La Porte du Hainaut : Amandinois, Denaisis et Ostrevant >

L'échevinage

Version mobile
Néerlandais

L'échevinage

L'échevinage, qu'on appelle aussi prieuré, était l'entrée principale de l'abbaye.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
L'échevinage, qu'on appelle aussi prieuré, était l'entrée principale de l'abbaye.
Face à vous...
Sur la porte du bâtiment : deux blasons surmontés d'un lion, le symbole puissant du comté du Hainaut.
A gauche, le blason de l'abbaye ...
Regardez bien !... Pourquoi l'aigle du Saint Empire germanique n'a qu'une tête alors qu'il est habituellement bicéphale, et que certaines fleurs de lys du royaume de France sont aussi tronquées ?... C'est parce que l'abbaye s'est édifiée sur une terre contentieuse.
C'est-à-dire que ce territoire de Saint-Amand a appartenu successivement aux deux nations. Donc le blason de l'abbaye est composé des symboles germaniques et français !...
A droite, le blason de la ville...
Son épée brandie vers le haut signifie que le tribunal de l'abbé a le pouvoir de justice, et donc celui de donner la mort...
L'échevinage de style maniériste italien est composé de deux bâtiments qui ont chacun un chien sur leur toit. Le chien symbolise la fidélité, mais aussi la surveillance aigue.
Le centre du bâtiment est surmonté d'un campanile avec une cloche. Elle s'actionnait lors de la proclamation des bans ou des convocations à l'armée. Au 17 e siècle, l'échevinage était le lieu de la justice. Il contenait les salles où se réunissaient les magistrats, et les prisons.
A la veille de la Révolution française, le peintre Watteau originaire de Valenciennes réalise pour la salle de haute justice, huit toiles qui représentent les allégories des vertus présumées des magistrats
Les juges avaient sous les yeux toutes les qualités qu'ils devaient exercer !...
Dix jours après la prise de la Bastille à Paris, les révolutionnaires de la région s'en prennent à l'abbaye de saint Amand...
Sept ans plus tard, l'église et les bâtiments sont dynamités, et les pierres sont vendues ... Seuls, l'échevinage et la tour abbatiale seront sauvés...
La tour abbatiale et l'échevinage sont construits avec une pierre blanche et calcaire : la pierre d' Avesne-le-Sec qui provient de la région de Cambrai.
Elle était utilisée pour sa couleur claire, symbole de pureté, et aussi pour la facilité de son travail par les sculpteurs !...
Mais avec la rigueur du climat et de la pollution, la pierre d' Avesne-le-Sec s'effrite en couches successives. Le sculpteur Philippe Stoppin qui a en charge la rénovation des sculptures et des ornements sculptés de la tour abbatiale, évoque son travail :
" Il y a une partie de la restauration qui sera lorsque la chose est possible, par un traitement de la pierre, après un nettoyage et une consolidation qui est une minéralisation. Toutes les parties disparues et qui sont bien documentées seront , après étude, restituées, pour leur redonner leur sens iconographique. Et ces choses sont faites par tout un processus d'étape en étape qui va des relevés aux estampages, aux moulages, à des reconstitutions modelées puis à une exécution sculptée. C'est une approche qui est progressive et qui essaie d'être le plus fondée possible. "
La sculpture prend ici toutes les dimensions d'un métier d'art. Tout comme une autre spécialité amandinoise : la faïence. Au 18 ème , c'est un " must ".
Elle : je me demande ce que fait Honorine. Nous devrions déjà être servis !...
...Mais que regardez-vous comme ça, mon ami ?
Lui : J'admire vos assiettes... La beauté de cette céramique est stupéfiante. Elles viennent d'où ?
Elle : D'ici. De la manufacture royale de Saint Amand les eaux. Elles remplacent la vaisselle d'or et d'argent ...
Lui : ...réservée aux riches. Les pauvres se contentent d'écuelle de bois... Cet émail blanc bleuté est...
Elle : Lumineux?...On l'appelle le Bianco Sopra bianco ...
Lui : Et les motifs...
Elle : Ils s'inspirent d'oeuvres du peintre Watteau... Ne sommes-nous dans le siècle des lumières ?... Eh bien, la lumière arrive aussi sur nos table !...
( ils rient)
Le musée Saint-Amand-les-Eaux dont l'entrée se trouve sous le porche de la tour abbatiale présente une très belle collection de faïences du 18e siècle. Philippe Gayot , conservateur des musées de la Porte du Hainaut, nous raconte l'histoire de la faïencerie amandinoise. :
" Attention, ça n'est pas de la porcelaine, parce que la porcelaine on ne la connaît pas encore en Europe. C'est encore un secret de fabrication chinois et japonais.
Vers 1725, deux manufactures royales de faïence sont créées à Saint-Amand en important le savoir-faire de Tournai qui avait déjà une manufacture. Et ces deux manufactures vont développer à la fois des productions qui se rapprocheront des autres manufactures de la région : Lille ou plus loin Rouen ou Dêvre , mais aussi des motifs purement amandinois. Par exemple, les rehauts de blanc sur un émail légèrement bleuté que l'on appelle bianco supra bianco et des motifs inspirés des peintures du peintre Watteau qui viendra travailler dans les années 1780 à Saint-Amand .
A partir de la révolution, la protection royale disparaît donc les manufactures elles-mêmes disparaissent et vont se développer à Saint-Amand tout un ensemble d'industries faïencière reprenant les savoir-faire du 18 e siècle mais avec des modèles beaucoup plus industrialisés, qui vont pendant tout le 19 e et le début du 20 e siècle, produire une quantité de faïence absolument impressionnante pour l'ensemble du marché français. "
Avant de quitter le site de l'abbatiale, laissez nous vous raconter l'histoire du st fondateur de la ville, j'ai nommé st amand .
Il voit le jour en l'an 594, près de Nantes. On dit que son père, le duc d'Aquitaine, entra dans une grande fureur lorsque son fils devint religieux. Amand se retire alors sur l'île d'Oye où il terrassera le diable-serpent . Lorsque son père le retrouve, il menace de le déshériter, mais Amand demeure ferme dans sa foi et part pour Rome visiter les tombeaux des Apôtres Pierre et Paul. Son apparence est si misérable qu'il est chassé par des gardiens !...
Le jeune homme pur a alors une vision où l'apôtre Pierre lui ordonne d'évangéliser la Gaule Belgique. Il s'enfonce dans les forêts du Nord jusqu'aux rives de l'Escaut. Vers l'an 630, Amand, devenu évêque de Maestricht , supplie le roi Dagobert de lui donner lieu situé entre les rivières la Scarpe et l' Elnon . Le roi s'exécute et Saint-Amand fait bâtir deux oratoires, puis un monastère qui prend le nom d' Elnon . Plus tard, la cité s'appellera Saint-Amand-en-Pévèle , du latin " in pabula " - dans un pays de pâturage...
Retour haut de page