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Maisons à pans de bois

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Maisons à pans de bois

Au 16ème siècle, des chanoines y logent. N'oublions pas que nous sommes dans le quartier de la cathédrale, qui appartient à l'évêque.

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Nous sommes au numéro 3 de la rue Saint Guillaume, devant la maison à pans de bois appelée "Ti Koz"...
En breton, cela veut dire "vieille maison" !...
Au 16ème siècle, des chanoines y logent. N'oublions pas que nous sommes dans le quartier de la cathédrale, qui appartient à l'évêque.
Les maisons à pan de bois sont typiques de la ville de Rennes.
Mais regardez plutôt les détails qui composent "Ti Koz" !...
En marron bordeaux, vous pouvez admirez les fameux pans de bois...
En blanc cassé, c'est le torchis - un mélange de paille et de terre - pour le remplissage des murs...
Différents ornements décorent la façade. Sous les fenêtres du premier étage : des croix de Saint-André ; et au même niveau complètement à droite, des brins de fougères avec leurs épis.
Près de chaque porte d'entrée, deux statues en bois coloré attirent le regard. Celle de droite, c'est Saint-Sébastien attaché à son arbre, le corps transpercé par des flèches. Celle de gauche, Saint-Michel avec un arc et des flèches.
Habituellement, il terrasse un dragon. Là, on dirait qu'il vise saint Sébastien. La posture des deux statues sert à créer un lien entre les portes des deux demeures...
Et tout en haut, les greniers. Vous voyez la poulie à gauche ?
Elle servait à hisser les sacs de blé et autres denrées alimentaires !...
Continuons notre chemin dans la rue Saint Guillaume. Puis ensuite, à gauche, Rue de la Psalette.
Le mot "Psalette" désigne la chorale des enfants de choeurs de la cathédrale !...
Arrêtez-vous à l'angle de la rue de la Psalette et du Chapitre où une autre maison en pans de bois vous attend. Pour accompagner votre trajet, Dominique Irvoas-Dantec, Directrice de l'Office de tourisme, retrace en détail l'évolution de ces demeures rennaises
Nous avons la chance à Rennes d'avoir conservé de nombreux exemples de la construction à pan de bois. Des exemples qui vont du 15e siècle jusqu'au 18e siècle. Pourquoi construit-on à pans de bois ? Parce qu'il y a des forêts autour de la ville, c'est simple et logique.
Les éléments du 15e siècle, on les reconnaît par un fort encorbellement - c'est-à-dire l'avancée des étages par rapport au rez-de-chaussée - alors on en a des exemples derrière la cathédrale notamment. Mais la tradition gothique dans la manière de construire à pan de bois va perdurer au-delà des limites strictes du Moyen Âge, c'est-à-dire jusqu'au 16e siècle. Sur "Ti Koz" par exemple, on est dans la tradition gothique du pan de bois avec ses poutres horizontales à chaque niveau qui sont striées, nervurées avec des feuilles parfois aux angles, sculptées.
A l'angle de la Rue de la Psalette et de la rue du Chapitre, au numéro 22, Vous avez devant vous une autre maison à pans de bois qui date de la Renaissance. Dominique Irvoas-Dantec l'évoque dans la suite de ses explications.
A la Renaissance, on va avoir deux temps. Première Renaissance : on garde encore les stries, les nervures, mais par contre on met des têtes, des profils humains aux angles à la place des feuilles ou à la place de rien du tout quand la copie était moins chère. Et puis, autre temps de la Renaissance - c'est la seconde Renaissance en fait - lorsque la poutre horizontale va se doter d'éléments sculptés comme les rinceaux, les entrelacs, les têtes de griffons, les têtes de dauphin. Enfin les grotesques. Des choses qui n'existent pas vraiment, mais qui sont sculptés avec un parti coloré aujourd'hui. C'est par exemple la maison de la seconde Renaissance à l'angle de la rue de La Psalette et du Chapitre.
Enfin, autre temps du pan de bois : c'est la façade qui a perdu cette fois-ci son avancée des étages. Elle est devenue toute plate. On n'a plus de sculptures sur la poutre horizontale ; ça devient un jeu de pans de bois. Alors ce sont les hôtels des parlementaires. Par exemple, sur la Place des Lices ou d'autres exemples dans la ville. Et puis enfin, le chant du cygne du pan de bois, c'est l'édit royal qui dit : "Il faut crépir !". On va masquer le pan de bois par un crépi, et c'est la fin de la construction à pan de bois.
Rennais : Au secours !!!... Rennes brûle !...
Rennaise : La ville s'embrase comme une mer de feu !!!... ? plus d'un quart de lieue les charbons tombent gros comme le poing !!!...
Le 23 décembre 1720, les Rennais regardent la ville de bois se consumer. Le bilan est catastrophique : 850 habitations à pans de bois sont ravagées. Et l'on compte jusqu'à 8000 sinistrés.
Rennaise : Dieu est contre nous !...
Rennais Dieu n'a rien à voir là-dedans !... Il paraît que c'est la faute d'un menuisier. Le maladroit a fait tomber sa bougie dans son atelier. Et le feu s'est propagé dans toute la ville en un rien de temps !...
Rennaise : Qu'est-ce qu'on va devenir ?...
Les alentours de la cathédrale sont miraculeusement épargnés. Ce quartier résidentiel est alors habité par des merciers : une corporation aisée qui participe activement à la vie de la Cité. Très vite, ils prennent des mesures pour éviter une nouvelle catastrophe :
- (voix masculine qui scande) - destruction des habitations vétustes : le vide qu'elles laisseront empêchera le feu de se propager en cas d'incendie. - construction de pare-feu, - et enfin, le roi et le Parlement signent un édit qui ordonne de crépir les façades.
C'est le dernier temps du pan de bois.
Admirez encore cette maison à pans de bois colorée qui fait l'angle.
Celle-ci date de la seconde Renaissance. C'est facile, elle est reconnaissable aux têtes des personnages fantastiques qui ornent la façade.
Vous continuerez ensuite la rue du Chapitre, sur votre droite.
Au n? 6 vous remarquerez l'hôtel de la Bourdonnaye de Blossac du 18ème siècle.
L'hôtel 18ème de la Bourdonnaye de Blossac abrite aujourd'hui le siège de la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Mais au 19ème siècle, il a vu naître le romancier populaire, Paul Féval...
Grand rival d'Alexandre Dumas, Paul Féval à écrit 91 romans dont Les Mystères de Londres et Le Capitaine Fantôme et le plus célèbre : Le Bossu !...
N'hésitez pas, si les heures d'ouverture le permettent, à pénétrer dans la cour intérieure. Admirez la cage d'escalier sur votre gauche ainsi que les anciennes écuries...
Bien. Dirigeons nous maintenant vers le coeur de Rennes où la pierre, le granite et le calcaire règnent en maîtres.
Traversez la place du Calvaire. Prenez ensuite la rue Beaumanoir dans sa continuité. La ville de bois s'efface au profit de la ville de pierre. Vous arrivez sur la place de l'hôtel de Ville. Placez-vous en son centre.
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