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Maison d'éducation de la Légion d'Honneur

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Maison d'éducation de la Légion d'Honneur

Elle occupe les bâtiments de l'ancienne abbaye royale construite au 7ème siècle, puis reconstruite au début du 18ème.

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Elle occupe les bâtiments de l'ancienne abbaye royale construite au 7 ème siècle, puis reconstruite au début du 18 ème .
C'est ici, dans la salle des gardes du roi, que l'on rendait, après sa mort, un dernier hommage au souverain. Une réplique de la dépouille, en cire ou en bois, était installée dans une des salles. On habillait alors ce mannequin, on lui apportait de la nourriture ... Un rite qui durait 40 jours, puis on prononçait la célèbre formule :
Le roi est mort, vive le roi !
Le vrai corps du défunt monarque pouvait alors être enterré. Et son successeur, après cette période de deuil, pouvait commencer son règne.
Après la Révolution française, les moines sont chassés de l'abbaye, mais une seconde vie l'attend, à partir du début 19 ème siècle.
Napoléon crée la légion d'honneur. Levez la tête. On en aperçoit les insignes au dessus du portail, tout près du portrait en médaillon de l'Empereur .
Il s'agit d'une étoile à 5 rayons reliés en leur milieu par une couronne de chêne et de lauriers. Le chêne, symbole de la force. Et le laurier, symbole de la gloire.
Avec cet ordre, je veux rendre hommage à ceux qui vaillamment sont tombés. Je veux aussi subvenir aux besoins de leur descendance.
Napoléon décide de créer des maisons d'éducation, la première à Ecouen, l'autre ici même, dans l'ancienne abbaye royale.
Il s'agit à présent d'un lycée pour jeunes filles, placé sous l'autorité d'un grand chancelier nommé par le président de la République.
Ici, chaque élève porte, aujourd'hui encore, un uniforme, comme nous le dit l'une d'elle, Jason :
" Nous avons un chemisier blanc avec une collerette, une robe à manches longues bleu marine, des mocassins et une ceinture qui représente notre niveau. Donc là, la ceinture de terminale, la ceinture multicolore... Nous la portons en diagonale, avec un petit noeud sur le côté, le symbole des terminales. "
Autre principe immuable, celui de l'internat, obligatoire pour toutes les jeunes filles.
Autrement dit, on s'occupe ici à la fois de l'enseignement et de l'éducation, comme l'explique Huguette Peirs , la 19 ème surintendante de l'histoire de l'établissement :
" Nous avons un corps de chargés d'éducation, qui permet à toutes ces demoiselles, d'acquérir les bonnes manières nécessaires pour bien se conduire dans la vie sociale actuelle. Cela signifie tout simplement que l'on exige d'elles qu'elles saluent, qu'elles disent bonjour, qu'elles disent au revoir, qu'elles ouvrent les portes, qu'elles s'effacent devant une porte, qu'elles se lèvent quand on rentre, qu'elles saluent avec amabilité, qu'elles sachent aussi, lorsqu'on reçoit des invités officiels, les regarder clairement, parler avec le sourire, être tout à fait bien à la fois et dans leurs têtes et dans leurs corps. "
Il est vrai que les invités de prestige ne manquent pas, que ce soit pour la reconstitution de la bataille d'Austerlitz, tous les 2 décembre, ou bien pour un certain événement musical que Solenne, élève de terminale, attend avec impatience, avec un peu de trac aussi :
" Le président de la République est invité chaque année à un concert dit ?présidentiel? où les demoiselles de la légion d'honneur chantent pour le président. On est très émues de chanter la marseillaise au début du concert. C'est quand même un grand moment. Tout le monde est debout. Le président de la République arrive, remonte l'allée et savoir qu'on est 500 à chanter La Marseillaise devant lui, c'est quand même un symbole, c'est quand même émouvant. "
La Maison d'éducation de la Légion d'honneur résonne aussi avec d'autres mélodies, chaque année au mois de juin, avec certains concerts du Festival de Saint Denis. Regardez, à votre droite. Comme l'indique la plaque, à l'entrée, c'est dans ce bâtiment, à votre droite, que l'on élabore la programmation de cette incontournable manifestation. Tout en se concentrant sur la musique classique, elle joue la carte du métissage.
Créé à la fin des années 60, le Festival de Saint Denis invite des musiciens de premier plan, tel le chef Jean-Claude Casadessus. Il ouvre toutes grandes les portes de la musique classique. Des artistes se rendent ainsi dans les écoles pour faire découvrir à environ 15 000 enfants chaque année les oeuvres qu'ils pourront ensuite écouter lors des répétitions générales, la veille des concerts. De la même façon, régulièrement, le Festival s'exporte vers les quartiers périphériques. Autre initiative, à chaque édition, un compositeur peu familier de la musique classique est invité à créer une oeuvre religieuse, destinée à être interprétée au sein de la basilique. C'était le cas pour Bruno Coulais, l'auteur de la musique du film Les Choristes, qui a signé en 2005 un étonnant Stabat Mater.
Avant lui, Goran Bregovic, compositeur de bandes originales pour Kusturica, s'était illustré avec un oratorio. Un moment inoubliable, comme le raconte Lionel Audigier, l'administrateur du Festival :
" Tout le public de la basilique s'est levé et il y a des coussins que l'on met sur les sièges. Et tous ces coussins ont volé en l'air, dans la joie, dans l'espèce de folie d'après concert, comme des frisbees qui volaient partout dans la basilique. C'est un moment fort. "
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