la gare aux différents hôpitaux. Même la Basilique a été transformée provisoirement en salle de soins.
J'ai recroisé aujourd'hui cette nonne remarquée voilà un an au marché. Assise sur les marches du Palais de Fervaques, elle était prostrée, la tête dans les genoux, pleurant à chaudes larmes, presque en état de choc. Au diable les convenances et les conséquences : je suis allé lui parler afin d'essayer de la consoler.
Cher Ludwig,
Je n'ose imaginer les terribles épreuves que tu dois traverser dans les tranchées de la Somme. Les blessures de tes camarades me laissent figurer un enfer dont je prie le Ciel que tu sortes indemne.
Depuis le début de l'offensive mon quotidien a été bouleversé. Habituellement affectée au Lycée et cantonnée aux typhus et autres pneumonies, je découvre au Palais de Fervaques les ravages de la guerre sur les hommes. J'ai assisté aujourd'hui un chirurgien pour une amputation. Je te l'avoue humblement petit frère : j'ai craqué. Malgré la promesse que je m'étais faite de tenir bon. Et le croiras-tu ? C'est un Français qui est venu me réconforter. Dût-on me poursuivre pour intelligence avec l'ennemi, j'aimerais que cet homme devienne mon ami. Rarement on m'avait parlé avec autant de justesse. Ça m'a profondément touchée.
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