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Thiron-Gardais

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Thiron-Gardais

L'ordre de Thiron était très puissant.

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Nous sommes à Thiron-Gardais, face aux grilles vertes des jardins de l'abbaye.
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L'histoire de cette abbaye est d'abord celle de saint Bernard de Ponthieu. Un ermite très pieux qui -il y a environ 1 000 ans- eu vision d'un ange l'avertissant que le comte du Perche, Rotrou III allait lui offrir une terre pour fonder une communauté religieuse.
Et c'est exactement ce qui arriva. Le comte possédait ici un domaine situé près de la source de la rivière de la Thironne.
D'où le nom de Thiron !
Et Gardais ?
Le chapitre de Chartres céda, lui, ce qu'on appelait la petite maison de campagne de Gardais ... Gardais signifiait probablement " terre de jardins ". Tenez, demandons à ce moine ce qu'il sait sur l'histoire de l'abbaye.
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Approchez, car je ne puis parler trop fort. Vous connaissez la règle de saint Benoît à laquelle saint Bernard tenait tant : " Nous devons éviter de parler, même pour dire de bonnes choses... ".
Mais est-ce vraiment pêcher que de vous raconter comment cette abbaye a été construite... Il a fallu du temps, beaucoup de temps. Pour élever ces murs, plusieurs générations de maçons ont du se succéder. L'hiver, on extrayait la pierre et on taillait le bois. Et on bâtissait à la belle saison.
Oh ... l'office va commencer... je vous laisse profiter de la beauté des lieux....
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C'est vrai, l'endroit est magnifique : admirez ces jardins, ils ont été aménagés sur l'emplacement de l'ancien cloître.
Les religieux cultivaient beaucoup de plantes destinées à se nourrir et à soigner.
On en voit ici aujourd'hui dans les carrés
Une pharmacie en pleine nature donc.
Alors imaginons que j'ai un petit rhume (Aaaatchoum !), qu'est ce que je peux cueillir ?
Du thym.
Et pour mes problèmes de circulation de sang ...
Un peu de sauge voyons... mais vous m'avez l'air bien énervé. Si vous dormez mal, allez chercher un peu de tilleul.
Dans leur jardin, les moines avaient tout prévu. Surtout de quoi arroser leurs fleurs et leurs plantes.
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Annie Milan, directrice artistique du parc nous explique ce qu'ils ont construit sous nos pieds...
" Il y a un réseau hydraulique sur le site ou nous sommes qui a été construit au 12ème siècle par les moines, qui est un espèce de tunnel en pierre très bas et qui desservait différents édifices : la pêcherie, la partie du puits, tout ce qui était latrines et cuisines et un vivier toujours en place, l'endroit ou ils conservaient le poisson du vendredi saint. Ce réseau d'eau finit dans la Thirone. "
Cet aqueduc existe encore aujourd'hui. Il est alimenté par l'étang qu'on imagine derrière nous.
Un plan d'eau qui a inspiré l'auteur du Roman de Renard pour l'une de ses fables. Vous savez ... l'histoire du loup Isengrin affamé qui va frapper à la porte de Renard.
Si vous souhaitez vous " rafraîchir la mémoire " sur cette histoire qui se passe ici à Thiron, appuyez sur la touche Etoile.
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Souvenez vous.
Le roman de Renard est une série de fables écrites pour parodier la société du Moyen Age.
Reprenons les personnages :
Isengrin, le loup, est mort de faim et va quémander quelques anguilles à Renard. Ce goupil très rusé vient d'en voler dans la charrette d'un marchand. Renard refuse de lui ouvrir. Voici ce qu'ils se disent...
-"renard : Attendez donc que les moines aient fini de manger ! Ils viennent de se mettre à table.
-Isengrin : Comment donc, il y a des moines ?
- renard : Mieux que cela, ce sont des chanoines de l'abbaye de Thiron ! "
Ensuite la fable raconte qu'Isengrin se fait nouer un seau au bout de la queue pour pêcher du poisson et se fait prendre la queue dans la glace.
Il se démène, il s'agite, il appelle Renard :
Isengrin "A mon secours, mon brave neveu! Il y a tant de poissons que je ne puis les soulever. Viens m'aider, je suis las et le jour ne va pas tarder à venir."
Renart, qui faisait semblant de dormir, lève alors la tête :
Renard "Comment, bel oncle, vous êtes encore là ? Allons, hâtez-vous, prenez vos poissons et partons : le jour ne va pas tarder à venir."
Ysengrin : " Mais, je ne puis les remonter. Il y en a tant, tant, que je n'ai pas la force de soulever l'engin."
Renard : " Ah ? (riant) Je vois ce que c'est, mais à qui la faute ? Vous avez voulu trop en prendre, et on a raison de dire que celui qui désire trop perd tout."
C'est donc ici, à Thiron, dans l'étang derrière nous que, selon la tradition locale, se déroule cet épisode. Même si une grande partie du roman de Renard a pour décor l'abbaye bénédictine de St Pierre au Mont Blandin à Gand en Belgique.
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Essayez maintenant d'imaginer l'abbaye de Thiron à sa grande époque, au Moyen Age. Une bonne centaine de moines vivait ici.
Le domaine de l'abbaye était très vaste et l'église abbatiale bien plus grande qu'aujourd'hui.
De chaque côté du choeur, la nef avait deux croisillons de 12 mètres de long chacun. A partir du 16e siècle le chevet de l'église est formé par un choeur gothique de 25 mètres de long ! Ce que vous voyez aujourd'hui ne représente plus que deux tiers de l'église abbatiale. Les croisillons et le choeur ont été détruits à la Révolution.
L'ordre de Thiron était très puissant, il administra pendant plus de 6 siècles un réseau de 120 prieurés et abbayes dans toute l'Europe. Denis Guillemin lui a consacré un livre :
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" Les donations ont été telles que l'ordre a pu se permettre une telle construction. Thiron allait très rapidement contrôler un très vaste empire avec des " succursales " on dirait aujourd'hui, dans pratiquement toutes les provinces de l'ancien royaume de France. L'abbaye comptait une centaine d'abbayes et de prieurés répartis dans tout le quart nord ouest de la France et par delà les mers en Angleterre, en Ecosse et en Irlande du nord même. A Chartres, elle détenait tout un quartier et un hôtel particulier à Paris rue de Thiron, non loin de la rue de Rivoli. L'abbaye levait l'impôt et en particulier la dîme représentait un 10ème de la récolte des paysans qu'ils étaient obligeaient d'apporter à Thiron. "
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Regardez la grange sur votre gauche.C'est là que la dîme était en partie stockée
Après avoir connu un immense rayonnement, l'ordre de Thiron a été un peu oublié. Peut être parce que ses archives ont été dispersées quand oe après la Révolution oe avec l'abolition des privilèges, les moines ont dû quitter les lieux.
C'est la fin de l'abbaye.
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Mais le Perche garde, malgré tout le souvenir de cette époque et nombre d'édifices religieux s'élèvent dans les villages. Beaucoup ont été admirablement restaurés, dans les couleurs des sables du Perche, comme vous le verrez à Vichères, notre prochaine étape, en passant par la colline de Rougemont, le sommet de ce département.
A votre avis ... quelle hauteur ?
285 mètres !
C'est raisonnable : montez y et de là haut, vous pourrez découvrir la vallée de la Berthe. En arrivant à Vichères, nous vous diront pourquoi cette colline s'appelle Rougemont et vous comprendrez ce que sont les couleurs du Perche.
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