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Place du Martray

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Place du Martray

Imaginez, sur la place, les étales des marchands à touche-touche et les clients bourgeois ou modestes...

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Nous sommes Place du Martray.
Positionnez-vous sous le porche métallique grenat des anciennes halles de Saint-Brieuc...
Ces halles sont construites, comme leur architecture le montre, à l'époque de Gustave Eiffel... Elles sont classées Monument Historique depuis 1986.
Le 21e siècle s'efface, et le temps remonte jusqu'à la fin du Moyen Age...
Imaginez, sur la place, les étales des marchands à touche-touche et les clients bourgeois ou modestes qui grouillent et arpentent les allées du marché. Légumes et poissons en pagaille libèrent leurs senteurs. Les toiles de lin et les soieries se déplient sous l'oeil des belles acheteuses ravies...
Un homme chante Ma chevelure est un trésor
M'assure t'on...
Ma chevelure est un trésor
Belle toison...
Ce chant étrange ?...
C'est un marchand qui invite les jeunes femmes pauvres à se faire couper les cheveux contre quelques couronnes. Ce sont les mèches brunes et blondes qui ont le plus grand succès. Bien plus que les rousses, peu prisées à l'époque !
Et que fait-il de tous ces cheveux ?...
Ils servent à confectionner des perruques pour les riches et les chauves et au 19ème siècle, ils ornent aussi les casques des soldats dragons et des cuirassiers!
Ma chevelure est un trésor
M'assure t'on...
Ma chevelure est un trésor
Belle toison...
Claude Chabrol nous donne la réponse dans son adaptation cinématographique du roman de Pierre Jakez Hélias Le Cheval d'Orgueil ...
La jeune paysanne : Et ils iront où mes cheveux ?...
Le coiffeur : Sur un chauve ma belle...Tu vas faire un heureux, t'sais... Un beau dragon ou un cuirassier peut-être...
Le gaillard coupe les cheveux par poignées. Il peine.
Le coiffeur : .. Ah... Ils sont durs tes cheveux... Et voilà !...
Le couple sort de la tente. Le gaillard donne une pièce à la paysanne morose.
Le coiffeur : .. Eh, lève la tête là !... On dirait que tu viens de faire une passe !...
La paysanne s'éloigne rapidement.
Le coiffeur (chante) :
Ma chevelure est un trésor
M'assure-t-on !...
Villageois enjoué annonce : Mais ce soir sur la Place du Martray, c'est "La table du Jambon", la grande fête que notre bon Seigneur de l'Epine Guen, bras droit de l'évêque organise comme chaque année avec jambon et musique à profusion !
Aujourd'hui ces ripailles du Moyen Âge se perpétuent, et se sont transformées en "Nocturnes", le festival d'été qui célèbre les arts vivants sur la Place du Martray et dans les rues de Saint-Brieuc.
Regardez la cathédrale, complètement sur votre droite.
Vous voyez les encoches creusées sur les contreforts ?
C'est là, qu'autrefois, les commerçants accrochaient leurs échoppes afin d'étaler et vendre leurs marchandises.
Tournez-vous légèrement sur votre gauche.
Le côté de la cathédrale Saint-Etienne que nous voyons est la face Nord de l'édifice. Celle qui donne vers la baie, qui regarde vers le large...
A l'extérieur de la cathédrale, là ou nous nous tenons, se trouvait jadis le cimetière de la cité, balayé par les embruns...
La tour du clocher est ornée de deux gargouilles.
La première est placée sous la pendule à la base du clocher... Vous la voyez ?
Et la seconde où est-elle ?...
Là, regardez. En bas du toit en escalier...
Elle ressemble à un lapin.
Et plus bas, à hauteur d'yeux, entre les contreforts, le Saint Chiot...
Appelé aussi le Saint-Chiou car il s'agit des latrines publiques du 15ème siècle qui étaient installées alors...à l'intérieur de la cathédrale !...
L'édifice, véritable coeur populaire de la ville, servait de lieu de réunion mais aussi de refuge en cas d'invasion...
Restons dans l'esprit du Moyen Age, car à deux pas nous attend la plus ancienne maison à pan de bois de Saint-Brieuc...
Tout en écoutant le commentaire, empruntez la sortie gauche des anciennes Halles. Prenez alors la rue Fardel. Avancez jusqu'à l'habitation ocre et jaune, sur votre droite : au n? 32.
Pendant ce court chemin, Cécile Jaouen guide hôtesse de l'Office de Tourisme de Saint-Brieuc nous raconte l'histoire des maisons à pans de bois.
Alors les maisons à pans de bois de la ville ont été construites entre le 15e et le 18e siècle dans un quartier que l'on traverse autour des rues Fardel, Quincaine, Place au Lin ou Place du Martray. La situation géographique de ces maisons n'est pas le fruit du hasard. On est ici autour d'une voie royale permettant la traversée de ville d'Est en Ouest, de Morlaix vers Rennes... Un passage incessant doublé d'un commerce qui s'organisait autour de la cathédrale. Ce commerce se faisait aux abords de l'Hôtel Ducs de Bretagne ou encore de l'Hôtel du Ribeault situés de part et d'autre de la rue Fardel. Les commerçants se faisaient aménager leur échoppe au rez-de-chaussée et permettaient des échanges réguliers avec les visiteurs extérieurs mais aussi locaux...
Le n? 32 de la rue Fardel s'appelle la Maison Ribeault...
La maison du Ribeault fait partie des plus beaux exemples de pan de bois à Saint-Brieuc. Elle a été construite au 15e siècle et reflète toute la richesse et la prospérité économique de la ville à cette époque. En effet, les propriétaires à l'origine n'ont pas hésité à inclure sur la façade en bois en chêne un certain nombre de détails sculptés sous forme de sablières, motifs floraux et végétaux mais aussi petits masques au rez-de-chaussée notamment. Levez les yeux, et au troisième niveau vous apercevrez deux petites statues qui encadrent la fenêtre à meneaux. L'une d'elle porte un coquillage symbolique sur son chapeau. Sans doute synonyme d'un passage de pèlerinage dans la ville, vers Saint-Jacques de Compostelle...
L'origine du nom de cette maison est double. Il y a à la fois une référence à la famille propriétaire, la famille des constructeurs de la maison, la famille des Ribeault. Ils ont à la fois participé aux états de Bretagne et ont ainsi représenté la ville au 16e siècle, et ils sont également famille de commerçants dans le secteur de la toile, de la toile de lin... L'autre appellation fait référence aux ribaudes. Alors dans la ville, on les trouvait dans les auberges populaires et dans les bas quartiers. Les ribaudières ou les ribaudes étant les femmes légères... Nous les retrouvions près de l'ancienne chapelle du quartier piétonnier de la rue Saint Guillaume. Chapelle dans laquelle elle se faisait emmurer de manière à se faire expier leurs fautes...
Partons maintenant à la découverte de la Place Louis Guilloux où Marie Stuart, le griffon, et Brieuc - le saint - nous attendent.
Continuez la rue jusqu'au bout, puis traversez la rue Pohel.
Vous parvenez à la Place pavée Louis Guilloux. Placez-vous en son milieu.
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