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Les terrils d'Haveluy

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Les terrils d'Haveluy

Un terri est un monticule plus ou moins élevé ou étendu.

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Qu'est-ce que c'est un terril ?
Attention, on doit dire terri !...
Un terri est un monticule plus ou moins élevé ou étendu. Il est formé par l'amoncellement des déchets miniers qui, remontés avec le charbon, étaient triés en surface. Le charbon d'un côté et le reste sur le terri.
Dans certaines régions, on les appelle des " crassiers ! "... La région Nord Pas de Calais en a compté plus de 250. Beaucoup ont été détruits ou exploités . Quelques uns ont été recyclés : idéal pour le parapente, ou même ...le ski
Mais ceux qui nous intéressent et se trouvent devant nous, témoignent du patrimoine minier et présentent aussi une vraie richesse écologique.
A votre gauche...
Se trouve le " terri rouge " qu'on appelle aussi " terri à arbre ". C'est un site plat, étendu et très boisé...
A votre droite ...
C'est le " terri noir " ou encore " le terri chauve " car il n'a pas d'arbre, mais seulement de l'herbe. Certains terris contiennent encore suffisamment de houille pour entrer spontanément en combustion lente. C'est le cas de celui-ci.
Il n'y aurait pas de terri sans mines et sans charbon. Mais d'où vient cet or noir qui fit la richesse de toute la région de la fin du 18 e jusqu'à la moitié du 20e siècle ? ...
Il y a 300 millions d'années, à l'époque carbonifère, le Nord-pas-de-calais était alors recouvert d'une forêt équatoriale très humide. Elle se décomposa très lentement en matière végétale pendant des millions d'années...
Plus de 2000 mètres de sédiments se sont accumulés dans la terre. Et sous l'effet de la pression et de la température, la matière végétale s'est transformée en houille de charbon !...
La terre noire et brûlante des terrils enflamme les esprits, et il suffit d'une étincelle d'imagination pour que le charbon nous conduise tout droit dans la marmite du diable !
( voix masculine) Il était une fois un hameau qui se trouvait dans une immense forêt charbonnière. Là, vivait Jean Hullos le braconnier. Un soir, il vit dans les bois une lumière rougeâtre. Il s'en approcha et surprit 3 nains tout velus, qui se chauffaient autour d'un grand feu. Un coup de sifflet retentit soudain, et les nains déguerpirent dans un grand trou creusé dans le sol. Jean les suivit et arriva dans des galeries où des centaines de nains creusaient une pierre plus noire que la nuit. Un second coup de sifflet retentit. Tous les nains cessèrent le travail, et se retrouvèrent autour d'une bière aussi fraîche que l'air était étouffant sous la terre. Jean se joignit à eux joyeusement !...
Etait-ce l'effet du houblon ?... Toujours est-il que Jean s'endormit et vit en songe Satan. Le diable faisait bouillir une énorme marmite au fond de la galerie. Il alimentait le feu avec des poignées de pierres noires, et les flammes redoublaient comme par magie.
( voix féminine) Lorsque Jean se réveilla dans la forêt, il ne reconnut point les lieux autour de lui. Il finit par retrouver son village, mais l'endroit avait bien changé. Il entra dans sa maison et vit une femme avec un enfant, mais ce n'était pas Jeanne sa femme, ni Aude sa fille. La femme poussa un cri en le voyant. Jean, septique, porta sa main à son menton et s'aperçut, à sa longue barbe blanche, qu'il avait vécu au moins cent ans !... La femme appela à l'aide, et l'on jeta le pauvre Jean en prison.
Le lendemain, devant le tribunal, il raconta la marmite du diable, et s'attarda avec passion sur cette pierre noire qui alimentait les flammes comme par magie. Le juge l'accusa aussitôt de sorcellerie, et lorsque le regard de l'homme de loi croisa celui du vieux braconnier, Jean reconnut Satan qui le condamna à périr par le feu !...
Le lendemain, on emmena Jean. Soudain, dans la foule, il vit une vieille qui lui rappela Jeanne, sa femme. Il l'appela et la vieille lui dit que sa mère était morte depuis fort longtemps.
Jean reconnut alors Aude sa petite fille qui était respectée pour sa sagesse. Elle fit libérer son père sur-le-champ, puis, se tournant vers le juge, elle demanda aux siens de le brûler. Tous expédièrent le diable au bûcher.
Jean, pour remercier les villageois de leur clémence, jura qu'ils n'auraient plus jamais froid grâce aux pierres noires qu'il avait découvert !... Et c'est ainsi qu'on appela ces pierres " Houille " en hommage à Jean Hullos !...
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