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Le site minier d'Arenberg

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Le site minier d'Arenberg

L'univers des mineurs...

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Faisons un petit tour d'horizon.
En face de nous et à notre droite, deux énormes machineries métalliques. On les appelle des chevalements... Les mineurs les appelaient des chevalets !...
Ils permettaient de descendre et de remonter les ouvriers oe et le charbon- au fond du puits de la mine.
Les différentes roues que vous voyez sur le chevalet se nomment des molettes !...
Regardez à présent sur votre gauche le bâtiment en brique avec des fenêtres blanches...
C'est la salle des pendus !... C'est là que les mineurs prenaient leur douche. Et comme ils accrochaient leurs vêtements au plafond, on croyait voir des centaines de pendus dans la salle !....
A droite, les bâtiments administratifs...
Dans ces locaux, le charbon mis au jour était trié et conditionné...
Retournez-vous s'il vous plaît...
Tout autour de nous s'étend le village minier. Le coron. Construit autour des puits de mine pour que les ouvriers soient plus près de leur lieu de travail.
Emile Zola publie en 1885, le roman Germinal qui dépeint l'univers des mineurs. Pour se documenter, l'écrivain journaliste se rend dans la région de Denain.
Ecoutons cet extrait sur l'enfer des mines :
En haut, la température montait jusqu'à 35 degrés, l'air ne circulait pas, l'étouffement à la longue devenait mortel. Le mineur avait dû, pour voir clair, fixer sa lampe à un clou, près de sa tête; et cette lampe, qui chauffait son crâne, achevait de lui brûler le sang. Mais son supplice s'aggravait surtout de l'humidité. Au bout d'un quart d'heure, il était trempé, couvert de sueur lui-même, fumant d'une chaude buée de lessive.
René Lukaziewicz , ancien mineur à la fosse d'Arenberg, se souvient.
" L'époque du travail dans les mines, c'était main dans la main. C'était les ouvriers qui partaient travailler. Par exemple, il y a une rue ici oe la rue Taffin oe où on ne voyait jamais personne qui était " farcé ". C'est-à-dire qui était en retard au travail. Pourquoi ?... Parce pendant le travail, chacun se réveillait. La deuxième chose dans la solidarité, c'était pendant le travail. Lorsqu'un mineur était soit malade ou avait des problèmes familiaux ou autre, on voyait très bien cette solidarité, on voyait très bien ce mineur qui ne travaillait pas de la même façon, qui travaillait mais pas comme d'habitude. Donc, quand les copains avaient terminé leur travail, ils lui donnaient un coup de main à sa tâche pour avoir le même salaire qu'eux... "
C'est ce site d'Arenberg qui sert de décor au film Germinal réalisé par Claude Berri en 1992. Comme d'autres anciens mineurs René Lukaziewicz participera au tournage. Il crée à cette occasion l'Association des Amis des Mineurs qui perpétue le souvenir des " Gueules noires " ...
Et à présent, les grandes dates de l'ère du charbon.
Chaque étape est ponctuée par un souvenir de mineur ou de son entourage...
1830 oe La conquête du roi charbon. 11 compagnies s'implantent dans le Nord, et produisent un tiers de la production française. La première guerre mondiale freine cet élan économique.
A propos du travail des enfants : Mon grand père mineur a commencé très jeune dans les mines. La journée de travail pouvait monter jusqu'à 12 h pour un galibot de 12 ans.
1930 oe La grande époque. A la veille de la seconde guerre mondiale, le Nord fournit presque la moitié de la production française.
A propos des salaires : Naguère, la paye se faisait le dimanche. Les ouvriers venaient la chercher après la messe.
1960 oe La récession. Le pétrole et le gaz terrasse l'économie du charbon. Les bénéfices tombent à zéro.
A propos des accidents : Je me souviens d'un coup de grisou qui a fait 42 morts dans la fosse. Un copain de lyc ée y a perdu son père.
1990 oe La fermeture des derniers puits de mine. Elle marque la fin du règne du roi charbon dans le Nord.
La Sainte Barbe est la patronne des mineurs.
Sainte Barbe est patronne de tous les métiers liés au feu...
Les mineurs, les pompiers, les artificiers !...
Les mineurs ne travaillaient pas le 4 décembre et faisaient la fête !...
Mauricette Cheval interprète en ch'timi oe ou plus exactement en Rouchi - un poème de Jules Mousseron intitulé La fête Sainte-Barbe.
V'la l' Saint' Barb ' ! Le v'la not fiête ;
A s'amuser, in s'apprête.
In va vir qué l'bonne humeur
N' désert' point souvint l'mineur
La voilà la sainte-Barbe, la voilà notre fête !...
A s'amuser tous on s'apprête
Et on va voir que la bonne humeur
Ne déserte point le coeur du mineur !...
Crions à fend' nos capotes :
" Viv ' Saint' Barb ' et viv ' nous autes !
J'vous souhaite à tous bonn's gins,
Eun gross ' berlin ' d'amusement... ".
Crions à faire craquer nos vestes
Vive Sainte-barbe et vive nous autres !
Je vous souhaite à tous bonnes gens
Une grosse berline pleine d'amusement !...
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