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Bûcher de Jeanne d'Arc

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Bûcher de Jeanne d'Arc

La Pucelle d'Orléans se bat contre les Anglais aux côtés du dauphin de France Charles VII. La jeune femme va, court, vole et nous venge...

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Nous voici devant la croix de réhabilitation de Jeanne d'Arc, au milieu de la place du Vieux Marché.
Musique chevaleresque. Nous sommes en pleine guerre de 100 ans, au 15e siècle. La Pucelle d'Orléans se bat contre les Anglais aux côtés du dauphin de France Charles VII. La jeune femme va, court, vole et nous venge... Mais elle est faite prisonnière à Compiègne. Jeanne d'Arc est transférée à Rouen, ville sous domination anglaise. Après un long procès qui dure plusieurs mois, la pucelle d'Orléans est condamnée à mort pour hérésie. Un bûcher est installé, le 30 mai 1431, sur la place du Vieux Marché, à l'endroit même où se trouve aujourd'hui la croix.
Bruits de charrette. A huit heures et demie du matin, Jeanne d'Arc est amenée ici sur une charrette. Cliquetis d'armures La Pucelle, dont la tête a été entièrement rasée, est escortée par 120 soldats anglais. L'évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, qui soutient l'Angleterre, lit la sentence :
" Nous déclarons que toi, Jeanne, membre pourri, tu dois être rejetée de l'unité de l'église, pour que tu ne vicies pas les autres membres. De fait, nous te rejetons, te retranchons et t'abandonnons..."
Bruits de foules. Une foule immense assiste à l'exécution. Jean Massieu, un prêtre chargé d'escorter Jeanne d'Arc au cours de son procès, raconte les derniers instants de la pucelle d'Orléans :
" Au moment de monter sur l'échafaud, Jeanne réclama une croix. Un soldat anglais lui en fabriqua une avec deux morceaux de bois. Jeanne la glissa entre sa chair et sa robe puis prît place sur le bûcher feu qui crépite Les flammes s'embrasèrent d'un seul coup. Selon les voeux de la condamnée, je plaçais la croix de l'église Saint Sauveur haut dans le ciel pour que Jeanne la vit jusqu'à sa mort. En son dernier souffle, elle cria : " Jésus ! ", d'une voix tellement forte que toute l'assistance put l'entendre. Presque tous pleuraient de pitié... "
Lorsque le bourreau éteint le bûcher, il a une surprise de taille ! Le coeur de Jeanne d'Arc est en effet resté intact ! Du coup, les Anglais décident de jeter à la Seine les restes de la jeune femme, pour éviter qu'ils ne deviennent une relique. Depuis lors, on raconte que, de Rouen jusqu'à la mer, toute la Seine est Sainte...
Lorsque le roi de France Charles 7 presque 20 ans plus tard reprend la Normandie, aux Anglais, il ordonne l'ouverture d'un procès qui réhabilite Jeanne d'Arc. Ce nouveau jugement décide également qu'une croix sera installée à sa mémoire sur la place du Vieux Marché, à l'endroit même où vous vous trouvez...
Mais qui était vraiment Jeanne d'Arc ? Comment faire la différence entre le mythe et la réalité historique ? L'historien Philippe LARDIN nous parle de Jeanne d'Arc.
- Philippe Lardin, est-ce qu'on sait qui était vraiment Jeanne d'Arc ? Par exemple, son nom : " Jeanne d'Arc " ? Ca sonne tellement bien qu'on a l'impression que c'est une agence marketing qui l'a inventé ! C'est le vrai nom de Jeanne la Pucelle ?
- Oui, oui, c'est le vrai nom mais qui a justement donné lieu, lui aussi, à des interprétations. C'est à dire qu'il y avait ceux qui voulaient en faire une femme du peuple et qui l'appelaient " Darc ", sans apostrophe ; et ceux qui voulaient montrer son caractère aristocratique et le fait qu'elle était l'envoyée de Dieu, et qui, eux, voulaient garder l'apostrophe et écrire " Jeanne d- apostrophe- Arc " !
- Jeanne d'Arc, on dit que c'est une bergère qui vivait dans un milieu paysan... C'est vraiment ça, c'est vraiment la réalité historique ?
- Elle vivait effectivement dans un milieu paysan mais elle appartenait à une paysannerie relativement aisée. Donc elle explique elle-même, lors de son procès, qu'elle a effectivement de temps en temps participé à la garde des animaux, mais elle n'était pas véritablement bergère...
- Sait-on à quoi ressemblait Jeanne d'Arc physiquement ?
- Non, il y a un dessin d'un greffier qui semble la représenter, mais, en fait, le greffier en question ne l'ayant pas vue, le dessin est totalement imaginaire. Non, on ne sait pas véritablement comment elle était, si ce n'est que certains des chroniqueurs qui l'ont connue la décrivent comme une femme assez forte, capable de combattre, une jeune femme mais une femme solide, une jeune femme de la campagne, visiblement...
- Dernière question, Philippe Lardin : cela fait quoi, deux siècles maintenant que le regain d'intérêt pour Jeanne d'Arc est réel. D'où vient ce regain d'intérêt ?
- En fait, le regain d'intérêt pour Jeanne d'Arc n'est plus aussi évident de nos jours. On peut dire que depuis l'après-guerre, il y a un certain déclin de l'intérêt pour Jeanne d'Arc. Mais, en fait, ce qui s'est passé, c'est que, au 19e siècle, il y a eu, là, un véritable engouement pour Jeanne d'Arc. Alors que, au début du 19e siècle, il y avait moins de cent ouvrages consacrés à Jeanne d'Arc, on en est actuellement à 780 ! C'est à dire que c'est véritablement le personnage historique français le plus apprécié, et le plus recherché. Celui sur lequel on cherche le plus à savoir, à tenter de connaître la réalité...
Dirigez-vous maintenant vers le musée Jeanne d'Arc, dos à la croix. Une fois arrivé en face du musée Jeanne d'Arc, tournez sur votre gauche et longez la place du Vieux Marché, en ayant la cathédrale Notre Dame en ligne de mire. Arrivé au bout de la place, prenez en face la rue piétonne : c'est la rue du Gros Horloge. Traversez la rue Jeanne d'Arc ouverte à la circulation, puis continuez tout droit, toujours dans la rue piétonne. 50 mètres plus loin, vous vous retrouvez face à une arcade. Au dessus, c'est le " Gros Horloge ", notre prochaine étape. Placez-vous sur la gauche, à l'angle de la rue Massacre et de la rue du Gros Horloge.
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