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Marina Berio - çà me touche - Atelier de Mécanique

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Marina Berio - çà me touche - Atelier de Mécanique

...par Marina Berio

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Atelier de mécanique
Marina Berio
Marina Berio a choisi le dessin et pourtant elle nous emmène au coeur de la matière photographique. En redessinant des négatifs au fusain, elle reproduit le processus chimique de transformation des molécules d'argent. Dans ce jeu de duplicité, tout s'inverse, le support, la lumière, les sensations. De formes a priori banales, comme ces ampoules, de paysages communs comme ces routes ces tunnels, Marina Berio évoque la perte, le doute. Tout est ambivalence, comme une nuit blanche, ce qui est absent est présent.
Marina Berio femme GB
J'utilise le négatif car c'est un lieu de transition intermédiaire. Je suis attirée par son aspect physique, sa précision... Le négatif est à coté, en dessous, et derrière l'image. Une alternative à l'image. On parle aussi de doute, d'obscurité, derrière la lumière...d'une sorte de paradoxe en regardant une image toute en sachant que le négatif est à la fois une image et pas du tout. Toute est sans dessus dessous.
C'est la même et pas du tout.
J'ai choisi de travailler avec du fusain car c'est une matière brûlée qui me rappelle le négatif photographique quand il est soumis à une réaction chimique. Comme l'oxydation de l'argent quand il devient noirâtre avec le temps. Le procédé photographique est toute simplement une version rapide des procédés que l'on observe dans la nature. On compare aussi les sels d'argent à du papier en train de brûler et donc le fusain reflète ça...et il est aussi élémentaire et pure.
Je m'intéresse à l'obscurité, à l'opacité absolue du fusain comparée à la transparence du négatif. J'aime également sa saleté contrastée à la propreté de la photographie...
Bien me salir les mains et toucher, vraiment toucher et travailler l'image. Les lampes dans les ateliers d'artistes sont des sujets très intéressants... un objet très banal, presque cliché et très mondain. Une expression audacieuse d'un coté, et une banale de l'autre. Beaucoup de mon travail essaye de réaliser ces deux qualités au même temps.
Avec les tunnels il y a aussi cette idée d'une lumière au bout du chemin, Idée très clichée et très banale de la signification de la vie, et où la vie nous emmène. . Mais inverser l'image c'est la troubler, la compliquer, la rendre paradoxale...il y a de la confusion. Il n'est pas toujours clair s'il s'agit d'une photo ou d'un dessin. De plus on n'est pas sur s'il est positif ou négatif dans le sens figuré des termes. Est-il joyeux ou sombre ? Est-ce le coté sombre du processus de la création ? De notre existence ?
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