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The Blue Room - Eugene Richards - Atelier de Forges

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The Blue Room - Eugene Richards - Atelier de Forges

...par Eugene Richards

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Atelier de forges
Eugene Richards
Longtemps Eugene Richards a préféré le noir et blanc. Pour son premier travail en couleur, il est parti sur la route. Trois ans et demi à travers une Amérique oubliée, disparue des mémoires. Il s'est enfoncé sur ces petites routes, là où d'autres, effrayés passent leur chemin. Son but ? Ces maisons abandonnées, délabrées, qui racontent des destins amputés, des vies avortées, des espoirs déçus. C'est l'une des parts d'ombre du rêve américain qu'explore Eugene Richards. Vous voyez aussi la mise en scène de ses livres, mais écoutez le d'abord évoquer cet étrange voyage, c'est souvent par des détails qu'il vous fait entrer dans ces maisons, ce patrimoine abandonné.
Eugene Richards homme GB
Ici en Amérique les vieilles choses n'ont pas beaucoup de valeur.
Mais quand je suis entré dans la maison je l'ai trouvée pleine de souvenirs. Elles étaient détruites, puantes, et parfois dangereuses avec leurs planches pourries ; mais c'étaient aussi les seuls vrais morceaux d'histoire qui restent dans ce pays. Nous avons une tendance en Amérique à nous débarrasser de la plupart de nos objets historiques. C'est difficile pour les gens d'imaginer de vieilles maisons comme morceaux d'histoire, mais je l'ai fait...
Pour moi elles sont à la fois émouvantes et précieuses même si elles sont fragiles et détruites. Les détails sont naturels car en entrant dans ces maisons on voit de l'écriture sur des murs, des endroits brûlés, et des planchers arrachés. Occasionnellement, il y restait quelque chose de plus fondamental, plus vrai comme la neige sur le lit.
Un lit sert à tout le monde, nous passons une bonne partie de notre vie au lit, nous sommes nés au lit, nous faisons l'amour au lit, et quand je l'ai vu il me rappelait une cathédrale ou une église...
et je sentais que c'était quelque chose de très temporaire.
ET il y avait tous ces détails...
un petit savon rose sur un lavabo dans une vieille maison de paysan que les insectes avaient grignoté. Un petit savon rose qui donnait l'impression que le vieux paysan était toujours là. A-t-il lavé ses mains avant de partir à la maison de retraite ? ou est-il mort soudainement ? Les détails sont la partie fondamentale de ce livre. On peut imaginer s'ils avaient eu des enfants ou pas.
On voit que la vie était très difficile.
Dans une grande partie de cette région d'Amérique, le nord du centre, les maisons appartenaient à des familles - ou des descendants proches -d'immigrés qui sont arrivées avec les chemins de fers. Personne ne voulait travailler ces terres, alors les norvégiens, les russes et les allemands sont venus d'Europe car ils pouvaient supporter ce climat très rude ou du moins c'est ce qu'ils croyaient. Beaucoup de gens ont été envoyés dans cette région.
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