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The Ballad of Sexual Dependency - Nan Goldin - Cinéma des Ateliers

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The Ballad of Sexual Dependency - Nan Goldin - Cinéma des Ateliers

...par Nan Goldin

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Cinéma des ateliers
The ballad of sexual dependency
Nan Goldin
" The ballad of sexual dependency " est le journal intime visuel de Nan Goldin, invitée spéciale des rencontres d'Arles. Une projection d'images réalisées sur deux décennies, en perpétuelle évolution, accompagnée de musiques qui elles aussi changent selon l'humeur de l'artiste. C'est une véritable chronique sociale, qui démantèle les codes de l'identité sexuelle, au-delà des préjugés, et qui affirme avec une incroyable contemporanéité la liberté des choix. C'est ma vie, celle de mes amis, mon monde, explique Nan Goldin.
Nan Goldin 1
La balade est une lutte entre autonomie et dépendance. Comment on peut choisir une personne qui ne nous correspond pas du tout, sauf sexuellement, à cause du pouvoir de ce lien sexuel. C'est aussi la différence entre les sexes et comment elle est conditionnée. C'est un journal intime de ma vie et celles de mes amis.
Le travail a commencé dans les années 80 avec la musique...au départ avec les groupes en direct, puis avec un DJ qui tournait les vinyles. J'ai commencé à rajouter ma propre musique. Entre 80 et 84 j'ai essayé plusieurs durées, beaucoup de chansons différentes. Je l'ai changé constamment. Quand je détestais les hommes c'était colérique et quand j'allais mieux c'était quelque chose de plus tendre ...
C'était un journal intime dans le sens où il changeait au gré de mes sentiments. En 81 j'ai rencontré une femme pour qui j'ai travaillé comme barmaid elle était très active politiquement et brillante. C'est elle qui m'a ouverts les yeux sur le caractère politique de mon travail car pour moi ce qui est privé est aussi politique et la sexualité engendre des issues politiques.
En 84 ce travail est devenu enfin une pièce et en 85 j'ai eu ma première exposition au Whitney.
J'ai voyagé pendant plusieurs années en Europe exposant dans les festivals de cinéma, des clubs, des musées...partout en Europe sauf en France. Et en 88 François l'a découvert et m'a invitée à Arles.
C'est la seule chose que j'ai fait d'importante dans ma vie. Quand j'étais jeune fille je voulais être connue, pas superstar, je déteste la célébrité, mais je voulais faire quelque chose qui aurait un effet durable dans ce monde. La Balade est ma marque sur le monde. Les gens la classent comme un travail sur les marginaux de New York. Mais il y a autant de photos prises en Europe qu'à New York ! Et nous n'étions pas des marginaux, les gens conventionnels étaient les marginaux. Nous ne nous voyions pas comme des marginaux...nous ne voulions pas faire partie de la culture de masse. C'est très important car on écrit tout le temps que je photographie les marginaux, les junkies, les prostituées...ceux qui sont en dehors de la société, mais nous, nous considérons la société, et les conventionnels comme les marginaux. Etre homosexuel, bisexuel, toutes les choses que j'ai photographié sont pour moi la vie normale que j'ai vécue...ce n'est pas une société marginale, c'est ma société.
Aux ateliers de mécanique vous verrez le travail des 13 artistes invités par Nan Goldin, commissaire des expositions de ces 40èmes rencontres d'Arles. Des démarches souvent très différentes les unes des autres, mais qui font dire à Nan Goldin " ça me touche ". Il y a entre tous ces artistes la même humanité, la même sincérité qui vous ferra dire aussi " ça me touche ", écoutez Nan Goldin évoquer cette sélection.
Nan Goldin 2
J'ai tout simplement choisi des gens dont le travail me touche, que j'aime. Avant je détestais la photographie documentaire mais les photographes que j'ai choisi se sont très très investis avec les gens qu'ils photographiaient, au point d'avoir même vécu avec. C'est devenu leur monde dans un sens, ou ils étaient motivés par la politique...les deux sont très important.
Je ne m'intéresse jamais au travail qui ressemble au mien. C'est une erreur que font les gens. Je suis très touchée par le journal intime de Goldberg et de ses expériences avec les enfants sans abris. Je suis très touchée aussi par David Armstrong que je connais depuis l'âge de 14 ans. Nous sommes de la même tribu, et on s'est toujours inspirés l'un et l'autre.
J'ai choisi des gens qui sont des amis ou ,dans le cas d'Anders Peterson, ami de Christer Strömholm, leurs travail partage des aspects similaires. J'ai choisi des gens qui pratiquent la photographie très différemment : David qui produit sans fin des portraits des gens qu'il désire, les très esthétiques et beaux dessins de Marina Berio, JC Bourcart qui a choisi l'endroit le plus dangereux d'Amérique pour faire ses photos, et aussi Engström. Dans plusieurs cas j'ai choisi des images qu'ils n'avaient jamais ou pas pensé à montrer. " Ca me touche " est une expression française que je comprends comme l'état d'être touché très profondément par quelque chose.
L'exposition " ça me touche ", les artistes invités par Nan Goldin se tient aux ateliers de mécanique.
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