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Gros Horloge

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Gros Horloge

Le Gros Horloge est l'une des trois plus vieilles horloges de France. Sa construction date du 14e siècle.

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Nous sommes face au Gros Horloge, positionnez-vous à l'angle de la rue Massacre et de la rue du Gros Horloge
Le Gros Horloge est l'une des trois plus vieilles horloges de France. Sa construction date du 14e siècle. Son mécanisme, logée dans la tour de droite, n'a pratiquement pas changé depuis 600 ans.
Eh... Vous n'avez pas l'impression que le commentateur fait une faute de grammaire, là ? " Le " Gros Horloge, ça choque vos oreilles, non ? Normalement en français, on dit " la " grosse horloge !
Pour comprendre tout cela, il faut remonter à l'époque où l'on parlait en latin... Le mot " horloge " était alors masculin. Quand le français s'est imposé dans le pays, le même mot est devenu féminin, à de rares exceptions près, et notamment pour désigner le fameux monument de Rouen. Voilà pourquoi on ne fait pas de faute quand on dit " Le " Gros Horloge !
La partie la plus ancienne du monument est la tour située à droite du Gros Horloge. C'est le Beffroi. Cris, bruits de foule Cette tour est détruite au 14e siècle, pour punir les Rouennais de s'être révoltés contre le pouvoir royal. En guise de pardon, les bourgeois de la ville reçoivent l'autorisation d'édifier une nouvelle tour.
Cloches du Gros Horloge Dans cette nouvelle tour ont été également installées les deux anciennes cloches de la ville : la Cache-Ribaud et la Rouvel, qui datent du 13e siècle.
Au Moyen Age, la Cache-Ribaud sonnait tous les soirs à 21 heures pour signaler le couvre-feu aux habitants de la ville ! En entendant cette cloche, les Rouennais savaient que les " ribauds ", les gens de mauvaise vie, allaient profiter de la nuit pour se cacher et essayer de les voler. C'est pour ça qu'on l'appelle la Cache-Ribaud ! L'autre cloche, la Rouvel, servait d'alarme en cas de guerre ou de combat. On la surnomme la " cloche d'argent " parce qu'elle contient de l'étain et parce que, dit-on, elle a coûté très cher aux Rouennais !
L'arcade et le cadran doré qui surplombent aujourd'hui la rue du Gros Horloge ont été construits au 16e siècle. Bruits de chevaux sur le pavé. A l'époque, le monument rythme comme aujourd'hui la vie des Rouennais...
- Dépêche-toi, ma fille, le Gros Horloge sonne quatre heures. L'audience au Parlement de Normandie va commencer et je ne voudrais pas la rater !
- Quel étrange horloge, mon père ! Savez pourquoi il n'y a qu'une seule aiguille sur le cadran ?
- A notre époque, qui se soucie des minutes ? L'indication des heures suffit pour se donner rendez-vous !
- Et à quoi sert cette boule argentée et noire, tout en haut, au dessus du cadran ?
- C'est pour signaler les phases de la Lune, ma fille ! Si la boule est noire, c'est la pleine lune ! Si elle est à moitié argentée, c'est la demi-lune. Très important pour les paysans et les travaux dans les champs !
- Et là, tout en en bas du cadran, il y a un étrange panneau, mon père, en forme d'arc de cercle...
- C'est un semainier ! Tous les matins, un panneau différent apparaît pour dire quel jour nous sommes ! Chaque panneau représente une divinité antique sur son char. Le lundi, c'est la lune ; le mardi, le dieu Mars ; Le Mercredi, Mercure, et ainsi de suite... Tu sais, peu de gens savent lire et écrire. Avec ces symboles et ces dessins connus de tout le monde, tous les Rouennais peuvent connaître les jours de la semaine !
Philippe Delerm, l'auteur de " la première gorgée de bière ", a écrit un livre sur Rouen, aux éditions Champ Vallon. L'écrivain compare le Gros Horloge à un vieux réveil qui rythme la vie des Rouennais.
"C'est une horloge inscrite dans le passé, et qui semble marquer justement un temps qu'il faut savoir prendre sans trop se presser... Moi, je le ressens comme ça...
- C'est une horloge qui accompagne plutôt le temps des Rouennais qu'autre chose ?
