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Saint-Aignan

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Des gorges de Saint-Aignan, les ingénieurs firent un lac.Et le Blavet continue, vers Pontivy et la mer.

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Des gorges de Saint-Aignan, les ingénieurs firent un lac.
Et le Blavet continue, vers Pontivy et la mer.
Jamais l'équipage n'aurait imaginé à quoi ressemble la vallée aujourd'hui...
Au moment où l'Aurore passe l'écluse du Moulin Neuf, entre la colline de Castel-Finans et celle de Trévéjean, en 1895, certains rêvent déjà d'utiliser la puissance du Blavet à cet endroit pour installer l'un de ces " grands barrages " en projet en Europe et aux États-Unis.
Dès la fin de la première guerre mondiale, le sous-préfet Joseph Ratier parle officiellement de créer une retenue d'eau à Saint-Aignan. Les habitants du centre Bretagne commencent à adopter vraiment le canal, en eau depuis seulement un demi-siècle ; ils découvrent le chemin de fer et les autos... Alors, l'électricité pour tous, ce serait commode, mais ils n'y croient guère.
Pourtant, les premières études sont lancées. Les budgets votés. Et... le chantier officiellement ouvert le 1er juin 1923. Un lac sera donc crée, de Saint-Finans jusqu'à l'écluse du père Nicoleau, celle des Forges.
Il inondera la vallée sous 51 000 M3 d'eau douce. La plus grande réserve d'eau de Bretagne ! Elle sera profonde, à certains endroits, de plus de 40 mètres. Avec sa salle des machines comme une cathédrale et ses turbines géantes, le barrage fournira, à lui seul, l'électricité nécessaire à une ville de 15 000 habitants... Les mariniers s'interrogent :
Et le canal ?
" La navigation, loin d'être gênée, sera grandement facilitée par le remplacement des dix-sept écluses par un seul ouvrage. .../... La navigation sur la retenue sera assurée par un remorqueur. " promet le contrat de concession.
Pourtant, quand le barrage est finalement inauguré, en octobre 1930, rien n'a été construit pour " faire passer " les bateaux d'un bord à l'autre du lac. La subvention de deux millions de francs affectée à la " continuité de la navigabilité " a été engloutie... Les chalands feront donc demi-tour au pied de la façade de ciment : 45 mètres de haut et 200 de large, c'est trop pour un bateau !
Les projets de contournement continuent d'être d'actualité jusqu'en 1957. La voie intérieure bretonne est alors déclassée par l'Etat, ce qui rend nulle et non avenue la clause imposant la construction d'un d'ascenseur à navires. La continuité du canal de Nantes à Brest est définitivement abandonnée. La voie d'eau continue de fonctionner, depuis, en tronçons séparés.
Sur le Blavet, le brouillard s'est levé... Le temps reprend son cours à bord de l'Aurore.
Yann tire des " équipets " du chaland un grand coquillage tronqué.
Use-en quand la brume est trop dense, que tu ne voies pas le bout de ton navire. Lui avait recommandé le marin qui le lui avait offert, des années auparavant. Avec cette " corne ", personne ne pourra t'ignorer !

Depuis, le capitaine garde toujours le coquillage avec lui, au cas où le temps se gâte trop. Il souffle dans la conche en passant le lavoir de Pont Guern et la ferme du père Boudec...
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