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L'île aux Pies

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L'île aux Pies

L'île aux Pies, miroir du ciel. Pays de terre et d'eau, royaume des marais.

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L'île aux Pies, miroir du ciel.
Pays de terre et d'eau, royaume des marais.
Voyez l'île aux Pies, la plus grande de toutes !
Puis voici l'île aux Corbeaux, l'île aux Geais, l'île aux Canards...
Et même l'île aux Chiens !
C'est tout un archipel, qui flotte entre les eaux du ciel et celles de la terre.
Ici le canal traverse un dédale de rivières : L'Oust et le ruisseau des Fougerêts se fondent avant d'être rejoints par l'Aff, dans une immense plaine.
Selon les saisons, le paysage apparaît, ou se dérobe sous une mer intérieure bordée de nénuphars et de roseaux. Pour parcourir le pays, une seule voie : celle des eaux. Et une seule manière, le canot !
L'Aurore relâche quelques heures à quai. Les enfants en profitent pour explorer le bois de pins qui domine la rivière, parmi l'ajonc et la bruyère. Quand ils reviennent au chaland, Yann les presse d'embarquer.
Nous filons à La Gacilly ! Marthe est sur le point d'accoucher et je connais une femme là-bas, qui sait mettre les enfants au monde...
Comme la plupart des épouses de mariniers, Marthe donnera la vie à bord.
Armé d'une longue perche, Yann pousse le chaland dans le marais. La brume qui se lève avec le soir dissimule la terre ferme.
J'ai beau avoir vécu ici autrefois, je ne m'y retrouverais pas à pied ! Même en bateau, après tant d'années, je ne suis plus aussi sûr de moi. J'ai perdu mes repères, les bancs de sable changent tout le temps !
Comme avec les marées ?
Sauf qu'ici, la marée dure une année. L'eau est haute en hiver et basse en été... Mais laisse-moi donc me concentrer !
Le cri d'un Butor fait frissonner les enfants. Pierrick chuchote à l'oreille d'Ann :
Chez nous, on dit que les revenants se cachent dans le brouillard.
Yann, qui a entendu le mousse, murmure :
Ici aussi ! Certains ont vu une dame blanche dans le Mortier de Glénac. Le vieux l'avait rencontrée. Il disait qu'elle était très pale, très belle, mais triste à mourir...
Brrr.
Quand le chaland entre enfin dans le lit de l'Aff, Yann poursuit son récit, comme pour lui-même.
Une femme l'a vue à la Roche du Theil. La dame blanche lui a proposé de l'aider à laver son linge... En fait, elle balançait les affaires à l'eau les unes après les autres. La lavandière s'est sauvée. Arrivée chez elle, elle a entendu frapper à la porte. C'était la revenante ! Elle lui a dit : " Vous avez bien fait de partir... Après le linge, c'était vous que j'aurais jetée à l'eau...! "

La brume s'estompe et bientôt, apparaissent les lumières de La Gacilly où l'Aurore restera quelques jours.
Aujourd'hui capitale de la beauté par les plantes et de l'artisanat d'art, le bourg n'est encore, en 1895, qu'un humble port de campagne entouré de champs. Pommiers et moutons s'y côtoient toujours, parmi les palissades de pierres levées.
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