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Reconstruction Intra-Muros après la Libération

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Reconstruction Intra-Muros après la Libération

Après la seconde Guerre mondiale, les travaux de reconstruction d'Intra-Muros dureront jusqu'en 1960. Mais ce n'est qu'en 1972 qu'ils seront définitivement achevés, le jour ou la cathédrale retrouvera enfin son clocher.

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4 aout 1944 : les américains rentrent dans St-Malo. C'est la Libération ! Les combats vont durer 10 jours.
"Quand les américains vont se rapprocher des côtes, ils vont focaliser leur attention sur Intra-Muros. Ils vont largement surévaluer les effectifs allemands ce qui fait qu'ils vont bombarder la ville à outrance avec des obus incendiaires, ce qui aura pour effet de détruire 80% d'Intra-Muros."
"Le déblaiement va être relativement long parce qu'on a affaire à une ville close. Donc ça veut dire qu'à partir des portes il faut dégager les rues principales, des rues principales dégager les rues adjacentes et de là, pouvoir atteindre les déblais et les évacuer vers l'extérieur. En plus, c'est un travail qui se fait avec des charrettes à chevaux, donc c'est très très lent ! Ce qui explique que ça va prendre 3 ans, rien que pour déblayer."
Pour la reconstruction, 3 solutions sont envisagées : la première serait de laisser le site en état pour en faire un monument aux martyrs. La deuxième prévoit de reconstruire rapidement des bâtiments modernes. Enfin, la troisième, celle qui sera finalement choisie, consiste en une reconstruction à l'identique, ou presque.
"L'idée c'est que l'Intra-Muros d'après-guerre ressemble à l'Intra-Muros d'avant-guerre. Donc, en gros, que le profil de la ville vue de l'extérieur soit le même ; avec des immeubles qui ont une certaine proportion par rapport aux remparts, le clocher de la cathédrale qui doit avoir les mêmes proportions aussi... Maintenant, pour ce qui est de l'intérieur de la ville, ça a été relativement transformé, même si on n'a parlé d'une reconstruction à l'identique !
L'intra-muros avant-guerre, c'était une véritable marqueterie avec plein de petits toits dans tous les sens ! Aujourd'hui, quand on voit Saint-Malo vu d'en haut, on voit les grands toits des immeubles mais les petits toits des petites maisons ont disparu. Donc c'est sûr, vu de dessus, ça a beaucoup changé.
Au-delà du fait qu'on va avoir beaucoup d'immeubles en pierre, donc un paysage qui est beaucoup plus minéral qu'avant-guerre, on va avoir aussi des élargissements des rues, principalement pour la circulation automobile : le plan des rues a été respecté mais effectivement, on a un peu élargi les rues."
Une centaine de maisons encore debout mais fragilisées par les bombardements retient l'attention de l'administration des Monuments Historiques.
"Ils décident, pour cette centaine d'immeubles, un démontage des façades, pierre par pierre, avec numérotation des pierres de façon, après, à pouvoir reconstruire ces immeubles avec exactement les mêmes pierres aux mêmes endroits ! Mais vu le temps et le prix que ça va coûter, eh bien sur la grosse centaine d'immeubles prévus, il n'y en aura qu'une trentaine qui auront droit à ce régime de faveur. Il y a un immeuble aujourd'hui qui porte encore ces pierres numérotées, c'est le numéro 25 de la rue de Toulouse, c'est un témoignage unique !"
Les travaux de reconstruction d'Intra-Muros dureront 12 ans, jusqu'en 1960. Mais ce n'est qu'en 1972 qu'ils seront définitivement achevés, le jour ou la cathédrale retrouvera enfin son clocher, plus de 28 ans après son effondrement.
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