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Voves

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Voves

Ici se tenaient les anciennes douches du camp, où les hommes venaient se laver.

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Nous sommes à Voves, sur le site de l'ancien camp de concentration.
Vous pouvez vous installer sous le préau vers la plaque commémorative.
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Ici se tenaient les anciennes douches du camp, où les hommes venaient se laver.
Au total, quelques 10 000 prisonniers de guerre ont été captifs ici au début de seconde guerre mondiale.
Puis, début 1942, des internés politiques, résistants, arrivent.
Imaginez à quoi ressemblait ce camp : il était construit en deux parties. Ici les internés. De l'autre coté de la route les logements des gendarmes. Les détenus vivaient dans des baraques, une cinquantaine environ. Tout autour : des barbelés sur 3 mètres de haut, des guérites, des miradors.
Eh, regardez au sol. Cette trappe ? C'est l'entrée d'un cachot ?
Non, c'est l'entrée d'un tunnel secret creusé pendant près de trois mois par les internés. 148 mètres de long ! Et tout était prévu : l'électricité, l'aération...
C'est par là que dans la nuit du 5 au 6 mai 1944, 42 détenus s'évadent.
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Etienne Egret, secrétaire du Comité du Souvenir du Camp de Voves :
"Ils avaient des outils adaptés qu'ils se sont construits eux même à l'intérieur du camp. Genre de pelles, genre de pioches, de piques. Où mettre la terre ? Bonne question. Tout d'abord, ils l'ont stockée dans le faux plafond des douches, mais ça n'a pas pu durer bien longtemps car ça prenait des formes inquiétantes. Après ils avaient des jardinières à deux extrémités du camp, alors ils ont été mettre de la terre là bas. Et puis il y a eu un bombardement du camp. La bombe est tombée du côté des gendarmes, ça a fait 19 morts et 25 blessés. Et les internés ont dit au directeur : " Dites donc, si ça recommence, il faudrait peut être bien qu'on ait des tranchées pour nous mettre à l'abri. " Il a accepté qu'ils creusent des tranchées et bien ces jours là, le hasard a fait qu'il y a eu beaucoup de tranchées creusées autour de la baraque des douches ! "
Une histoire qui oe dit-on- a inspiré le scénario de " La Grande Evasion " avec Steeve Mac Queen.
Au total, on a recensé 20 évasions à Voves. Lorsque la plaque commémorative qui est près de nous a été gravée, bien moins étaient recensées.
Vous voulez en savoir plus sur ces évasions ? Appuyez sur la touche Etoile.
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S'évader. C'était l'obsession des détenus du camp de Voves qui gardent le contact avec l'extérieur et la Résistance grâce à une radio clandestine cachée dans la baraque des douches. Et pour se faire la belle, toutes les idées sont les bienvenues. Par exemple le 9 janvier 1943, 10 internés sortent par la porte du camp, ... déguisés en gendarmes ! L'un d'eux, Louis Dubois a raconté par écrit cette évasion " en costume " :
" Quelle émotion en passant devant le factionnaire du poste de garde puis quelques pas plus loin, devant celui qui, très galamment, nous ouvrait la porte du camp et de la liberté. Ouf ! Que de frémissements sur l'épiderme ! C'est ainsi que nous avons dû traverser la route, entrer dans le camp dortoir des gendarmes, nous esquiver dans la nuit et nous retrouver à l'arrière des baraques dortoirs. Nous étions libres ! "
Il y a encore cet important dirigeant de la Résistance qui se cache dans un tonneau vide destiné à un marchand de vinaigre.
Et cet autre caché dans une charrette de détritus. Georges Cherel. Un homme qui avait de l'humour. Avant de partir, il laisse une lettre :
" Monsieur le directeur. Je regrette de vous faire savoir que j'ai repris ma liberté pour raison de santé ... Je regrette encore une fois de vous être désagréable mais ma santé passe avant tout. Recevez Monsieur le directeur l'assurance de mon profond respect. "
Il y a aussi l'affaire du cochon.
Le cochon ?
Oui, au camp de Voves, chaque jour, des détenus de droit commun vont soigner à l'extérieur un cochon, celui d'un des gardes civils. Bizarrement, un beau matin, tous les prisonniers de droit commun sont malades. Trois résistants se portent donc candidats pour cette corvée. Ils finissent par endormir leur garde avec du chloroforme. Le tour est joué.
Au total, ce sont 82 détenus qui on réussi à s'échapper de Voves
Toutes ces évasions très organisées, permettent à des résistants de rejoindre leurs camarades de combat.
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Le camp de Voves, comme l'écrit en 1942 le préfet d'Eure et Loire, est un centre d'internement administratif. Les gardes et les gendarmes sont français, le directeur aussi.
On trouve ici de nombreux résistants, des communistes, des syndicalistes. Le plus jeune a 16 ans, le plus vieux 73.
Ces internés s'organisent. Ils vont créer une université avec des cours de mathématiques, de français, de langues étrangères, de théâtre....
André Migdal, ancien résistant, a 19 ans quand il arrive au camp. Il nous éclaire sur cette volonté farouche d'apprendre :
"C'est d'abord une volonté de s'améliorer, et en même temps c'est de nous préparer au futur combat. Pourquoi ? Parce que plus on sera armé politiquement et physiquement, plus on sera à même de servir le pays. Y a ce qu'on appelle la boxe, la lutte, l'attaque du commando, y a même l'escrime. J'ai aussi le théâtre. Pourquoi le théâtre ? C'est pas seulement pour distraire, mais c'est aussi pour se préparer à détourner l'attention des gendarmes dans les évasions. "
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Mais l'issue du séjour dans le camp de Voves est souvent dramatique
Regardez ce wagon devant nous. Il rappelle ceux qui transportaient les détenus pendant la guerre, vers les camps nazis.
Le 9 mai 1944, les 407 internés encore présents à Voves, montent dans les wagons qui les emmèneront à Compiègne puis Buchenwald et Neuengamme le plus grand camp d'Allemagne du nord.

