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Caurel Beau-Rivage

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Caurel Beau-Rivage

Sous les eaux du lac, dorment les carrières...Au royaume de la " bleue de Caurel "

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Sous les eaux du lac, dorment les carrières...
Au royaume de la " bleue de Caurel "
Guerlédan est un lac enchanté. Un vrai ! Sous la surface où pêche l'aigle de passage, se cache une vallée silencieuse. Un monde englouti d'écluses et de hameaux qui résonna longtemps du pas des carriers.
Les rives du lac actuel formaient le sommet de la vallée du Blavet, noyée en 1930 lors de la construction du barrage électrique de Guerlédan.
En 1895, l'Aurore passe dix sept écluses entre Les Forges et celle correspondant au barrage d'aujourd'hui. Dix-sept écluses aujourd'hui sous les eaux... Le massif ardoisier est alors exploité en grand. Grâce au canal, la " bleue " de Mûr et de Caurel, ardoise reine du coeur de la Bretagne, s'exporte au-delà des mers.
Dans le seul bassin de Keriven, quatre-vingt familles vivent du fonçage et du fendage de l'ardoise. Tous les matins, une armée de mineurs se dirige vers les puits.
Chaque carrier est accompagné d'un " mousse ". Le gamin, âgé de 8 ou 9 ans pour les plus jeunes, puise l'eau accumulée dans les trous pendant la nuit. Les jours de fortes pluies, il hisse une à deux tonnes d'eau, par les escaliers de pierre ou les échelles de bois que l'on peut encore emprunter, sur le sentier d'interprétation de Caurel.
Une fois les blocs de pierres détachés des parois des puits, les hommes les remontent en surface, où travaillent les fendeurs. La pierre encore humide est ouverte à l'aide d'un maillet et d'un coin de fer. Les dalles obtenues sont alors emportées vers la rivière et chargées sur les chalands amarrés en contrebas.
Plus à l'est, dans la carrière de Liscuis, on exploite la " mordorée ". Cette ardoise de surface, plus facile à atteindre donc, se montre aussi plus capricieuse. Pour la fendre, il faut suivre le fil de ses veines... Certains ardoisiers d'aujourd'hui savent encore travailler cette pierre dont le nom, comme les reflets, rappellent la bécasse des bois.
Autrefois coupées pour les besoins des mines, la forêt a repris ses droits. Elle s'étire à nouveau sur plus de 3000 hectares et des sentiers la parcourent, qui permettent de contourner le lac en entier. Dans le silence du matin et dans le calme du soir, les amoureux de nature y découvrent, la grâce du chevreuil, la gloutonnerie du sanglier, le manège des cormorans... Voire, pour les plus chanceux, le va-et-vient des loutres.
Sur les ailes d'un Martin Pêcheur, remontons le temps. Remontons avant l'immersion de la vallée en 1930, pour les beaux yeux de la fée électricité. Avant l'arrivée du train à Mûr de Bretagne, en 1902, qui importa l'ardoise d'Angers dans le pays. Avant ! Quand les chalands fréquentaient ce val industrieux dont les bois étaient rasés, et la terre creusée de carrières...
Le lac fait silence et le carillon des vieilles roues solaires retentit. Tournons le moulin à voeux de Laniscat et traversons, à Guerlédan, le miroir du temps.
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