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Maisons à Pans de Bois

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Maisons à Pans de Bois

Cette rue porte un nom très important. Saint Romain, évêque de Rouen au 7e siècle, est aussi le saint patron de la ville.

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Nous sommes rue St Romain, face au numéro 74.
Cette rue porte un nom très important. Saint Romain, évêque de Rouen au 7e siècle, est aussi le saint patron de la ville.
La légende raconte qu'à l'époque, La Gargouille, un monstre, terrorise les habitants. Saint-Romain, alors évêque de la ville, s'engage à la combattre. Il se fait aider par un condamné à mort à qui il promet, en récompense, la vie sauve.
La Gargouille sera capturée et brûlée vive, et le prisonnier libéré.
C'est ainsi que le chapitre de Rouen eut le droit de délivrer un criminel, une fois par an, le jour de l'Ascension.
Bruits de chevaux sur le pavé. Faites maintenant un voyage dans le temps. Imaginez cette même rue au Moyen Age. Musique troubadour en fond sonore Les maisons à pans de bois sont là. Une architecture utilisée à Rouen depuis les origines de la ville. Le rez-de-chaussée est occupé par une boutique. La pièce sert à la fois d'atelier et de magasin. Pour acheter, vous devez vous déplacer jusqu'à la fenêtre : l'artisan interrompt un instant son travail pour répondre à votre demande. Les étages sont réservés aux appartements privés : au premier se trouve la pièce à vivre. Au 2e, la chambre.
Mais attention ! Ne vous fiez pas aux apparences : les maisons à pans de bois sont parfois beaucoup plus grandes qu'on ne le croit ! Pour économiser sur le prix du terrain, la partie de la maison qui donne sur la rue est la plus petite, la plus étroite ! C'est ce qu'on appelle le " pignon ". Et c'est de là qu'est venue l'expression " avoir pignon sur rue ".
Bruits de marteau, tendez l'oreille : la maison à pans de bois, sur votre droite, au numéro 72, est justement en train de se construire. Une discussion commence entre le maître charpentier et la future propriétaire des lieux :
- Alors, charpentier, je m'impatiente : où en sont les travaux de ma maison ?
- M'dame, avez-vous du coeur ? Faut pas trop nous presser quand même, on vient juste de commencer la construction ! Aujourd'hui, on a ramené le chêne provenant des forêts du pays. On va maintenant utiliser ce bois pour fabriquer l'ossature de votre demeure.
- Comment appelez-vous les grosses poutres là ?
- C'est les sablières, qu'on va mettre à l'horizontal, au début de chaque étage, pour soutenir la maison. Et sur ces sablières, on mettra des poteaux de bois qui couvriront une grande partie du mur et qui seront visibles de la rue. Ce sont les pans de bois...
- Mais, dites-moi, charpentier, est-ce que ma maison sera bien solide ?
- Oh, pour ça, pas d'inquiétude, M'dame ! Nous allons ajouter du plâtre entre les pans de bois et, pour rendre votre demeure bien stable, y'aura des morceaux de bois en travers, entre les poteaux. Alors, je peux vous garantir que, votre maison, ce sera du solide. Je peux même faire le pari qu'elle sera encore debout au 21e siècle !
-Oh, oh, le charpentier, vous voilà bien prétentieux !
Regardez à nouveau vers le numéro 74 de la rue St Romain. Vous avez remarqué ? Les étages sont plus larges que le rez-de-chaussée et avancent sur la rue. C'est ce qu'on appelle un encorbellement ! De cette façon, on gagnait de la place dans la maison ! Mais surtout, cela permettait aux murs d'être protégés de la pluie ! Le problème, c'est que cela rendait les rues étroites et peu aérées... Pour des questions d'hygiène, l'encorbellement sera donc interdit au 16e siècle.
Les maisons à pans de bois ont failli disparaître du paysage rouennais. Au 18e siècle, un édit de Louis XVI impose à tous les habitants de Rouen de plâtrer leurs habitations, notamment pour réduire les risques d'incendie. A partir de cette date, le bois, qui compose toujours l'ossature des maisons, n'apparaît plus et sombre dans l'oubli. La rénovation des maisons à pans de bois date en fait du 20e siècle. A partir des années 60, les autorités se lancent dans une opération de restauration qui permet à Rouen de retrouver son charme d'autrefois...
Partons maintenant pour le palais de justice où un avocat célèbre du nom de Corneille avait l'habitude de plaider.
Prenez la direction de la cathédrale et, avant d'arriver sur le parvis, prenez la première rue à droite, la rue de la Croix de fer, où se trouve l'hôtel Mercure. Prenez ensuite la première rue à gauche, la rue St Nicolas. Au bout tournez de nouveau à gauche, dans la rue des Carmes. Vous marchez sous les arcades, sur le trottoir de gauche. Longez ces arcades puis traversez la rue pour prendre la première rue à droite, la rue aux juifs. Sur votre droite se trouve au loin un grand bâtiment qui longe pratiquement toute la rue : c'est le palais de justice. Continuez 50 mètres et arrêtez-vous sur le trottoir de gauche, face au portail du palais de justice, à l'angle de la rue aux juifs et de la rue Thouret.
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