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Bon Repos et son abbaye

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Bon Repos et son abbaye

Bon Repos, domaine des RohanIci, abondent la pierre, le bois, l'or et le fer.

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Bon Repos, domaine des Rohan
Ici, abondent la pierre, le bois, l'or et le fer.
L'éclusier de Bon-Repos est de bonne humeur. Il lance à Pierrick :
Bienvenue en pays de Quénécan, petit ! Le pont avait dix arches autrefois... Il garde fière allure, tu ne trouves pas ?
Comprenant que le mousse traverse pour la première fois son pays, l'homme se fait prolixe.
Et si tu avais vu l'Abbaye, avant, quel panache ! Elle régnait sur tout le pays. À la Révolution, elle a été vendue comme réserve de pierres. Le clocher a été démonté pour être remis à Saint-Mayeux... Pour le reste de l'abbatiale, vois ! Les arbres poussent dedans ! Pitié, que c'est !
Pierrick compatit
Trist Eo.
Oui, c'est triste. Les ruines ont servi à une sorte d'ermite, qui faisait encore des messes, ensuite les ouvriers du canal en ont fait leur cantou... Maintenant, les chauves-souris et les renards y habitent ! Plus personne ne s'intéresse au refuge que le Vicomte de Rohan avait fait construire pour le " Bon Repos " de son âme, il y a mille ans.
Si longtemps ?
Presque... C'était en 1184 à ce qu'on dit. Le vicomte chassant le cerf dans la forêt de Quénécan s'est endormi de fatigue sous un arbre après la chasse et il aurait " rêvé " qu'il fallait faire une abbaye ici même. Vas y faire un tour si tu veux, Ael, mon fils, va t'emmener !
Yann laisse filer son apprenti avec le fils de l'éclusier, vers le bosquet d'où émergent arcs et ogives brisés. Quand les garçons arrivent dans les ruines, un tonnerre de sabots résonne dans une prairie voisine. Ael entraîne Pierrick :
La danse du loup !
Dans la garenne, quatre pâtres ont réuni leurs bêtes. Alignés sur une dalle de schiste qui sonne sous leurs talons, ils dansent.
Ils ont dû entendre ar bleiz cette nuit, ou trouver des traces fraîches ce matin. Ils font du bruit pour l'effrayer.
Un coup de corne rappelle bientôt Pierrick à bord. Le chaland a passé l'écluse, il est temps de continuer.
Le halage est de plus en plus encombré de charrettes et d'ouvriers. Un embarcadère apparaît au détour de la rivière... Les Forges des Salles !
Depuis le Moyen Age, les pentes du Mérousse et du Fao accueillent l'une des exploitations sidérurgiques les plus florissantes de la région. Le canal faillit redonner au site une seconde jeunesse... Mais dès 1860 et le traité de libre échange avec les Anglais, le vieux fourneau à bois n'a plus fait le poids face aux nouveaux fours à charbon comme ceux d'Hennebont.

En 1895, le village des Forges reste pourtant une ruche où s'activent ouvriers, bucherons et artisans. Les charbonniers continuent de vivre dans la forêt et l'écorce des chênes est moulue, puis séchée et exportée pour le tannage des peaux. Quant aux ardoisières, elles tournent à plein... grâce à la voie d'eau qui offre un débouché aux pierres bleues, vertes et mordorées tirées du fief des Rohan.
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