Etienne Egret, secrétaire du Comité du Souvenir du Camp de Voves :
" Ce sont des gens qui étaient là en tant qu'otages, donc ils savaient ce qui les attendait. On en prend à tel endroit parce qu'à tel endroit il y a eu telle chose. Ils avaient une solution, la meilleure, c'était d'être libéré mais c'était assez aléatoire. Ensuite ils pouvaient être transférés sur d'autres camps en France, ils pouvaient être transférés bien sûr en Allemagne, ils pouvaient être fusillés. "
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En 1944, quand la commune est libérée, le camp servira à rassembler les prisonniers de guerre Allemands. 20 000 séjournent ici. Les derniers partiront au début de l'année 1947.
Mais, à part la trappe du tunnel, il ne reste rien du camp de Voves ?
Au sol, on peut voir quelques vestiges de murs, mais sinon tout a été démonté. Le site est devenu un lieu de souvenir. Chaque année, au mois de mai, une cérémonie est organisée.
Pour en savoir plus, n'hésitez pas à demander à visiter le musée installé dans le bâtiment près du wagon.
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Bien.
Pour connaître les informations de guidage vers notre prochaine étape, Ymonville, son moulin et ses cabanes de bergers, appuyez sur la touche étoile de votre téléphone... C'est à vous.
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Depuis le camp, revenez dans le centre de Voves et prenez la direction de Janville.
A Viabon, tournez à gauche en direction d'Ymonville.
A Ymonville, rattrapez la Route Nationale 154, tournez à droite vers Allaines. Le Moulin à vent d'Ymonville se situe à la sortie du bourg, à droite, au bout d'un chemin de terre. Nous vous y attendons
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Merci de continuer votre visite de la Route du Blé avec Allovisit, nous attendons votre appel.
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