- Oui, oui... Ca marque un peu un rite rouennais... On dit " le Gros ", je crois... Et puis, c'est fréquent que les gens aillent le samedi en ville, mais, rue du Gros Horloge, ça prend des proportions ! On ne peut avancer, quoi ! Et, au dessus de soi, on a toujours cette espèce de soleil comme ça, qui marque un temps qui passe, mais d'une façon qui est plutôt réconfortante, plutôt chaleureuse... C'est un temps qui passe, mais qui ne vous agresse pas dans son passage, je trouve... Ce n'est pas une horloge à stress, oui... Et puis, là aussi, c'est aussi un endroit de rendez-vous en fait : on sent qu'il y a beaucoup de gens qui ont leurs repères là... C'est un endroit vivant et chaud, je trouve aussi...
" L'agrément, c'est que l'on se ballade vraiment dans ce qui est beau quand on vit à Rouen. Je crois donc qu'on est au coeur de la ville. Il y a certaines villes qui sont très belles en France, on va dans des quartiers qui sont très agréables, mais ce n'est pas forcément là que se fait la vie... Tandis qu'à Rouen, je trouve que la vie se fait aussi dans les endroits les plus beaux...
- Il y a une phrase qui revient plusieurs fois dans votre livre, c'est : " Je suis amoureux de Rouen "...
- C'est une formulation que j'ai eu à l'époque où j'ai fait ce bouquin oe " je suis amoureux de Rouen " oe que je n'aurais peut-être plus, non pas parce que je n'aime plus Rouen, j'aime beaucoup cette ville... Bon, c'est une tradition familiale en plus, maintenant, j'ai un fils qui a fait ses études à Rouen, qui prétend qu'il ne peut écrire ses chansons, que quand il est à Rouen... C'est vrai que c'est un équilibre de ville que j'aime beaucoup... Dans la ville elle-même, on peut se sentir un petit peu à la fois dans le passé, un peu hors du temps, et, en même temps, complètement dans l'époque, quoi...
- Quand on lit votre livre, on sent bien que les mots à Rouen ont une grande importance... Ce sont les noms des rues qui, pour vous, excitent l'imaginaire...
- Oui, c'est vrai, tout à fait... C'est vrai qu'il y a une espèce de florilège de noms de rues oe rue des tonneliers, rue des charrettes, centre des maraîchers oe c'est très très sensuel comme façon d'évoquer le Moyen Age, et ça, c'est une chose que l'on ressent très fortement. Enfin, je pense qu'il y a peu de villes comme ça qui ont une aussi grande quantité de noms évocateurs du passé... Ca, c'est très sensuel, je trouve, on a l'impression de toucher les choses du passé en fait...
- Si vous aviez une place ou une rue à choisir pour prendre votre première gorgée de bière, vous iriez à quel endroit ?
- Disons que la rue à choisir, je pense que ce serait la rue Damiette sans doute. Je trouve qu'elle est absolument extraordinaire, parce que c'est une rue qui est complètement tordue, pavée ; on voit en même temps d'un côté St Maclou, et de l'autre, St Ouen... Elle est à la fois ouverte et en même temps très très resserrée... Et, pour déguster une bière, oui, j'irais sûrement... J'en ai dégusté souvent dans des endroits assez variés mais c'est certainement près de la place St Maclou que j'aurais envie de le faire...
Mais avez-vous remarqué les citations du Cid placés dans le commentaire tout le long du parcours ? Nous avons voulu rendre hommage à l'auteur de la pièce, Pierre Corneille, qui est né à Rouen.
4 allusions au Cid parcourent en fait le commentaire. Ecoutez bien !
- M'dame, avez-vous du coeur ? Faut pas trop nous presser quand même, on vient juste de commencer la construction ! Normalement c'est à Rodrigue que son père pose la question.
- Le chemin jusqu'au bûcher sera long. On n'entendra que des cris, on ne verra que des larmes. C'est Don Diègue qui déclare "La cour est en désordre, et le peuple en alarmes ; On n'entend que des cris, on ne voit que des larmes. "
La jeune femme va, court, vole et nous venge... Mais elle est faite prisonnière à Compiègne.
C'est encore à Rodrigue que son père s'adresse :
" Montre-toi digne fils d'un père tel que moi.
Accablé des malheurs où le destin me range,
Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge. "
Rodrigue sera plus heureux que Jeanne en gagnant le coeur de Chimène.
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