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Place Aristide Briand

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Place Aristide Briand

Maire contre préfet !

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La Place Aristide Briand
Nous sommes devant la préfecture de la Vienne qui fait face à la mairie, à travers la rue Victor Hugo. La volonté de composition est forte selon l'architecte urbaniste du secteur sauvegardé, Yves Steff.
Il faut savoir que le centre de Poitiers est marqué par son histoire, romaine d'abord, puis médiévale, avec des rues un peu entrelacées, complexes, sinueuses. C'est seulement vers cette fin du 19ème, dans les années 1860, que, autour de l'affirmation du pouvoir, se met en place un axe. On va creuser une grande tranchée, couper à travers d'anciens couvents et mettre en regard le pouvoir municipal et le pouvoir de l'Etat. Le préfet implante un bâtiment dans un style assez classique et face à lui, avec un caractère plus médiéval, le maire va répondre. On a un rapport de pouvoir qui s'affirme, chacun essayant d'être plus haut que l'autre.
Le maire l'emporte de peu, à ce petit jeu, mais la place de la préfecture reste la plus curieuse des deux avec sa forme en arc de cercle et l'harmonie des hôtels particuliers qui la bordent.
Ce qui est exceptionnel, c'est qu'on ne s'est pas limité à faire un bâtiment. Il fonctionne avec une ordonnance architecturale qui est une forme avec des plans coupés. Il y a quatre pans coupés qui convergent vers le centre de gravité de la place : la grille de la préfecture. Cette voie Victor Hugo aurait dû faire l'objet d'une ordonnance architecturale c'est-à-dire que les façades de la place Briand auraient dû se retourner, semble-t-il. Lorsqu'on faisait une percée de ce type, on imposait, à l'époque que tout le monde reprenne le même dessin de façade. Ils n'y sont pas arrivés parce qu'il y avait des vestiges de constructions plus anciennes. Ces alignements de façades sont interrompus. La difficulté, aujourd'hui, c'est comment valoriser un axe qui aurait dû être ordonnancé sur le plan architectural mais qui finalement ne l'a pas été.
L'aspect de cette place frappe le promeneur du 21ème siècle peu habitué aux espaces urbains vides du 19ème siècle. C'est un vrai casse-tête pour les urbanistes selon Yves Steff.
L'espace public a été envahi progressivement par l'automobile qui l'a rempli. Quand les élus ont le courage et la détermination consistant à dire : on va reconquérir une partie de cet espace au profit des piétons, on voit qu'il y a de la part de l'habitant une espèce d'angoisse en face de ce vide. Ces espaces sont trop minéraux, il faut végétaliser. Or, c'était des espaces de rencontre, de manifestation. Est-ce qu'on peut aujourd'hui laisser un espace polyvalent minéral qui en même temps rassure les gens sur cette espèce de vide laissé par l'automobile. Voilà la difficulté.
Rejoignons maintenant la place du Maréchal Leclerc par l'avenue Victor Hugo. En passant devant le numéro 3, ne manquez pas la très belle façade du 19ème siècle.
Merci de continuer votre visite. A bientôt
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