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St Paul Cap de Joux

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St Paul Cap de Joux

Le port où le pastel se vend et s'exporte

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St Paul Cap de Joux

Le village se trouve au bord de la rivière l'Agout qui elle aussi servait comme le Tarn et le Dadou au transport du pastel.
" C'est l'exemple typique du port de rivière classique ".
Michel Courtant, Académicien des Arts et des Sciences du Pastel 
" Une plage de terre avec de l'herbe, un petit peu de sable et quelques plantations de roseaux, quelques arbres dont les racines permettent de stabiliser le sol et de résister notamment aux inondations. Dans la région, le seul port construit à cette époque là c'est à l'Isle sur Tarn. Mais les autres ports étaient des ports comme celui de St Paul Cap de Joux avec des variations d'une année à l'autre. Une rivière a un cours principal, mais ce cours évolue, se creuse, s'ensable ou au contraire prend du volume. L'Agout est une rivière très importante puisqu'on la compare à l'Yonne. C'est une rivière qui a un débit assez constant au long de l'année. "
Tellement important... que dès 1540, pour réaliser une liaison entre l'Atlantique et la Méditerranée, une série de 23 écluses est installée (plus d'un siècle après) sur l'Agout de St Sulpice à Castres où ce projet s'arrête finalement. Seule l'écluse de Lavaur au pied de la cathédrale et celle d'Ambre existent encore. L'écluse de St Paul Cap de Joux a été détruite lors de la construction d'une usine hydroélectrique.
En quittant le village, n'hésitez pas à vous rendre au château de Magrin. Il abrite un séchoir à cocagnes du 18ème siècle.
La cocagne ou la coque, c'est la boule de feuilles de pastel qui était réalisée après plusieurs semaines de séchage. De 10 à 15 cm de diamètre, elle nécessitait environ un kilo de feuilles.
La plupart du temps, ce sont des femmes qui accomplissaient ce travail : 2 coques à la minute environ. Ensuite, pendant 4 à 6 semaines, la cocagne était entreposée dans des séchoirs comme celui qui existe encore au château de Magrin. Devenue très dure, elle était brisée à la masse puis au moulin pastelier. Il fallait encore laisser fermenter la poudre dans l'eau pendant quatre à cinq mois pour obtenir enfin l'or bleu : de l'agranat de pastel.
De la cueillette jusqu'à vente de la poudre aux teinturiers, une année était nécessaire.
Et c'est bien cette petite boule de feuilles de pastel qui donne l'expression de : pays de Cocagne ?
Oui et non.
Oui parce que le pays de cocagne, c'est bien celui du pastel dans le midi de la France. La plante a permis à ce territoire de s'enrichir très rapidement.
Non parce que l'origine du mythe de Cocagne est plus ancienne. A la moitié du 13ème siècle, un texte en ancien décrit un pays d'abondance, un pays de fêtes incessantes où plus on dort et plus on gagne. Un thème en contraste avec les famines, les épidémies et les guerres de cette époque.
En quittant St Paul Cap de Joux, vous pouvez vous arrêter à Serviès pour visiter le jardin du pastel. Vous y verrez une véritable exploitation de cette plante .
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