Roubaix : imaginer l'ancienne Capitale industrielle >

Usine Roussel Colisée

Version mobile
English

Usine Roussel Colisée

Cette ancienne teinturerie est l'un des fleurons de la ville au début du 19ème siècle.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Nous sommes devant le Tissage Roussel.
Les toits des usines sont en forme de vagues pointues. On appelle ça des sheds. C'était pour gagner en éclairage. Les verrières étaient d'ailleurs orientées au nord pour une lumière plus fiable.
Le Tissage Roussel est l'un des divers exemples roubaisien de réhabilitation de friche industrielle en équipement culturel et économique.
La nouvelle façade de verre s'offre au regard.
Les 2 premiers étages sont occupés par des entreprises. Ambiance ordinateur et téléphone. Au dessus, au dernier étage, c'est pour la danse. Les planchers des studios vibrent sous les pas du ballet du nord , et du son hip hop.
Le quartier de l'épeule où nous sommes, dansait bien avant qu'arrivent ces ballerines.
C'est le quartier des estaminets, on boit, on danse, on chante. A 2 pas du Tissage Roussel, il y a le colisée. Un peu plus chic qui deviendra l'un des cinémas les plus modernes de France dans les années 50. Là aussi, la musique est reine.
Les concerts sont dans la grande salle, il y a les orchestres américains, Charlie Parker, Sydney Bechett, Duke Ellington et les grandes vedettes de la chanson : Piaf, Trenet, Brel...ils venaient ici avant d'affronter le public parisien on le surnommait le colisée, l'Olympia du nord.
Au fond à gauche, on peut voir la façade de la chaufferie, elle ressemble à une église. Le patronat chrétien a fortement marqué Roubaix au 19 ème siècle.
Comme beaucoup d'autres industriels du textile, Emile Roussel pense que la religion peut préserver les bonnes moeurs à l'atelier et les intérêts du travail.
A cette époque, il y a même une confrérie qui s'appelle notre dame de l'usine qui permet de faire entrer un peu plus la religion dans les entreprises. Les petites soeurs de l'ouvrier aussi jouent le rôle d'assistantes sociales. Certaines usines possèdent leur propre chapelle.
Dans le jargon des tisserands, l'épeule est la bobine de forme conique autour de laquelle est entouré le fil, glissée dans la navette que l'artisan lance d'une extrémité à l'autre du métier à tisser. Avant les années 1830, c'est l'époque des métiers à bras et du travail à domicile.
Avec la révolution industrielle l'artisanat laisse place aux manufactures. Le bruit des battants de métiers à tisser est remplacé par celui des machines.
Comme le tissage Roussel, au début du 19 ème siècle, les usines s'installent au coeur de la ville. Le patron habite à côté " pour sentir battre le coeur de l'usine " . Il est à la grille pour l'entrée des ouvriers à 5 du matin et leur sortie à 20h ou 22h. Les ouvriers sont logés à côté.
Les toits des petites maisons basses collées les unes aux autres sont les restes d'une courée, ces ensembles de logements ouvriers avec de petites maisons dans lesquelles les conditions d'hygiène étaient déplorables. En revanche, avec la proximité, la solidarité était très forte entre les familles.
La population du quartier aujourd'hui est jeune. La moitié a moins de 25 ans et elle est socialement très variée. Les maisons ouvrières, les courées et les HLM voisinent avec les maisons bourgeoises.
Retour haut de page