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Quai de Seine, côté fleuve

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Quai de Seine, côté fleuve

Le Quai de Seine, côté fleuve avec la Seine et le Loing

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Le quai de Seine côté fleuve
Monsieur ! excusez-moi...
Oui ?
Je cherche le quai de Seine...
Mais vous y êtes.
On m'a parlé de la trace d'un grand gouvernail de péniche...
Ah, mais pour le voir, il vous faut descendre sur le quai. Prenez les escaliers, et arrivée en bas, tournez à droite.
Mais pourquoi a-t-on souhaité creuser cette forme dans le quai ?
Ce sont les mariniers qui ont voulu laisser un souvenir.
Un souvenir ?
Ah...vous n'êtes pas d'ici...Bien...alors, voyez-vous, il y a de cela quelques années déjà, la ville était tout entière consacrée au transport fluvial. Il faut imaginer qu'au début de ce siècle, on comptait bien 300 péniches en stationnement ici, sur le port. Elles venaient surtout du canal de Loing, pour rejoindre la Seine et les grands marchés parisiens. Sauf que nos canalous, comme on appelait ceux qui naviguaient sur le canal, ils n'étaient pas habitués à la Seine et à ses dangers, alors ici, à St Mammès, des pilotes prenaient en charge leurs péniches. Elles partaient toutes en convoi jusqu'à Paris : donc pas besoin de gouvernail, on le laissait à terre.
Vous voulez dire qu'ils abandonnaient leur péniche ?
Surtout pas ! Non...la femme et les enfants descendaient, l'homme souvent, accompagnait le pilote.
La femme ? les enfants ?
Mais on vit sur une péniche avec toute sa famille ! Oh là !...je crois que je vais commencer par le début...
Voyez-vous, nous sommes ici au point de rencontre de plusieurs voies d'eau. La Seine, mais aussi son affluent : le Loing, et surtout grâce au canal de Loing qui commence à deux pas, vous pouvez rejoindre toutes les voies navigables traversant le centre et l'ouest de la France. De Londres à Nice, on passait toujours par St Mammès ! Avant les moteurs, les bateaux utilisaient le courant naturel de la Seine pour avancer : du coup, les villages en amont de Paris, comme St Mammès, recevaient beaucoup de passages. Et au 19ème siècle, avec le développement des activités industrielles, c'est toute la batellerie qui prospère, et le village avec... alors comme on vient de loin, et même de très loin, pour transporter du charbon, du bois, du vin, du fer...vers la capitale, on voyage en famille, toute l'année.
Mais je ne les vois plus ces péniches, où sont-elles ?
Mais aujourd'hui, pour le transport, il y a des camions, des trains, des avions...que sais-je ! En plus, le canal a été construit pour un gabarit de péniche de 380 tonnes, le fameux gabarit Freycinet. Mais qui peut vivre aujourd'hui avec 380 tonnes ? sur la Seine, les péniches d'aujourd'hui transportent jusqu'à 1600 tonnes...
Alors c'est la crise ?
Eh oui. La commune s'est tournée vers la marine de plaisance, et a ouvert une halte fluviale. Vous la voyez sur le port. Mais la mémoire des canalous est toujours très présente. Regardez ces photos sur le quai. Il s'agit de lieux qui ont marqué les mariniers. Des ponts comme Auxerre ou Joigny, et des écluses aussi : Apremont et Nemours...des souvenirs de toute une vie.
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