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Nan Goldin - Collection de photographie

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Nan Goldin - Collection de photographie

La découverte de la collection de photographie par François Hébel

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Eglise des frères prêcheurs
" Soeurs, saintes et sibylles " et collection de photographie
Nan Goldin
Nan Goldin, invitée spéciale de cette 40ème édition des rencontres d'Arles, présente ici " soeurs, saintes et sibylles ", hommage à sa soeur Barbara, abusivement internée en psychiatrie et qui s'est suicidée en 1964. Cette date est à la fois la plus grande tragédie de Nan Goldin et le tournant de sa vie. Elle a 11 ans, rompt avec sa famille et l'enfermement dans des codes sociaux qui ont poussé sa soeur à ce geste extrême. La photographie sera pour Nan Goldin le moyen de survivre.
Nan Goldin 1 Itv femme GB
Je croyais que la photographie était la seule chose qui pourrait me sauver la vie...
Elle me protégeait.
Je ne sais pas exactement pourquoi, mais à l'âge de 18 ans un psychiatre m'a dit que j'allais me suicider, comme ma soeur, à cause de la société Américaine de l'époque mais surtout à cause de ma famille. Au lieu de me suicider j'ai commencé à prendre des photos.
Tout ce travail est dédié à ma soeur. Je crois que si elle avait vécu à mon époque, elle aurait survécu...si elle avait eu d'autres personnes comme elle, car était très rebelle contre la société.
C'est un sujet sur la dépression et aussi les attentes de la société par rapport à une fille dans les années 50-60...et comment elle n'arrivait pas à les accepter. Au moment de sa mort, et j'en ai parlé dans la balade, un homme, de 10 ans mon aîné, mon cousin, a commencé une relation sexuelle avec moi... Pendant que je faisais le deuil de ma soeur. C'était donc une période floue pour moi, j'étais à la fois excitée par la sexualité et en deuil de la plus grande tragédie de ma vie. La Balade parle de ce sujet, un mélange de sexualité et de douleur.
C'est dédié à ma soeur et toutes les femmes qui ont étés détruites ou enfermées par la société, par la hiérarchie masculine...car elles n'ont pas osé être elles-mêmes, différentes de ce que le monde attendait d'elles. Dans chaque cas il y a une figure masculine responsable...dans l'histoire de Sainte Barbara, ou celle de ma soeur, qui a été placée en institution psychiatrique à tort, et par extension, ma propre dépression. Ce travail traite aussi de la façon dont les hommes influencent les femmes dans une situation hiérarchique.
Quand François Hébel, directeur des Rencontres d'Arles, a proposé à Nan Goldin d'être commissaire des expositions, il a découvert étonné qu'elle possédait une impressionnante collections de photographies. Cette immense artiste qui a influencé tant de photographes, s'intéresse au travail des autres, dès lors qu'elle y trouve un lien avec ses propres expériences. Elle est une vraie collectionneuse. Elle vous présente ici une sélection à fleur de peau qui en dit autant sur les auteurs de ces images que sur Nan Goldin elle-même.
Nan Goldin 2
Collectionner est devenu ma principale activité artistique de ces 3 dernières années. Je travaille sur un nouveau projet mais je ne l'ai pas encore montré. Mais je montre ma collection, c'est très important, je vis avec. Je déplace les images. Elles ont une vie, une âme. Je les aime toutes. Elles ne parlent pas d'une époque, d'un sujet, ou une chronologie...elles sont toutes simplement les choses que j'aime. Je n'ai jamais pris une photo qui devrait ressembler à une image de quelqu'un d'autre. Ça influence la manière dont je vois le monde.
Les collectionneurs sont des gens spéciaux. C'est une obsession. Dans un sens, la photographie est aussi une collection ... des moments, des relations, des souvenirs. A travers ma collection est une autre manière de montrer ma façon de voir le monde, car ce sont les choses que je regarde. Elles ont une influence sur ma vision du monde.
Dans ma collection j'ai surtout beaucoup d'images de Christer Strömholm, un photographe Suédois, et Molinier car j'aime ce travail. Molinier parle des risques qu'on prend, même à 70 ans, pour trouver un autre soi-même. et j'ai appris à apprécier la photographie surréaliste et je trouve son travail très sexy et érotique. Le travail de Strömholm est le plus proche de ma propre vision des " Drag Queen ". Il a aussi vécu avec des " Drag Queens " Place Blanche, pendant 3 ans dans les années 60, comme je l'avais fait avec les " Queens " à Boston. Ce sont les seules photos de Drag Queens qui ressemblent aux miennes.
On vit avec des gens, on les aime et les respecte, sans essayer de prouver qu'elles sont quelque chose qu'elles ne sont pas.
Ses images de la mort, des aveugles, du cirque...toutes sont assez sombres...
L'autre personne qui domine ma collection est Peter Hujar, un ami qui est mort en 87...Je le considère comme le plus profond des portraitistes du siècle. Plus on regarde ses photos, plus on entre en profondeur.
J'ai quelques Diane Arbus. J'adore une partie de son travail...
J'ai des Weegee; les distorsions de la fin de sa vie, et aussi des images plus douces de fêtes dans le Village dans les années 60 et son travail sur la police. J'aime le fait qu'un seul homme ait pris tous ces différents aspects de la photographie et tellement bien en plus.
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