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Les Promenades

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Les Promenades

C'est par le négoce maritime international que Saint Brieuc se développa.

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Nous sommes à l'entrée du parc des Promenades. Empruntez l'allée qui longe le Palais de Justice et avancez en écoutant le texte jusqu'aux grilles opposées qui donnent sur la vallée du Gouédic.
Octave-Louis Aubert, le directeur de la revue La Bretagne Touristique décrit au début du 20 ème siècle le vaste jardin public appelé aussi Les Grandes Promenades...
Octave-Louis Aubert : Sur plus de 2 km de longueur, un boulevard suspendu surplombe la luxuriante vallée du Gouédic et épouse les gonflements et les creux du coteau dont les multiples assises s'étalent en pente douce sous la verdure des prairies, jusqu'au bord du ruisseau qui saute, léger, sur les pierres en sifflotant ce qui lui plaît...
Au détour des allées surgissent parmi une grande variété d'arbres et de fleurs en massif, des sculptures d'artistes briochins. Parmi elles, La forme se dégageant de la matière de Paul Le Goff.
Plusieurs célébrités sont nées dans la baie de Saint-Brieuc : Lucien Tanguy marchand de couleur et ami des peintres Pissaro, Cézanne et Gauguin... Van Gogh l'a immortalisé dans son célèbre tableau Le père Tanguy...
Bernard Hinault le cycliste qui remporte le Tour de France à cinq reprises, et l'acteur regretté Patrick Dewaere ont vu aussi le jour ici...
Un autre briochin a particulièrement marqué Saint-Brieuc et sa région : l'ingénieur des Ponts et Chaussées Harel de la Noû...
Une fois arrivé aux grilles qui dominent la vallée du Gouédic. Regardez sur votre droite.
Vous voyez l'ancienne gare en brique et en acier ?... Cette bichromie est la marque de fabrique des réalisations d'Harel de la Noû. Ecoutons-le raconter son parcours...
Harel de La Noû : Vous savez, je fus un élève bien médiocre et mon rang de classement à l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées ne me permit pas un large choix d'affectation. Pendant 25 longues années, je dirige bon nombre de travaux à Rodez, Quimper, à Nevers aussi mais surtout dans la Sarthe... C'est en 1901 que je retourne à Saint-Brieuc, ma ville de naissance. Et je m'attelle avec ardeur à la création de 230 kilomètres de voies ferrées départementales. Je conçois alors des gares, des ponts et des viaducs composés d'acier et de brique. Mais lors de la première guerre mondiale, le béton de pauvre qualité fragilise mes réalisations, et pendant longtemps, on doit renforcer mes ouvrages. Cela ternira ma fin de carrière...
Vous savez, je fus élève à l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées et une fois mes études terminées, j'ai dirigé pendant vingt-cinq ans un grand nombre de travaux à Rodez, Quimper, à Nevers mais aussi et surtout dans la Sarthe. C'est en 1901 que je retourne à Saint-Brieuc, ma ville de naissance.
Et je m'attelle avec ardeur à la création de 230 kilomètres de voies ferrées départementales. Je conçois alors des gares, des ponts et des viaducs composés de béton, de briques et d'acier. Ma "marque de fabrique tricolore" si j'ose dire...
Les voies ferrées d'Harel de la Noû ont accueilli longtemps un petit train qui sillonnait la région. Un voyageur se souvient ...
A l'époque, les étudiants avaient comme job d'aller travailler dans le petit train... Et moi donc en 1949, j'étais en fac de Droit et puis je suis allé au petit train. Et j'avoue que j'ai découvert un monde vraiment à part parce que le petit train, on ne le dit pas, mais il transportait non seulement des voyageurs, mais également des marchandises et puis des animaux parce qu'il y avait des chiens, des chats, des chèvres mais aussi des cochons...
Une autre figure célèbre de la ville est sans nul doute Louis Guilloux, né en 1899 et mort en 1980 à Saint-Brieuc. D'origine modeste, l'écrivain garde toujours un attachement sincère au monde du prolétariat qu'il dépeint dans ses nombreux récits. Nous le retrouvons en 1935 avec notre journaliste Germaine Langlois, alors qu'il manque de peu le Prix Goncourt.
Lors de cet entretien imaginaire, les affirmations de Louis Guilloux sont ses propres citations...
Germaine Langlois : Chers amis, c'est avec joie que je vous retrouve au micro de Radio Armor en compagnie du plus célèbre des écrivains du moment Louis Guilloux ...Cher Louis, alors que votre roman Le sang noir partait favori pour le prix Goncourt de cette année 1935, vous êtes écarté au dernier moment. C'est le tollé dans les milieux littéraires parisiens. Vos amis Camus, Gide et Malraux s'indignent. Les journaux prennent votre parti. Et vous, vous vous réfugiez loin du chaos dans votre ville natale, Saint-Brieuc dont vous vous amusez à maquiller les noms des rues au fil de vos nombreux romans...
Cher Louis, le Goncourt n'est pas une fin en soi et le plus important n'est-il pas ce qui vous écrivez au fil des pages ?
Louis Guilloux (45 ans): Oui, mais comment laisser derrière soi tous ces papiers sur lesquels on n'aura aucune prise ? Plus question de rien reprendre, plus question du moindre "repentir". Les choses resteront comme on les trouvera...
Germaine Langlois : Et à force de toujours écrire sur les pas de votre enfance et sur votre région natale, n'avez-vous pas envie d'écrire une biographie ?
Louis Guilloux : On ne fait pas de biographie ! Le plus important, c'est tout ce qui est dit dans les livres...
Germaine Langlois : Alors peut-être une correspondance avec vos grands amis écrivains ?
Louis Guilloux : J'ai toujours été très mauvais épistolier, un correspondant très capricieux... Dans ma prime jeunesse, j'avais la lettre assez facile ; mais désormais, cela m'arrive très rarement...
Germaine Langlois : Cher Louis, en parlant de vos écrits, vous utilisez souvent le mot "paperasses". Cela n'est-il pas un peu péjoratif ?
Louis Guilloux : Non, et je finirai bien au soir de ma vie par mettre un d'ordre dans le fatras de mes paperasses...
Germaine Langlois: Grâce à Dieu, nous n'en sommes pas là, mais hélas il faut déjà rendre l'antenne. Un dernier mot pour nos auditeurs Louis Guilloux ?
Louis Guilloux : Bonsoir, je retourne à mes paperasses, elles me font rêver...
L'Office de Tourisme de Saint-Brieuc propose un parcours Louis Guilloux où chaque rue est rebaptisée en fonction de l'oeuvre du romancier. Contactez-le pour obtenir tous les renseignements sur ce circuit original et littéraire...
Mais laissons le dernier mot à Garin de Lamorflan, notre gentilhomme voyageur du 19e siècle qui pose un ultime regard sur Saint-Brieuc et ses plages...
Garin de Lamorflan : Ce qui fait le plus grand charme de Saint-Brieuc, c'est cette campagne qui l'environne, ce sont les promenades qui l'ombragent, ce sont les les milles excursions que de tous cotés l'on peut faire à deux lieues à la ronde ; tantôt, du haut des falaises, se déroule sous les yeux le panorama splendide de l'océan. Tantôt à l'intérieur des terres, l'oeil se repose sur un paysage d'une variété de sites admirables...
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