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Epinay sur Seine - Eglise des Missions

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Epinay sur Seine - Eglise des Missions

Classée monument historique en 1994, l'église des missions possède deux dates de naissance.

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Classée monument historique en 1994, l'église des missions possède deux dates de naissance. Elle a été érigée ici, à Epinay, en 1933, mais elle avait eu une autre vie, deux ans auparavant.
Une vie antérieure, comment ça ?
Oui, elle a été construite pour la première fois à Vincennes, en 1931, pour une occasion bien particulière. Ecoutez plutôt.
Particulièrement couru dans cette exposition coloniale, le pavillon des missions. La foule s'y presse pour découvrir une église d'un genre nouveau, une église signée par le talentueux architecte Paul Tournon et qui permet à l'homme et à l'âme d'entreprendre un long voyage dans la foi.
Décidément, je ne comprends pas, l'église des missions était à Vincennes, et elle est aujourd'hui sous nos yeux, à une vingtaine de kilomètres de là... c'est un miracle ? Elle a été reconstruite à l'identique ?
Non, elle a été en grande partie déplacée, comme nous l'explique Maurice Lagrange, le vice-président des amis de Notre-dame des Missions :
" On l'a transportée en morceaux. Les peintures étaient sur toiles marouflées, donc on pouvait les rouler avec beaucoup de précaution. Les vitraux pouvaient être déposés et reposés. "
Une précision, tout de même : à l'origine, l'église était en bois. Ce n'est qu'ici qu'elle a été bâtie en béton, un matériau très prisé à l'époque.
L'édifice, vous l'aurez compris, est marqué par une idéologie aujourd'hui dépassée et forcément controversée. Il s'agit en effet de mettre en valeur l'action civilisatrice de la France catholique dans ses colonies.
L'architecture, ici, s'allie à la sculpture pour devenir symbole. Levez la tête. Vous apercevez le clocher, à droite. Il évoque le minaret d'une mosquée.
Oui, et la croix est plantée sur un globe terrestre !
Les angles du clocher se terminent par des sculptures. Regardez bien, on y retrouve différentes origines ethniques : un Européen, un Africain, un Sud-américain et un Asiatique.
Quant à la façade, elle nous rappelle la présence des missionnaires catholiques en Asie.
C'est vrai, on dirait une pagode, là, juste au-dessus du portail !
Regardez aussi les grès émaillés, sur la quasi totalité de la façade, avec tantôt des décorations végétales, tantôt des idéogrammes.
Et ne manquez pas non plus de jeter un oeil à la vierge à l'enfant, en haut de la façade, la vierge qui terrasse le serpent, symbole du mal.
Cette église, c'est aussi une ambiance singulière, à l'intérieur. Si vous souhaitez entrer, après avoir éteint votre portable, contournez l'édifice par la gauche.
A l'intérieur, tout comme pour la façade et le clocher, plusieurs artistes ont mis leur talent au service de la foi.
On trouve ainsi des fresques chronologiques qui retracent l'évangélisation des différents pays. On commence avec le premier tableau, à gauche, tout près de l'autel lorsqu'on lui fait face : il présente l'extension du christianisme au Moyen-Orient, dans le monde romain et dans le monde grec, à partir du premier siècle. Cet aperçu historique se termine dans la première travée de droite, avec un panneau résumant l'histoire du Christianisme en Afrique aux 19 ème et 20 ème siècles.
On découvre aussi, de part et d'autre de l'autel, verticalement, des inscriptions chronologiques avec les différents saints et leur action d'évangélisation.
Les anciens m'ont parlé de drapeaux...
C'est la seule chose qui ait véritablement changé... Ces drapeaux des différents pays convertis au christianisme flottaient jadis en haut de la nef. Ils ont disparu. Sans doute parce qu'ils évoquaient trop un esprit de conquête.
Non loin d'ici, un autre lieu chargé d'histoire mérite le détour. C'est l'île Saint Denis.
On parle de l'île Saint Denis. Et pourtant, début 19 ème , on aurait parlé des îles Saint Denis. 4 exactement, jusqu'à ce que les fossés qui les séparaient aient été progressivement comblés. A l'époque, on y trouve un port d'amarrage où l'on croise pêcheurs et mariniers. Non loin de là, les blanchisseuses s'affairent, au bord du fleuve. < Avec le développement du train et la construction de ponts, les Parisiens sont bientôt de plus en plus nombreux à venir s'y prélasser au bord de l'eau, dans un cadre verdoyant.
Et puis il y a aussi les guinguettes où l'alcool et la musique font tourner les têtes. A l'intérieur du parc, le Pavillon d'accueil, à la fois lieu d'exposition et buvette, est là pour rappeler leur architecture et leur ambiance.
Ce cadre enchanteur est fréquenté aussi par les impressionnistes, fin 19 ème . Ces peintres, délaissant l'académisme, et désertant leurs ateliers, choisissent d'exercer leur talent en plein air. Alfred Sisley, notamment, signe ? le pont de l'Ile-Saint-Denis ?, un célèbre tableau aujourd'hui exposé au musée d'Orsay, à Paris. Un " parcours des impressionnistes " permet aujourd'hui de marcher dans les pas des Manet et autres Berthe Morissot.
Et c'est sur cette île qu'a grandi Jean-Baptiste Clément, un protagoniste de la commune de Paris. C'est lui qui a écrit les paroles du Temps des Cerises.
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